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À voir le dimanche 24 juin - «Son coeur était mal amanché»

Cinéma
Dédé à travers les brumes

TVA, 20h

Le 10 mai 2000. Cela fait quelques jours que les amis de Dédé Fortin sont sans nouvelles de lui. Inquiets, quelques-uns d’entre eux décident d’entrer dans son appartement, rue Rachel. On connaît la suite. Dans les heures qui suivirent la découverte de la dépouille de l’auteur-compositeur-interprète, les rumeurs les plus folles circulèrent. La thèse du meurtre fut évoquée. Or il s’avéra que cet admirateur de Mishima avait décidé de quitter ce monde de la même manière que l’écrivain japonais, en se faisant hara-kiri.

Les images associées à une telle fin s’incrustent dans l’imaginaire, forcément. Or il eût été tragique qu’elles fussent les seules qu’on gardât du poète tourmenté. Fruit d’un labeur sincère, le drame biographique Dédé à travers les brumes vint un peu atténuer l’horreur des derniers moments en évoquant l’ensemble d’une vie artistique exceptionnelle, mais ô combien trop courte.


Campée dans la luxuriance champêtre de l’Estrie, en 1997, la trame principale de Dédé à travers les brumes rejette l’approche narrative classique. Isolé à la campagne, Dédé écrit les nouvelles chansons pour le prochain album du groupe Les Colocs, Dehors novembre. Les musiciens vont et viennent. Le travail se fait parfois dans l’acrimonie. Le plus souvent plongé en lui-même, Dédé repense à certaines étapes de son existence, à son arrivée à Montréal au milieu des années 1980, à ses cours de cinéma, à la fondation de son groupe, aux femmes de sa vie, à l’amère défaite référendaire de 1995, dont il ne s’est toujours pas remis...


Écrit et réalisé, fort bien d’ailleurs, par Jean-Philippe Duval (Matroni et moi), Dédé à travers les brumes parvient à intéresser, à émouvoir et à instruire tout en sonnant juste. Dédé n’est pas déifié, mais on sent le respect immense que l’auteur lui porte. Dans le rôle-titre, Sébastien Ricard est absolument formidable. Habitée, honnête, vraie, sa composition se trouve au coeur de la réussite de ce film dont la télédiffusion un soir de Saint-Jean-Baptiste paraît on ne peut plus appropriée.

 
 
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