À voir le vendredi 29 juin - L’apprentissage de Mordecai Richler
Mordecai Richler: le cosaque de la rue St-Urbain
Radio-Canada, 21h
Des propos candides du genre, la réalisatrice Francine Pelletier en a glané une somme appréciable dans son documentaire Mordecai Richler: le cosaque de la rue St-Urbain, portrait intéressant d’un auteur qui, en son temps, ne laissa personne indifférent.
Dire de Richler qu’il avait le chic pour susciter la grogne partout où il passait relève de l’euphémisme. L’homme, comme le romancier, ne mâchait pas ses mots. Ses opinions étaient souvent tranchées et ses propos, lapidaires. En cela, le documentaire de Francine Pelletier ne cherche jamais à rosir la mémoire de Richler. Du reste, celui-ci aurait probablement été le premier à détester qu’on édulcorât son parcours.
Obéissant à une structure chronologique classique, Mordecai Richler: le cosaque de la rue St-Urbain relate d’abord l’enfance à l’angle des rues Saint-Urbain et Fairmount, l’aliénation par rapport à un milieu juif orthodoxe aimé mais étouffant, puis l’exil bénéfique à Londres, où il vécut 20 ans. Période durant laquelle le Québec connut des mutations fondamentales qui échappèrent à Mordecai Richler, ce que ne manquent pas de relever amis et confrères, très critiques devant les dérapages du disparu.
Jean-François Lisée revient également sur certaines sorties peu glorieuses, lui qui confronta l’écrivain à la télévision à l’époque.
Mais au-delà de la controverse attendue, Pelletier met en relief le fait, parfois occulté, que Mordecai Richler s’était montré tout aussi véhément envers la communauté juive et les nationalistes canadiens. De manière moins anecdotique, on aborde la filiation entre l’auteur de Barney’s Version et les écrivains Philip Roth et Norman Mailer, eux aussi en rupture avec un héritage juif dont ils ont contribué à changer la représentation.








