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À voir le vendredi 22 juin - Décadence et chute d’Hochelaga-Maisonneuve

Zone doc
Le soleil se lève à l’est

Radio-Canada, 21h

Tant de facettes du quartier Hochelaga-Maisonneuve sont occultées par sa réputation de fief de la prostitution et des gangs de motards. Au tournant du XIXe siècle, Maisonneuve est en fait une municipalité prospère, indépendante et dirigée par une élite canadienne-française qui oscille entre fierté et idées de grandeur.

En reconstituant la vie des habitants du «premier faubourg industriel du Canada», le documentaire Le soleil se lève à l’est, du réalisateur Paul Carvalho et de l’historien Paul Labonne, fait plus qu’honorer l’héritage du quartier mésestimé de Montréal: il l’établit comme un acteur primordial de l’histoire industrielle du Québec.


Une fois la Rébellion des Patriotes de 1837-1838 écrasée par l’armée britannique, le Canada-Est est en proie à une crise économique. Environ un million d’hommes, de femmes et d’enfants canadiens-français s’en iront chercher leur pain dans les usines des États-Unis. La migration massive est enrayée grâce à l’initiative d’hommes d’affaires comme Victor Hudon qui, par sa filature de coton fondée en 1874, montrera à ses 1000 employés que leur terre natale peut encore assurer leur subsistance.


Lorsque Montréal annexe Hochelaga en 1883, une poignée d’hommes d’affaires fondent leur propre municipalité à l’est: l’industrieuse Maisonneuve, indépendante de la bourgeoisie anglophone qui dirige l’économie québécoise, s’affirme avant la fin du siècle comme la capitale canadienne de la chaussure.


Maisonneuve connaît son zénith au temps de la riche famille Dufresne, qui se lance dans une série de grands projets. Le marché Maisonneuve, le boulevard Pie-IX et le château Dufresne affirment le savoir-faire de la bourgeoisie canadienne-française mais criblent la municipalité de dettes et la forcent à s’annexer à Montréal en 1918. À l’ère de la mondialisation, ses chantiers de petite taille n’arriveront plus à percer le marché local, infiltré par les grandes multinationales.


Appuyé sur des intervenants solides, comme l’historien Paul-André Linteau, le «résidant d’Hochelaga-Maisonneuve» Gilles Duceppe et l’ex-ouvrier Bernard Pépin - dont les souvenirs confèrent au récit son âme et sa saveur - Le soleil se lève à l’est est un premier opus prometteur pour la série historique Montréal, mon amour, mon histoire.

 
 
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