À voir le jeudi 25 avril - La vie avec mon père
Cinéma
Camion
Super Écran, 21h
Le Témiscouata, dans le Bas-Saint-Laurent, à la frontière du Nouveau-Brunswick. Germain aura bientôt 60 ans. Il a été camionneur toute sa vie. Il ne l’est plus. Son camion, la route, c’était tout ce qu’il connaissait. Un accident a chamboulé tout cela, a contaminé tout cela: son camion, la route, désormais synonymes de mort. La collision était inévitable, mais le sentiment de culpabilité n’en est pas moins grand. La dépression guette Germain qui, privé de ses seuls repères, s’enfonce. Le retour au bercail de ses deux fils depuis longtemps partis suffira-t-il à l’en extirper?
Il y a Samuel, préposé à l’entretien à Montréal, un jeune homme dont les ambitions d’autrefois, à l’instar de son regard, sont à présent éteintes.
Il y a aussi Alain, le viveur, l’irresponsable impénitent. Et le premier d’aller quérir le second afin d’aller soulager les tourments du père. L’intrigue de Camion, ses archétypes et ses ressorts dramatiques sont tout simples. Mais pas simplistes.
En bon conteur cinématographique, l’auteur Rafaël Ouellet privilégie, dans son récit, l’observation de moeurs plutôt que l’anecdote narrative, et, dans ses personnages, le dévoilement psychologique graduel plutôt que les profils à numéros.
On se retrouve donc avec, d’une part, un tiercé de beaux portraits et, d’autre part, avec une peinture de milieu vivante et vraie.
Rafaël Ouellet a remporté le prix de la mise en scène au Festival international du film de Karlovy Vary grâce à Camion, une distinction éminemment méritée. Aux Jutra 2013, Julien Poulin a quant à lui reçu le prix de la meilleure interprétation masculine. Là encore, il s’agit d’une récompense largement méritée.
Or la belle réussite de Camion est le fruit de la rencontre de plusieurs talents hormis ceux, considérables, du cinéaste et de sa vedette. Signalons le jeu merveilleusement complémentaire de Stéphane Breton et de Patrice Dubois, la paire de fils contrastés. Soulignons la direction photo âprement poétique de Geneviève Perron.
Rafaël Ouellet est l’un des nombreux jeunes cinéastes québécois à suivre en ce moment.
Gageons qu’il n’a pas fini de nous faire honneur.








