À voir le vendredi 27 juillet - Pour une histoire de pêche
Zone doc
Terre-Neuve: la tapisserie du «French Shore»
Radio-Canada, 21h
Sur la côte nord de Terre-Neuve, à même la rive rocailleuse battue par la haute mer et les grands vents, un village: Conche. Dans ce petit port tranquille de 180 habitants, des générations de marins français sont venus pêcher la morue six mois par année, du XVIe siècle jusqu’au printemps 1904 - une présence dont il ne reste guère aujourd’hui comme traces que de vieux restes d’épaves et des cimetières blancs éparpillés.
C’est là, en plein coeur de la dénommée «French Shore», que l’artiste français Jean-Claude Roy s’est bâti un coin d’atelier avec sa femme Christina, native de l’île. Peintre «expressionniste coloriste» épris de grand air, il tire jour après jour le portrait de ces paysages côtiers, où il passe une bonne moitié de son temps chaque année.
Dans le cadre des célébrations du 500e anniversaire de la présence française à Terre-Neuve, en 2004, le couple a entamé un ambitieux projet avec la communauté de Conche: la création d’une peinture murale brodée retraçant les épopées de ce pan de côte, marqué par les présences viking, anglaise et française. Inspirés par les traits naïfs et les couleurs vives de la célèbre tapisserie de Bayeux, appuyés dans leurs recherches par la Société historique du French Shore, Jean-Claude et Christina Roy ont résumé des siècles d’histoire en de courtes séquences, dessinées par lui et mises en couleurs par elle.
Douze brodeuses de Conche, des femmes dévouées travaillant pour la plupart à l’usine de poisson locale, ont ensuite brodé à la main ce long conte sur une toile de lin. Plus de 20 000 heures de travail réparties sur deux ans ont été nécessaires pour venir à bout des 72 mètres de la tapisserie, dont les scènes de pêche, de combats au canon et de souvenirs de village sont désormais accrochées au Centre d’interprétation du French Shore.
S’il est parfois un peu décousu et manque de mise en contexte, le documentaire est cela dit drapé dans de charmants paysages et propose des témoignages sincères glanés un peu partout dans l’île. Un portrait honnête qui retrace une mémoire jusqu’ici enterrée et qui aborde le délicat thème de la survie du français en terres canadiennes-anglaises.








