Artv - Voix humaines et voies numériques
La chaîne culturelle présente des primeurs pour l’hiver et des avancées 2.0
S’affichant fièrement dans ses habits neufs, la chaîne culturelle ARTV présente en primeur cet hiver les nouvelles saisons de quelques séries appréciées. De la « chanson documentaire » à l’art contemporain en passant par un cinéma qui bouscule, elle s’intéresse à la création qui fait sens. Elle poursuit aussi sur le Web son rapprochement avec un public aux habitudes de consommation changeantes.
On a pu voir Louis-Jean Cormier taquiner le homard avec des pêcheurs gaspésiens inquiets. On pourra observer le délicat Jérôme Minière grimper sur un ring de boxe face à un jeune ex-détenu. La deuxième saison de la série documentaire Les voix humaines, diffusée en primeur cet hiver sur ARTV, est en marche depuis le 9 janvier. Elle présente chaque mercredi une rencontre entre un auteur-compositeur-interprète et des individus se démenant dans une réalité sociale particulière. De chaque contact naît une chanson, écrite par le premier pour témoigner de la réalité des seconds.
L’objectif de la série est « de jeter des ponts, de créer de petites explosions, qui participent à l’avancée de notre société, explique la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette, à l’origine du projet. Grâce à des rencontres brutes qui les entraînent dans des territoires fragiles, les artistes créent des pièces qui prennent racine à l’extérieur d’eux-mêmes, qu’on pourrait presque appeler des chansons documentaires. » Ce ne sont pas nécessairement des immortelles, mais ces petites oeuvres sensibles, jouées devant les individus concernés, viennent conclure un partage empreint d’humanité et de saine réflexion.
Rencontrée dans les bureaux d’ARTV, la chef de contenu Élisabeth Paradis témoigne de l’intérêt porté à ces Voix humaines. « On a eu beaucoup d’échos après la première saison, et c’est notamment pour cela qu’on revient avec une deuxième. On n’avait pas non plus fait le tour des sujets qu’on pouvait exploiter dans la série. » On pourra notamment voir Stefie Shock se frotter à l’univers des mannequins, Socalled à celui des transsexuels et Marie-Pierre Arthur à la réalité d’un village dévitalisé du Centre-du-Québec. En tout, dix épisodes qui font voir les artistes dans leur processus de création.
Art contemporain
La seconde aventure de la « téléréalité documentaire » Les règles de l’art s’est aussi mise en branle ce mois-ci. Produite par l’actrice américaine Sarah Jessica Parker sous le titre original Work of Art, la série montre en action quatorze jeunes artistes contemporains devant relever des défis créatifs de toutes sortes. Celui ou celle qui impressionnera le plus le jury aura droit à son exposition solo au renommé Brooklyn Museum et à une bourse pour le moins alléchante de 100 000 $. De gros sous. « On cherchait, il y a quelques années, une façon de parler de l’art contemporain de manière très concrète, très réaliste. Cette série est formidable. » C’est une autre fenêtre ouverte sur le processus de création, toujours un peu mystérieux pour le commun des mortels, et même pour les artistes. La première saison a justement reçu une bonne réponse du public, mais aussi du milieu de l’art lui-même, de souligner Mme Paradis.
Cinéma
Doublée à Montréal, Les règles de l’art se rapproche plus d’une émission comme Les chefs que d’un Loft Story. « Il y a du contenu dans cette série, et une facture documentaire. On apprend comment les gens font les choses, on les voit créer, travailler avec les matériaux. Il y a des commentaires d’experts sur place, des gens qui ont une grande connaissance du milieu de l’art contemporain. En plus du jury permanent, il y a des artistes reconnus mondialement qui sont invités à commenter. » Diffusion les mardis, à 20 h 30.
Par le truchement de sa soirée Projection privée du vendredi soir, la chaîne présente toujours des films reconnus qui bousculent même les cinéphiles avertis. «Quelques nouveaux titres sont présentés cet hiver, dont le marquant Grève de la faim (Hunger) de Steve McQueen, avec Michael Fassbinder : Caméra d’or à Cannes en 2008, le film reconstitue crûment l’épisode de la grève de la faim menée par Bobby Sands, membre de l’IRA provisoire, en 1981. Diffusion le 1er février. Notre jour viendra, un film dérangeant de Romain Costa-Gavras avec Vincent Cassel, sera servi le 1er mars.
La troisième saison de la « fiction coquine » Le réjouisseur sévit à l’antenne depuis le 10 janvier. Cette série « faite avec beaucoup d’humour » est la version française de Hung, diffusée sur la chaîne HBO. Les jeudis soirs, à 21 h.
C’est juste de la TV, locomotive de la station, revient elle aussi avec une sixième saison, les vendredis à 21 h. Ce rendez-vous animé par André Robitaille alimente les discussions sur ce qui se fait à la télévision, et s’intéresse beaucoup à ce qui grouille sur les médias sociaux. « Tout ça nous vient de notre bassin de téléspectateurs qui sont des maniaques de télévision, nous glisse Lisa Collard, chef de contenu de l’émission. Ce sont beaucoup des gens qui, en écoutant la télé, vont twitter, vont commenter ce qu’ils regardent. Ils sont assez brillants, d’ailleurs, souvent très éloquents et bons critiques. » Ils sont aussi très actifs sur le site Internet de l’émission. Le 7 décembre dernier, trois internautes ont d’ailleurs été invités à s’exprimer devant les caméras.
On intègre donc de plus en plus la dimension numérique et la communauté 2.0 dans l’émission. Cet intérêt a mené à la création de L’échangeur, un site Internet novateur qui se veut un agrégateur de conversations Twitter. Il vient tout juste d’être rehaussé en janvier. « Une formule plus conviviale et davantage branchée sur les tendances sociales de la télé », nous indique le communiqué de la programmation hivernale. Les amateurs de réseaux sociaux et du deuxième écran y trouveront de nouvelles fonctionnalités.
Le nouvel habillage visuel de la chaîne ARTV coïncide d’ailleurs avec la refonte récente de son site Internet. L’expérience de navigation y a été enrichie, et on continue de travailler au développement d’outils numériques adaptés à la nouvelle réalité technologique. Un terrain de jeu qui semble emballer les artisans de la chaîne, puisqu’il permet une proximité accrue avec les consommateurs de contenus d’aujourd’hui.
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