Astral Media - Toujours plus de parts de marché
Cela va de soi, le lockout de la LNH a donné un coup de pouce à Astral Media, qui en a profité pour capter l’attention d’un auditoire élargi. Faisant fi de l’échec de la transaction Bell/Astral, ce géant des communications au Canada poursuit sur sa lancée et se concentre sur la bonification de son offre aux téléspectateurs.
Résumons : la fiancée convoitée continue de se faire belle auprès de son public pendant que le prince Charmant (Bell) tente une deuxième demande en mariage après avoir essuyé un premier refus. La fière Astral se pavane aujourd’hui avec un 66e trimestre consécutif affichant une croissance de ses profits ; il y a là de quoi attirer les prétendants et faire des jaloux.
Judith Brosseau, vice-présidente principale, programmation, communications et médias interactifs chez Astral, soutient que les affaires de la société ont au final peu influé sur le déroulement normal des opérations : « C’est vraiment business as usual, parce que notre travail dans la vie, c’est de livrer avec passion de bonnes émissions de télé et, ultimement, des parts de marché intéressantes. Sur ce plan, la bonne nouvelle, c’est que le but de tous ces efforts-là se traduit par les résultats records qu’ont connus certaines de nos chaînes durant l’automne. Il s’agit pour beaucoup d’entre elles des meilleures performances enregistrées depuis le début de leur existence. »
Elle se pose tout de même une question : « Est-ce que c’est une situation idéale d’avoir appris au mois de mars que nous allions être vendus pour nous faire dire plus tard que la transaction était rejetée par le CRTC et que, de nouveau, nous sommes dans une sorte d’attente du deuxième processus en vue de l’acceptation de cet organisme ? Est-ce que c’est le fun ? Je dis que non, mais qu’il n’y a pas du tout d’impact sur les opérations. »
Elle explique pourquoi : « En télé, on est des toutes petites équipes en programmation ; pour chacune des chaînes d’Astral, il y a cinq personnes qui font tout. On est donc extrêmement dévoué et on se concentre ainsi sur le travail à accomplir. Le gros choc a été d’apprendre cette nouvelle l’automne dernier et la décision du CRTC a brassé un peu l’affaire par la suite, mais pour ces équipes, dont je suis responsable, cela n’a rien changé dans les activités quotidiennes : la preuve en est que nos résultats actuels sont spectaculaires. »
Dans le feu de la production…
En dépit de ce parcours incertain, Judith Brosseau se réjouit des notes qu’affiche le dernier bulletin d’Astral et s’arrête sur le volet parts de marché : « Pour Canal D, cette part est de 4,2 % des adultes de 25 à 54 ans. Il faut se rendre compte qu’une chaîne conventionnelle comme V atteint autour de 8 %, ce qui montre à quel point ce pourcentage de 4,2 % représente un succès, et cela constitue un record à vie. Quant à notre portée, elle continue d’être remarquable puisqu’on rejoint 3,4 millions de téléspectateurs par semaine. » L’absence de hockey a-t-elle influé sur de tels résultats : « Absolument, et je serais hypocrite si je vous disais qu’il n’y a pas eu d’impact. Il faut être réaliste, quoique je sois incapable de le mesurer, mais il n’en demeure pas moins que ces données reflètent aussi la qualité de nos émissions. »
Canal D
La chaîne Historia a connu elle aussi son lot de succès et a franchi des sommets jamais atteints : « Je donne le crédit aux équipes en place. C’est aussi le résultat d’une programmation très forte avec une capacité de fédérer des auditoires. » Sur quoi, en bonne professionnelle de la télé, elle préfère mettre rapidement de côté les réussites passées pour se lancer plutôt dans la promotion des éléments distinctifs qui figureront sur les grilles horaires au cours des prochaines semaines : « Du côté de Canal D, on a des documentaires d’auteurs dont on espère beaucoup de choses ; il y a celui qui raconte le périple de Guy Laliberté dans l’espace ; il est produit par le Cirque du Soleil et s’appelle Toucher le ciel ; il y a également celui se situant dans un univers complètement différent portant le titre Les bouncers, où on explore les coulisses de la vie de ces gens-là qui tentent de maintenir le calme dans les boîtes de nuit. »
Une autre production mettra en vedette le dernier bastion du « Red Light » montréalais, le Café Cléopâtre, qui, menacé de disparaître dans la foulée de la réalisation du Quartier des spectacles, a finalement survécu : « Il y a une réalisatrice qui a décidé d’aller voir ce qui se passait dans ces lieux demeurés vivants envers et contre tous. »
Historia
Elle se tourne vers Historia : « On a là deux petites séries documentaires très chouettes dont l’une s’appelle La reine du foyer. En trois fois une heure, on assiste à toute une réflexion sur le rôle des femmes des années 1970 à aujourd’hui. » Il y aura aussi diffusion du pendant masculin de cet univers féminin : « On a baptisé cette production Papa a raison ; c’est un titre qui renvoie à une vieille série américaine du même nom et c’est un peu un clin d’oeil qu’on fait aussi à toute cette époque-là. » Elle se penche finalement vers une autre émission : « C’est une troisième série documentaire intitulée La petite histoire du mariage où on s’est penché sur l’évolution de cette institution-là au Québec. »
Judith Brosseau apporte cette touche finale : « Voilà pour les nouveautés, sans compter le retour de toutes nos grosses séries déjà couronnées de succès. Quant au public cible que les deux chaînes que sont Canal D et Historia tentent d’atteindre, on se réfère à l’univers des agences de publicité, qui englobe un public adulte de 25 à 54 ans, hommes et femmes confondus. Il est toutefois clair que s’il y a des gens plus âgés ou plus jeunes qui les regardent, on va être ravis. Loin d’être en perte de vitesse, la télévision attire de plus en plus une écoute familiale, ce qu’on constate sur Canal D. »
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