Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

À voir le samedi 11 août - La dévotion des valets

11 août 2012 | André Lavoie | Télévision

Cinéma: Vestiges du jour


Ciné-pop, 20h


Vestiges du jour (The Remains of the Day, 1993) évoque une histoire d’amour qui ne se matérialise jamais; c’est ce qui rend ce film si bouleversant, si admirable. Inspiré du roman de Kazuo Ishiguro, auréolé du Booker Prize en 1989, Vestiges du jour a eu droit aux égards du trio cinématographique le plus élégant qui soit: le réalisateur James Ivory, la scénariste Ruth Prawer Jhabvala et le producteur Ismail Merchant, décédé en mai dernier. C’est sans conteste une de leurs grandes réussites, à ranger précieusement tout près d’A Room With a View.


Existe-t-il encore quelques spécimens de cette race de dévoués serviteurs dont l’existence tout entière est rythmée par les exigences princières de leurs patrons? James Stevens (Anthony Hopkins au sommet de son art) pourrait bien être le patriarche, ou le dernier survivant, de ces majordomes dont la qualité première, outre l’efficacité, est d’être invisible même lorsqu’ils sont dans la pièce... Stevens atteint la perfection à ce chapitre, au point même d’oublier qu’au-delà du devoir, il y a la vie: la sienne, celle de son père mourant qu’il ne pourra veiller pour cause de dîner important à superviser, et finalement celle de Sally Kenton (Emma Thompson, jamais éclipsée par la puissance naturelle de son partenaire), la gouvernante de ce magnifique château anglais.


Bien des années après la Seconde Guerre mondiale, Stevens se croit enfin capable de revenir en arrière, de retrouver celle qu’il a toujours aimée; aveuglé par son sens des responsabilités, il ne pouvait se permettre de le lui dire, encore moins de le vivre au grand jour. Mais n’est-il pas déjà trop tard? Vestiges du jour témoigne à la fois des rituels de l’aristocratie anglaise avec un superbe sens du détail tout en illustrant l’abnégation de ceux qui doivent les orchestrer. Cette remarquable toile d’époque, chargée de mélancolie, apparaît comme un appel à ne jamais négliger les choses du coeur.

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel