Télévision à la une - L'angoisse du géant
Photo : Universal Music
U2, l'un des groupes les plus admirés et les plus respectés de la planète.
À retenir
- U2: Du ciel vers la Terre
- Samedi, 21h, à Artv
C'est sans aucun doute l'un des groupes les plus admirés et les plus respectés de la planète. Géants, plus grands que nature, surréalistes, etc. Ils l'ont encore prouvé avec leur dernière tournée mondiale, U2 360° Tour. Pas moins de 7,6 millions de personnes ont vu le spectacle. Et la grande boucle a généré des revenus de 736 millions de dollars. Un sommet.
Dans le domaine du surdimensionné, leur structure scénique culminant à plus de 30 mètres a battu tous les records. Avec tous les effets de lumière et un système sonore à l'avenant. Leur passage à Montréal, en juillet dernier, a d'ailleurs fait événement, deux fois plutôt qu'une. L'auteur de ces lignes y était — avec plus de 80 000 autres personnes — et peut témoigner de la beauté gigantesque de l'ensemble. Que pourront-ils bien faire après?
Mais une bonne partie de leur fidèle public ignore probablement que les quatre Irlandais, grimpés très vite au sommet de l'échelle du succès au cours des années 1980, ont bien failli laisser tomber l'aventure au tournant de la décennie 90. C'est justement l'objet du documentaire From the Sky Down: The Story of the Making of U2's Achtung Baby, diffusé ce soir sur Artv sous le titre Du ciel vers la Terre.
C'est que le succès les a frappés somme toute rapidement. Avec cinq albums lancés en moins de huit ans, ils gravissent les prestigieuses marches du prestige mondial à la vitesse grand V. L'excellent Joshua Tree, sorti en 1987, se vendra à 15 millions d'exemplaires la première année. Mais la renommée est amère. U2 est clairement dépassé par les événements. Les salles sont de plus en plus grosses — et le son, de pire en pire —, les attentes sont de plus en plus élevées et la pression a petit à petit raison du quatuor. Accusés de mégalomanie par certains, les membres du groupe encaissent difficilement les coups. Quelques faux pas artistiques ont tôt fait d'accélérer la décente aux enfers.
Devant l'objectif du réalisateur Davis Guggenheim, qui a eu carte blanche quant au contenu du documentaire, ils réfléchissent a posteriori sur le climat qui prévalait alors dans leur cercle très restreint. Le batteur Larry Mullen Jr. résume bien la chose: «Nous étions les plus grands, mais nous n'étions pas les meilleurs.»
Reprendre confiance
Au bout d'un passage à vide qui dure près de trois ans, U2 accouche finalement, en 1991, d'un album devenu incontournable: Achtung Baby. Comme le racontent aujourd'hui les musiciens, le groupe a repris progressivement confiance en son indéniable talent en tricotant One, hymne international s'il en est, pièce phare que les foules entonnent encore à chaque spectacle. D'autres morceaux d'anthologie se retrouvent sur cet opus né en partie à Berlin: The Fly, Even Better Than the Real Thing ou encore Until the End of the World. Suivra la tournée Zoo TV, marathon planétaire de 158 spectacles livrés à grand renfort de technologies. Sur scène, le groupe s'est métamorphosé en bête plus grande que nature qu'on connaît aujourd'hui.
Et 20 ans après leur sortie, les pièces d'Achtung Baby résonnent toujours avec autant de panache. Ça s'entend sur le fantastique enregistrement pirate de leur spectacle donné au festival anglais de Glastonbury, en juin 2011. À écouter.
Le groupe plusieurs fois millionnaire a donc décidé de marquer le 20e anniversaire de la sortie de l'album. Le résultat est un documentaire où la musique jouée à plein volume et les foules enthousiastes cèdent le pas à une profonde introspection de chacun des membres du groupe. Le réalisateur, qui a eu un accès privilégié au matériel d'archives autant qu'à certaines répétitions récentes, présente ainsi le visage d'artistes habités par un doute insurmontable, craignant d'être carrément vidés de toute leur substantifique moelle créatrice. Une belle façon de présenter le visage très humain des quatre piliers qui forment aujourd'hui à eux seuls une multinationale de la musique. Pour le meilleur et pour le pire.
