À voir à la télévision le lundi 23 janvier - Ode au courage
À retenir
- Grands reportages: Le coeur d'Auschwitz
- RDI, 20h
Il y eut d'abord un étrange objet aperçu par le documentariste Carl Leblanc au Centre commémoratif de l'Holocauste de Montréal: un livre-écrin en forme de cœur contenant des pages pliées en origami avec les vœux d'une quinzaine de détenues du camp d'Auschwitz, qui avaient offert ce cadeau à une certaine Fania le 12 décembre 1944 pour ses 20 ans.
Treize signatures et des textes en polonais, en français, en allemand et en hébreu. «Ma chère Fania, quand tu seras vieille, prends ce livre entre tes mains, mets tes lunettes et dis mon nom à haute voix», écrit Mina.
Carl Leblanc (derrière notamment le film L'otage) a voulu comprendre, remonter le parcours de l'objet en question, fabriqué par des recluses au péril de leur vie.
Sa quête n'a pas été facile, au contraire, et le rythme du film s'en ressent. Car l'octogénaire Fania, qui vit à Toronto, voulait tout oublier et rabrouait notre homme. Mais de l'Argentine à Israël, en passant par la France, la Pologne (Auschwitz), les États-Unis et le Canada, avec les prénoms des signataires en guise d'indices et aidé par des associations de survivants de l'Holocauste, il a pu retrouver des femmes qui ont signé, certaines à peu près amnésiques, d'autres à la mémoire alerte. Et celle-là même qui a confectionné le coeur explique comment chacune a trouvé des parties du matériel pour créer l'oeuvre en question.
Il est très intéressant d'entendre des chefs de camp expliquer à quel point il était impossible de fabriquer un objet pareil au coeur de la mort annoncée d'Auschwitz. Sans ressources, ces femmes étaient sans cesse fouillées et harcelées. Impossible aussi, martèlent-ils, pour la destinataire, d'accomplir ensuite l'ultime et longue marche de la mort, 100 kilomètres, en maintenant l'objet sous son aisselle. Ces voix parviennent à nous faire douter. Canular? Mais non, manifestement.
Le documentaire est émouvant, parfois laborieux quand rien ne débouche et que les pistes mènent à des mortes ou à des femmes sans mémoire, mais cette quête, qui conduit à des retrouvailles et à un hommage d'enfants à Fania au Centre commémoratif de l'Holocauste de Montréal, est une ode au courage et à l'espérance, où l'art et la solidarité se transforment en lutte ultime contre les plus folles barbaries. Première partie ce soir et suite demain.
Grands reportages: Le coeur d'Auschwitz
RDI, 20h
Treize signatures et des textes en polonais, en français, en allemand et en hébreu. «Ma chère Fania, quand tu seras vieille, prends ce livre entre tes mains, mets tes lunettes et dis mon nom à haute voix», écrit Mina.
Carl Leblanc (derrière notamment le film L'otage) a voulu comprendre, remonter le parcours de l'objet en question, fabriqué par des recluses au péril de leur vie.
Sa quête n'a pas été facile, au contraire, et le rythme du film s'en ressent. Car l'octogénaire Fania, qui vit à Toronto, voulait tout oublier et rabrouait notre homme. Mais de l'Argentine à Israël, en passant par la France, la Pologne (Auschwitz), les États-Unis et le Canada, avec les prénoms des signataires en guise d'indices et aidé par des associations de survivants de l'Holocauste, il a pu retrouver des femmes qui ont signé, certaines à peu près amnésiques, d'autres à la mémoire alerte. Et celle-là même qui a confectionné le coeur explique comment chacune a trouvé des parties du matériel pour créer l'oeuvre en question.
Il est très intéressant d'entendre des chefs de camp expliquer à quel point il était impossible de fabriquer un objet pareil au coeur de la mort annoncée d'Auschwitz. Sans ressources, ces femmes étaient sans cesse fouillées et harcelées. Impossible aussi, martèlent-ils, pour la destinataire, d'accomplir ensuite l'ultime et longue marche de la mort, 100 kilomètres, en maintenant l'objet sous son aisselle. Ces voix parviennent à nous faire douter. Canular? Mais non, manifestement.
Le documentaire est émouvant, parfois laborieux quand rien ne débouche et que les pistes mènent à des mortes ou à des femmes sans mémoire, mais cette quête, qui conduit à des retrouvailles et à un hommage d'enfants à Fania au Centre commémoratif de l'Holocauste de Montréal, est une ode au courage et à l'espérance, où l'art et la solidarité se transforment en lutte ultime contre les plus folles barbaries. Première partie ce soir et suite demain.
Grands reportages: Le coeur d'Auschwitz
RDI, 20h
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