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Télévision à la une - La fragile beauté grandeur nature

Alexandre Shields   11 février 2012  Télévision

À retenir

    Terre de glace, à Découverte, jusqu'au 18 mars. Les dimanches à 18h30 à Radio-Canada.
Quoi qu'en pensent certains, la planète subit actuellement des bouleversements climatiques catastrophiques à bien des égards. «La planète se réchauffe» et «c'est la faute de l'être humain», signalait encore l'Organisation mondiale des météorologues (OMM) en novembre dernier, en marge de la conférence mondiale sur le climat de Durban.

«Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont atteint de nouveaux sommets, ajoutait l'OMM. Ces concentrations se rapprochent rapidement de ce qui pourrait provoquer une hausse de la température moyenne planétaire de 2 à 2,4 °C, un seuil que les scientifiques estiment de nature à déclencher des changements irréversibles en milieux terrestres, dans la biosphère et les océans.»

Combien reste-t-il de temps pour tenter de freiner, ou du moins ralentir, cette menace planétaire dont les plus démunis feront — encore une fois! — le plus les frais? Selon plusieurs spécialistes, l'humanité a moins de dix ans pour donner un sérieux coup de barre, sans quoi les effets seront inéluctables. Mais cela n'a pas empêché certains gouvernements, dont celui en poste à Ottawa, de rejeter l'accord de Kyoto, premier pas d'une longue marche vers un réel leadership international qui fait toujours cruellement défaut.

Les Québécois, eux, souhaiteraient plutôt de l'action en ce domaine. Un sondage publié dans les derniers jours démontre que les citoyens de la province demeurent favorables à la lutte contre les changements climatiques et espèrent même se trouver parmi les leaders en Amérique du Nord et dans le monde dans ce combat environnemental. Pourtant, il faudra pour cela s'obliger collectivement à faire reculer le lourd bilan de gaz à effet de serre imputable à l'omniprésence des voitures.

Lourd héritage

Car si le temps nous est compté, les effets des changements climatiques, eux, sont déjà là.
Et nulle part davantage qu'en Arctique et en Antarctique. Un exemple? Une étude publiée l'an dernier dans la prestigieuse revue Nature est venue confirmer que la fonte des glaces dans l'Arctique libère dans l'atmosphère des pesticides et d'autres polluants organiques persistants qui y étaient emprisonnés depuis des années. Un lourd héritage toxique qui risque de revenir hanter l'ensemble du globe. Cela indique, selon les chercheurs, que «le réchauffement de l'Arctique pourrait entraver les efforts destinés à réduire l'exposition de l'homme et de l'environnement à ces produits chimiques toxiques».

Bonne idée, donc, de la part de Découverte, de diffuser Terre de glace, une série documentaire en six épisodes produite par la BBC. Une belle occasion de partir à la découverte de ces zones polaires qui recouvrent le tiers de la planète et renferment pas moins de 80 % de l'eau douce disponible. Belle façon aussi d'apprendre à apprécier davantage des régions en apparence désertiques, aux yeux de certains, mais qui ont donné vie à une très riche biodiversité: de la plus petite chenille au solitaire ours polaire, en passant par les manchots, les phoques et d'autres mammifères marins. Ici, les images des groupes de petits rorquals sont d'ailleurs d'une rare beauté pour une espèce de cétacé habituellement insaisissable. Bref, la vie s'y déploie au rythme des saisons depuis des millénaires.

Du moins, jusqu'à ce que l'être humain y perturbe les équilibres éprouvés, comme il le fait partout dans le monde. L'Arctique, par exemple, est devenu la région du globe convoitée pour son immense potentiel en hydrocarbures. Au point où plusieurs États, mais surtout des multinationales de l'énergie fossile, s'intéressent à son développement.

Cette fragile beauté grandeur nature vaut donc bien qu'on s'en préoccupe. Car à très brève échéance, il ne s'agira pas simplement de s'accommoder des effets du réchauffement climatique, phénomène qui se manifestera bien sûr de différentes façons à l'échelle planétaire. À trop vouloir jouer à ce jeu de dupes, faute de mieux, il se pourrait bien qu'à terme ce soit l'humanité qui s'y perde.


Terre de glace, à Découverte, jusqu'au 18 mars. Les dimanches à 18h30 à Radio-Canada.
 
 
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