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Télévision à la une - Ma pelouse, ma névrose

27 avril 2013 | Alexandre Shields | Télévision

Ma très chère pelouse

Explora, jeudi 2 mai à 22h.

En rediffusion samedi 4 mai à 1h30, dimanche 5 mai à 18h30, lundi 6 mai à 17h mercredi 8 mai à 6h et vendredi 9 mai à 1h.

Elle invite bien souvent les flâneurs à se livrer aux douceurs du farniente dans les parcs urbains, fait la joie des golfeurs et règne en souveraine pratiquement incontestable devant la majorité des maisons des banlieues. La pelouse peut même parfois devenir une véritable obsession pour son propriétaire, inquiet de la voir souffrir des effets de la météo ou encore lorsque de prétendues «mauvaises herbes» viennent s’y installer.


La passion pour le gazon s’est d’abord développée dans l’Angleterre du XIXe siècle, nous apprend le documentaire Ma très chère pelouse. Dès le départ, le précieux tapis vert a été perçu comme un symbole de richesse.


Il faut dire qu’à cette époque, le fait de pouvoir se payer le luxe d’un terrain gazonné signifiait aussi qu’on avait les moyens de se passer d’espaces qui auraient pu servir à cultiver le nécessaire à la survie au quotidien.


Qui plus est, il faut entretenir la capricieuse culture verdoyante. Cela signifie qu’il faut engager des jardiniers, que seule la noblesse peut alors se payer. Les loisirs associés à la bourgeoisie, tennis et croquet en tête, se développent d’ailleurs à cette époque.


La pelouse devient donc cet artifice servant avant tout à flatter l’ego de son propriétaire, mais aussi le nouvel accessoire de la société du temps libre. Comme quoi on n’invente rien.

 

L’obsession du gazon


Cette culture fragile, symbole de la maîtrise de la nature, a depuis connu un essor fulgurant. En Amérique du Nord, elle a surtout pris du galon dans la foulée de l’émergence de la classe moyenne au cours des années 1950. Après les châteaux des riches Anglais, la pelouse a conquis le devant des bungalows et autres habitations où se sont installées les familles dans des banlieues de plus en plus étendues.


Aujourd’hui, le gazon est une grosse industrie. Aux États-Unis, par exemple, on dépense chaque année plus de 40 milliards de dollars pour en prendre le plus grand soin. Un Américain sur six fait affaire avec une entreprise spécialisée pour l’entretenir.


Le documentaire nous transporte aussi dans la vallée de la Mort, en Californie, un secteur désertique où l’être humain, après des millions d’années d’évolution, n’a trouvé rien de mieux à faire avec ses ressources hydriques que de s’en servir pour entretenir un club de golf réservé à l’élite économique mondiale. On fait aussi état d’une autre industrie en plein essor sur notre planète de plus en plus artificialisée: le gazon synthétique.


«Depuis des siècles, la pelouse ne compte plus ses esclaves», souligne à juste titre la narratrice du documentaire. Au point, d’ailleurs, où, dans certains cas, on se moque bien des effets environnementaux de cette obsession qui frôle parfois la maladie mentale. Au Québec, pendant des années, on a pu utiliser allègrement divers pesticides pour lutter contre les «mauvaises herbes». Et que penser de cette véritable aberration qui consiste à s’acharner à éliminer jusqu’au dernier pissenlit, cette sympathique plante aux vertus pharmaceutiques que seuls les enfants semblent être en mesure d’apprécier.


Et gare à celui qui conteste la suprématie du gazon. Un couple de Drummondville a fait les manchettes pendant une bonne partie de l’été 2012 en raison de sa lutte contre la Ville de Drummondville. Leur faute? Ils avaient eu la brillante idée de transformer le terrain devant leur résidence en un potager qui a suscité l’admiration. Alors qu’on parle tous les jours de la nécessité de bien s’alimenter et de tendre vers une consommation locale, la Ville souhaitait interdire les potagers de façade sur tout son territoire. La mobilisation a eu raison des prétentions de la municipalité, qui a dû reculer. Et si d’autres suivaient leur exemple...


Ma très chère pelouse

Explora, jeudi 2 mai à 22h.

En rediffusion samedi 4 mai à 1h30, dimanche 5 mai à 18h30, lundi 6 mai à 17h mercredi 8 mai à 6h et vendredi 9 mai à 1h.

 
 
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