À voir le vendredi 26 avril - Le match de la survie
Zone doc
Les poings de la fierté
Radio-Canada, 21h
Le thème de la boxe comme mode de survie n’est pas que l’apanage de Rocky. Depuis longtemps, les cinéastes sont fascinés par la dureté de ce sport, miroir du combat impitoyable livré par ceux qui le pratiquent, le véritable adversaire étant le plus souvent l’adversité.
La documentariste Hélène Choquette (Avenue Zéro, Les réfugiés de la planète bleue) s’engage sur ce sentier très fréquenté, mais à la façon d’une observatrice à la fois attentive et déroutée, étrangère au monde qu’elle scrute mais pleine d’une évidente compassion. Dans Les poings de la fierté, on ressent souvent la chaleur qui emprisonne Mae Sot, une ville thaïlandaise à la frontière de la Birmanie et qui compte davantage de Birmans (illégaux) que de Thaïlandais.
Au milieu de ce capharnaüm de langues et de religions, où la peur d’être expulsé ou vendu pour le trafic d’êtres humains est constante, une modeste école de boxe tente d’avoir un impact.
Sans grandes ressources, un ancien champion prend sous son aile des enfants d’exilés qui affichent un certain potentiel à donner des coups - et à en encaisser! -, tous soumis à une discipline de fer. Pour ces gamins qui fréquentent davantage les rings que les bancs d’école, remporter un combat, mettre K.-O. un rival, cela représente quelques sous à donner à une famille à bout de souffle, à une mère criblée de dettes. Rêvent-ils tous d’atteindre les plus hauts sommets? Ce n’est pas la passion du sport qui constitue leur principale source de motivation.
De ce quatuor de champions poids plume émerge la figure de Petit Tigre, doué mais rarement exempt de doutes envers ce sport impitoyable et cette existence de réfugié qui l’est tout autant.
La cinéaste semble hésitante à vouloir mettre l’accent sur ce seul personnage, optant pour un point de vue dispersé, ce qui nous prive d’une connaissance approfondie de ses protagonistes les plus éloquents, et les plus attachants.
Sur le ring, chacun se sent toutefois bien seul et le spectateur assiste, aussi admiratif qu’horrifié, à ce match de la survie, qui dépasse largement les câbles de l’arène.








