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À voir le lundi 6 août - Lumière silencieuse

Cinéma
Les signes vitaux

Télé-Québec, 21h

Rechercher Victor Pellerin, une très belle surprise de 2006 signée Sophie Deraspe, annonçait une auteure intelligente et sensible, volontiers encline à brouiller la frontière entre le réel et la fiction. Promesses tenues avec Les signes vitaux, un deuxième long métrage affichant une grande maturité, et ce, tant sur le plan du fond que sur celui de la forme. Campé dans un centre de soins palliatifs, le film n’aborde pas tant la mort que son attente patiente, et il le fait sans fard ni faux-fuyant.


Nul ne pourra accuser Sophie Deraspe d’avoir emprunté la voie facile. En effet, non seulement l’auteure s’attelle-t-elle à un sujet tabou, mais elle le fait en ayant recours à un mélange audacieux d’acteurs aguerris et de non-professionnels. Parmi ceux-ci, une révélation, Marie-Hélène Bellavance, qui interprète une jeune femme oeuvrant dans le centre en question afin de mieux mettre ses propres démons en veilleuse. L’essentiel du film repose sur ses épaules.


Le reste de la distribution est on ne peut plus éclectique. On a tôt fait de repérer au générique le nom de Danielle Ouimet, qu’on ne serait peut-être pas d’emblée enclin - à grand tort, il s’avère - à associer au cinéma d’auteur. Il s’agit d’un magnifique contre-emploi. Sans surprise, Marie Brassard manifeste de grandes émotions en patiente condamnée et très, très en colère.


De nombreux instants de grâce traversent la mise en scène des Signes vitaux sans que jamais le film ne verse dans le maniérisme ou la pose. Quelques plans, çà et là, s’impriment plus que d’autres sur la rétine, brefs mais indélébiles. De longues séquences ininterrompues parcourent également l’oeuvre, imposant un rythme méditatif et témoignant aussi d’une pudeur de la part de Sophie Deraspe. Au final, si Les signes vitaux ne permettra pas d’apprivoiser la mort pour qui la craint, du moins permettra-t-il à certains d’envisager la vie avec une reconnaissance renouvelée.

 
 
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