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    À voir le jeudi 14 mars - Le grand écorcheur

    Honoré Fragonard, la passion de l’anatomie

    Planète +, 20h

    Le chirurgien Honoré Fragonard aurait fabriqué un millier d’écorchés. Il n’en subsiste qu’une vingtaine, qui continuent de susciter admiration et effroi chez quiconque les regarde au Musée Fragonard de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, dans la région parisienne.


    Ce savant atypique naît en province en 1732, comme son cousin le peintre prénommé Honoré et nommé Fragonard lui aussi. L’un passera sa vie à la cour à tirer le portrait de nobles frivoles, l’autre vivra dans l’ombre à disséquer des corps en écrivant le dernier chapitre d’une technique médicale née au tournant du Moyen Âge. Étrangement, il n’existe aucun portrait de l’anatomiste lui-même.


    Homme des Lumières, il n’a foi que dans l’expérimentation. Il disséquera des milliers de cadavres humains et animaux pour comprendre et expliquer le fonctionnement des corps. Celui des chevaux intéresse particulièrement le royaume toujours en manque de bêtes pour l’agriculture, le transport et la guerre.


    L’excellent et très instructif documentaire oscille entre des reconstitutions de la vie du chirurgien anatomiste et les entrevues avec des spécialistes actuels de son oeuvre comme de l’histoire des sciences médicales. On apprend alors que les écorchés, ces très inquiétants corps momifiés, servaient à enseigner l’anatomie par temps chaud, la dissection en direct, dans les salles de cours des écoles de médecine, étant réservée aux mois d’hiver, le froid retardant la putréfaction.


    La momification est expliquée par le menu détail. Fragonard poussait le zèle et l’esthétisme jusqu’à reconstituer des scènes précises avec ses écorchés. Il théâtralisait la présentation des morts pour leur donner une apparence de vie. Son cavalier à cheval demeure sa reconstitution anatomique la plus célèbre.


    Il est évidemment impossible de ne pas penser aux corps plastinés du docteur contemporain Gunther von Hagens. D’autant qu’après son départ de l’École vétérinaire de Paris, Honoré Fragonard se met à fabriquer des pièces anatomiques pour les cabinets de curiosités, y compris avec des mannequins de cire qui se jouent des limites de la dissection et de la préservation.













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