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    TV5 - Une télévision pour une société en mutation

    19 janvier 2013 |Claude Lafleur | Télévision
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Parmi la multitude de chaînes télé qui pullulent sur le « câble », il s’en trouve une dont les origines et la mission sont uniques en son genre : TV5. Fondé il y a trente ans à l’initiative de la francophonie d’Europe et du Canada, ce réseau international de diffusion a pour mission de « couvrir toute la planète, mais avec une vision francophone », résume Pierre Gang, directeur de la programmation à TV5 Québec Canada.


    « Nous sommes une chaîne généraliste, nous dit Pierre Gang. Bien qu’on soit perçus comme une chaîne spécialisée - puisqu’on n’est offerts que sur le câble -, nous sommes en réalité la généraliste des chaînes spécialisées. Nous offrons donc autant des nouvelles, de la variété, du sport, du documentaire, des films, des émissions de voyage et de consommation, etc. »


    C’est ainsi qu’outre les bulletins de nouvelles d’Europe et des talk-shows de fin de soirée, TV5 diffuse des émissions telles que Des racines et des ailes, On n’est pas que des cobayes !, Le sexe autour du monde, ou encore Les routes de l’impossible et Les secouristes de l’extrême. Cet automne, la chaîne a cartonné avec sa série En thérapie.

     

    La société en mutation


    La programmation de la chaîne est constituée à 80 % d’émissions qui proviennent de ses partenaires, donc de France, de Suisse, de Belgique et du Canada, ainsi que de 10 % d’acquisitions (principalement des documentaires) et de 10 % d’émissions produites pour elle (comme En thérapie).


    « Je choisis des émissions qui, je pense, répondent aux goûts du public canadien, indique le directeur de la programmation. Et dans ma programmation, il y a des incontournables comme Thalassa, Envoyé spécial et les variétés. »


    Pierre Gang précise que l’auditoire de sa chaîne « est très érudit ». Il s’agit souvent de téléspectateurs qui viennent écouter la chaîne afin d’apprendre quelque chose. « Il y a bien sûr aussi le côté divertissement, dit-il, mais le fait que nous ayons la clientèle la plus éduquée et celle qui a beaucoup voyagé fait en sorte que nous cherchons à fournir une vision sur le monde. »


    Par conséquent, M. Gang organise sa grille horaire en sections thématiques. Par exemple, les lundis à TV5 sont consacrés à l’histoire, avec des émissions comme Des racines et des ailes ainsi que des documentaires comme Apocalypse. M. Gang a aussi constitué une zone animale (faite de documentaires), une case « horizon » consacrée aux découvertes ethnologiques, une case « téléréalité »… c’est-à-dire, précise-t-il en riant, « une case de documentaires qui montrent la vraie réalité ».


    « Nous cherchons donc à jeter un regard sur toute la société, poursuit-il. J’ai ainsi créé cette année une case docudrame axée sur l’aventure avec des émissions comme Des camions et des hommes et Les routes de l’impossible. On pourrait dire que c’est une case aux intérêts plutôt masculins. » TV5 propose en outre une case faite de documentaires qui traitent de la réalité des jeunes, « mais autant ceux d’ici que d’Éthiopie ou du Japon ».


    De la sorte, il tente de couvrir la société en mutation ailleurs comme ici. « Il s’agit d’essayer de comprendre et de décortiquer les grands mouvements de société, dit-il. Par exemple, dans quelques semaines, nous présenterons une série sur le burlesque […] Savez-vous qu’en ce moment, il y a tout un renouveau du burlesque à travers le monde ? Un burlesque comme on ne l’imagine pas ! Nous présenterons donc une série de trois heures là-dessus. »


    « C’est aussi le cas de notre série Le sexe autour du monde, enchaîne-t-il, où Philippe Desrosiers parle en fait de la relation de couple et de la relation amoureuse, mais selon les critères de différentes sociétés. »

     

    Des bijoux qui passent inaperçus


    Parmi les défis que Pierre Gang doit constamment relever, il y a le fait que, en tant que chaîne généraliste sur le câble, TV5 Québec Canada se fait beaucoup « vampiriser » par les autres chaînes spécialisées, révèle-t-il. C’est ainsi que les chaînes consacrées au tourisme et au voyage, ou encore celles vouées aux documentaires sur les animaux et à l’aventure, finissent par s’emparer (en achetant les droits de télédiffusion) de « bonnes séries » présentées sur TV5.


    Une autre difficulté à laquelle il se bute tient au fait qu’il n’appartient pas à un grand réseau de diffusion comme Radio-Canada ou Québecor. Ces réseaux peuvent en effet promouvoir sur leurs multiples canaux et plateformes Internet les émissions diffusées sur l’une ou l’autre de leurs chaînes.


    « Ma plus grande difficulté, relate-t-il, c’est que nous sommes un stand alone, c’est-à-dire que nous ne sommes pas convergents. Par exemple, Radio-Canada annonce ARTV, RDI, Explora… à la radio, à la télé et sur ses plateformes, ce que je ne puis me permettre. »


    Là encore, Pierre Gang ne se plaint pas. Il tente néanmoins tant bien que mal d’annoncer ses émissions avec les maigres ressources publicitaires dont il dispose. Il espère surtout que les journalistes et chroniqueurs télé des divers médias lui accorderont un peu d’attention. « C’est dommage, vous savez, car on a souvent de très, très bonnes émissions - de très bonnes séries et de très bons documentaires et films - qui passent parfois inaperçues… Les gens auraient grand intérêt à nous regarder plus souvent ! », lance ce passionné de la télé dont l’enthousiasme ne se dément pas.


     

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