Dans le domaine du surdimensionné, leur structure scénique culminant à plus de 30 mètres a battu tous les records. Avec tous les effets de lumière et un système sonore à l'avenant. Leur passage à Montréal, en juillet dernier, a d'ailleurs fait événement, deux fois plutôt qu'une. L'auteur de ces lignes y était — avec plus de 80 000 autres personnes — et peut témoigner de la beauté gigantesque de l'ensemble. Que pourront-ils bien faire après?
Mais une bonne partie de leur fidèle public ignore probablement que les quatre Irlandais, grimpés très vite au sommet de l'échelle du succès au cours des années 1980, ont bien failli laisser tomber l'aventure au tournant de la décennie 90. C'est justement l'objet du documentaire From the Sky Down: The Story of the Making of U2's Achtung Baby, diffusé ce soir sur Artv sous le titre Du ciel vers la Terre.
C'est que le succès les a frappés somme toute rapidement. Avec cinq albums lancés en moins de huit ans, ils gravissent les prestigieuses marches du prestige mondial à la vitesse grand V. L'excellent Joshua Tree, sorti en 1987, se vendra à 15 millions d'exemplaires la première année. Mais la renommée est amère. U2 est clairement dépassé par les événements. Les salles sont de plus en plus grosses — et le son, de pire en pire —, les attentes sont de plus en plus élevées et la pression a petit à petit raison du quatuor. Accusés de mégalomanie par certains, les membres du groupe encaissent difficilement les coups. Quelques faux pas artistiques ont tôt fait d'accélérer la décente aux enfers.
Devant l'objectif du réalisateur Davis Guggenheim, qui a eu carte blanche quant au contenu du documentaire, ils réfléchissent a posteriori sur le climat qui prévalait alors dans leur cercle très restreint. Le batteur Larry Mullen Jr. résume bien la chose: «Nous étions les plus grands, mais nous n'étions pas les meilleurs.»
Reprendre confiance
Au bout d'un passage à vide qui dure près de trois ans, U2 accouche finalement, en 1991, d'un album devenu incontournable: Achtung Baby. Comme le racontent aujourd'hui les musiciens, le groupe a repris progressivement confiance en son indéniable talent en tricotant One, hymne international s'il en est, pièce phare que les foules entonnent encore à chaque spectacle. D'autres morceaux d'anthologie se retrouvent sur cet opus né en partie à Berlin: The Fly, Even Better Than the Real Thing ou encore Until the End of the World. Suivra la tournée Zoo TV, marathon planétaire de 158 spectacles livrés à grand renfort de technologies. Sur scène, le groupe s'est métamorphosé en bête plus grande que nature qu'on connaît aujourd'hui.
Et 20 ans après leur sortie, les pièces d'Achtung Baby résonnent toujours avec autant de panache. Ça s'entend sur le fantastique enregistrement pirate de leur spectacle donné au festival anglais de Glastonbury, en juin 2011. À écouter.
Le groupe plusieurs fois millionnaire a donc décidé de marquer le 20e anniversaire de la sortie de l'album. Le résultat est un documentaire où la musique jouée à plein volume et les foules enthousiastes cèdent le pas à une profonde introspection de chacun des membres du groupe. Le réalisateur, qui a eu un accès privilégié au matériel d'archives autant qu'à certaines répétitions récentes, présente ainsi le visage d'artistes habités par un doute insurmontable, craignant d'être carrément vidés de toute leur substantifique moelle créatrice. Une belle façon de présenter le visage très humain des quatre piliers qui forment aujourd'hui à eux seuls une multinationale de la musique. Pour le meilleur et pour le pire.
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