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    La portion congrue aux réalisatrices au petit écran

    Une étude révèle les inégalités entre les hommes et les femmes à la barre des émissions

    20 novembre 2012 | Odile Tremblay | Télévision
    L’étude Les réalisatrices du petit écran a été pilotée par la réalisatrice Marie-Pascale Laurencelle (avant-plan) et menée par la recherchiste Anne Migner-Laurin sous la direction d’Anouk Bélanger.
    Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir L’étude Les réalisatrices du petit écran a été pilotée par la réalisatrice Marie-Pascale Laurencelle (avant-plan) et menée par la recherchiste Anne Migner-Laurin sous la direction d’Anouk Bélanger.
    Où se situent les réalisatrices de télévision après 60 ans d’aventure québécoise au petit écran ? Peu présentes et toujours pionnières. Air connu…

    Les grilles horaires des chaînes généralistes francophones, automne 2010-hiver 2011, le révèlent : parmi l’ensemble des émissions à l’antenne de Radio-Canada, une seule avait une femme à sa barre sans collaboration d’un collègue masculin. Au réseau TVA, 66 % étaient réalisées par des hommes seulement ; à Télé-Québec, une émission sur quatre avait été mise en scène par une ou des femmes.


    Telles sont quelques-unes des conclusions de l’étude Les réalisatrices du petit écran, qui sortait lundi, en se collant à la Journée mondiale de la télévision. Mise sur pied par le Comité équité de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec, elle a été pilotée par la réalisatrice Marie-Pascale Laurencelle et menée par la recherchiste Anne Migner-Laurin sous la direction d’Anouk Bélanger du département de sociologie de l’UQAM. Plus d’une centaine de réalisateurs et réalisatrices de télévision y ont collaboré.


    Plus ça change, plus c’est pareil… ou pire. Compressions budgétaires et précarisation du travail accroîtraient le repli vers les stéréotypes, sans prise de risque, avec les femmes reléguées aux émissions sur la santé, la famille, la jeunesse, la mode. Les réalisateurs reçoivent la part du lion : séries de fiction et grands événements, plus prestigieux et drainant davantage de spectateurs. Les 48 émissions les plus regardées entre 2007 et 2010 avaient à leur gouvernail 81 % de réalisateurs, 19 % de réalisations mixtes et absence totale de réalisations strictement féminines.


    Si les femmes sont un peu plus représentées que les hommes sur les bancs scolaires des institutions offrant des formations en télévision, dès l’entrée en carrière, leur nombre s’amenuise. En ce qui a trait aux demandes de subventions fédérales, entre 2002 à 2010, les réalisatrices travaillaient sur le quart des projets financés, mais ne touchaient que le dixième de l’enveloppe budgétaire.


    Trois fois plus d’hommes que de femmes couvrent le secteur des variétés (37 % contre 12 %) et deux fois plus celui des dramatiques (19 % contre 9 %). Un comble est atteint en publicité, fief masculin par excellence, stagnant depuis 20 ans autour d’un maigre 2 % dans leur cour. Deux fois plus de réalisateurs que de réalisatrices gagnent 80 000 $ et plus.


    Les raisons sont multiples. À côté du problème de l’absence de modèles féminins, la puissance du boy’s club suscite les exclusions. Le manque de confiance en elles se double du besoin d’être deux fois meilleures que leurs homologues masculins pour se voir reconnues.


    De nouveaux écueils s’ajoutent. En un monde en mutation, les femmes sont encore considérées comme empotées côté technique, même si ces préjugés sont dépassés.


    « Dans une société qui se veut égalitaire comme la nôtre, il est inconcevable en 2012 de trouver des chasses gardées masculines. Il y a beaucoup de femmes en télévision à des postes de gestion ou de recherche. Au niveau de la réalisation, elles sont cantonnées dans des genres, déclare Marie-Pascale Laurencelle. Ça prend une prise de conscience collective du phénomène, et nous ferons des démarches auprès des diffuseurs, des paliers gouvernementaux en matière culturelle, et du Fonds des médias. On vise l’approche suédoise et finlandaise : 40 % femmes pour 60 % hommes ; des quotas, mais non coercitifs. »

     
     
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