À voir le mardi 2 avril - Savon de luxe
Vengeance
Radio-Canada, 20h
L’été télévisuel, même très hâtif, rime toujours avec légèreté (pour ne pas dire autre chose de moins poli...). Pour remplacer les grands drames «dramatiques» qui ont captivé les ours en hibernation partielle que sont les téléphages, les chaînes généralistes ont souvent recours à des séries américaines comportant également leur dose de drame, mais qui amusent plus que les productions locales, la distance géographique et psychologique aidant sans doute...
Voilà donc que, pour remplacer le grand succès de cette année télévisuelle, soit le téléroman «carcéral» Unité 9, Radio-Canada a mis la main sur les droits de diffusion de Revenge, une série américaine très librement inspirée du feuilleton devenu roman d’Alexandre Dumas, Le comte de Monte-Cristo. Elle succède ainsi à un autre succès de la chaîne ABC, les tout aussi savonneuses Beautés désespérées. Cette lecture contemporaine de l’oeuvre de Dumas a quelques points en commun avec les Beautés: des gens riches et oisifs et des intrigues de palais (ou plutôt de résidences luxueuses) de même acabit, mais l’humour en moins.
Point de deuxième degré ironique dans ce récit d’une opération vengeresse méticuleusement organisée par une jeune femme endeuillée de son père trahi jadis par ses partenaires d’affaires et tout particulièrement sa maîtresse, devenue depuis la puissante dame patronnesse de South Hamptons, lieu de villégiature des riches et puissants de Manhattan.
Cette Dantès/Monte-Cristo moderne, campée par la Canadienne Emily VanCamp, revient donc sur les lieux du «crime», l’ancienne résidence d’été de son père, afin d’exécuter son plan presque calculé au quart de tour pour ruiner l’existence de ces traîtres. Presque, puisque des personnages de son passé «heureux» viennent brouiller la piste déjà toute tracée... D’où le potentiel d’étirer l’intrigue sur plusieurs saisons.
Malgré ces quelques réserves, force est d’admettre que ce roman-savon de luxe se laisse regarder avec beaucoup de plaisir, certes un peu coupable, mais pas trop. L’histoire, menée rondement, et ce dès la scène d’ouverture du premier épisode, laisse transparaître une certaine critique sociale à qui la cherche et on se prend à aimer détester certains personnages, et plus particu-lièrement la «traîtresse dame patronnesse» interprétée par Madeleine Stowe, qui a trouvé là un bien beau rôle pour briller de nouveau au firmament des étoiles hollywoodiennes. Du bonbon, savonneux et de luxe.








