À voir le jeudi 2 mai - L’amour au temps de la magie
Cinéma
La belle et la bête
TFO, 21h
Célèbre conte de madame Le Prince de Beaumont, La belle et la bête a été adapté quantité de fois au cinéma et à la télévision avec plus ou moins de bonheur - et plus ou moins de budget. En 1991, le dessin animé du studio Disney a cartonné partout sur la planète (en plus de fournir un gros tube américain à Céline Dion). Réalisée bien avant, en 1946, l’adaptation signée Jean Cocteau n’en demeure pas moins la version définitive de l’oeuvre dans l’esprit des cinéphiles. Avec raison.
Nous sommes à une époque où châteaux, princes et princesses rimaient volontiers avec magie et mauvais sorts. Dans la maison d’un marchand vivent un fils et trois filles. Félicie et Adélaïde, les aînées, agissent avec leur cadette Belle comme Javotte et Anastasie avec Cendrillon. Comme nous nous trouvons dans un conte de fées, c’est dire que la pauvre Belle est mûre pour rencontrer son prince charmant!
Mais voilà qu’au retour d’un voyage, le père s’égare en forêt et se retrouve dans un vieux jardin où il cueille une rose pour sa plus jeune. Mal lui en prend car le maître de céans, la Bête, n’apprécie guère qu’on lui vole son bien. Condamné à mort, l’intrus n’a la vie sauve que sur la promesse de donner l’une de ses trois filles à la Bête. Évidemment, c’est Belle qui se sacrifie. À la fois invitée et prisonnière du monstrueux châtelain, la jeune femme finit par déceler de la bonté derrière le faciès velu et les manières rustres de son hôte. Vous pouvez deviner la suite, si vous ne la connaissez pas déjà.
Plus que l’écriture volontairement naïve car collant à un univers merveilleux associé à l’enfance, c’est la mise en scène inspirée de Jean Cocteau qui distingue cette oeuvre cinématographique à nulle autre pareille. Avec son mobilier et ses statues qui s’animent, le décor tire parfois le film du côté du théâtre, un monde que connaissait au demeurant fort bien l’auteur, qui, paraît-il, se serait inspiré de ses rêves de l’époque pour traduire en images les éléments merveilleux du récit.








