À voir le lundi 1er avril - Histoire de mort
In Memoriam
Historia, 20h
Elle a donné naissance aux grandes religions, mais son mystère demeure entier. La mort, avec les rituels qui l’accompagnent, a inspiré à Historia In Memoriam, une série de trois documentaires. Le premier épisode se penche sur le phénomène corporel de la mort et les rites qui l’entourent; le second s’intéresse plutôt aux dimensions spirituelles de la mort, tandis que le troisième se penche sur l’aspect industriel.
Dans notre société obsédée par la santé et la jeunesse, la mort est sans doute plus taboue que jamais. Particulièrement intéressant, le premier épisode de la série relate l’histoire des rites funéraires au Québec.
Il n’y a pas si longtemps donc, alors que les rituels funéraires se déroulaient essentiellement à la maison, on brandissait encore un miroir devant la bouche du défunt pour confirmer le décès. Averti, le curé faisait sonner deux coups de cloche, suivi d’un glas général, pour souligner le décès d’une femme, et trois coups dans le cas d’un homme. On se privait de musique, et même parfois de radio, durant de longues semaines après le décès d’un proche. On plaçait des sous sur les yeux du cadavre pour s’assurer qu’ils ne s’ouvrent pas durant l’exposition.
Sans autre forme d’embaumement, la mort montrait alors son vrai visage aux proches. Puis, les distances parfois longues parcourues par les porteurs du cercueil ont entraîné l’avènement du corbillard, et enfin, entre autres pour des questions d’hygiène, à toute la panoplie des services funéraires.
Avec la Révolution tranquille, l’incinération du corps gagne du terrain parmi les choix funéraires des Québécois. Aujourd’hui, 60 % d’entre eux choisissent cette option. Parallèlement, les Québécois sont encouragés à donner des organes et des tissus après leur décès. On peut prélever, sur une seule personne décédée, jusqu’à huit organes et 15 tissus.
C’est peut-être parce que la mort fait mal et qu’elle fait peur que les rites qui l’entourent sont de plus en plus éludés dans le Québec moderne.
«Pour la majorité des êtres humains, cela ne fait pas de sens que la vie s’arrête après la mort», constate l’auteure et conférencière France Gauthier.
Le deuxième épisode de la série propose donc un tour d’horizon, religieux et spirituel, sur les théories et pratiques que les êtres humains, de différentes croyances, ont ébauchées pour y trouver un sens et le troisième se penche sur l’industrie funéraire.








