Lettres - De quoi le Québec a-t-il besoin?
L'animatrice d'une populaire émission de télé (Bazzo.tv, pour ne pas la nommer) propose, depuis des mois, à ses invités de répondre à la question suivante: «De quoi le Québec a-t-il besoin?»
Je ne suis pas une célébrité, mais j'aimerais bien me soumettre à l'interrogation. Contrairement à certains des invités de Mme Bazzo, je ne crois pas que le Québec ait besoin d'un sauveur «charismatique» (surtout que les Québécois ont tendance à voir François Legault dans ce rôle). Il aurait plutôt besoin de viser des objectifs plus ambitieux et moins passifs, comme se donner pour mission de retrouver le sens du jugement critique, de la solidarité et de l'engagement.
Il faut dire que la présente année a été marquée par divers mouvements d'indignation, souvent applaudis par des membres influents de nos respectées élites. À moi aussi ils sont apparus sympathiques et je n'ai à aucun moment mis en doute la sincérité de ceux et celles qui y ont pris part. J'ai cependant éprouvé quelque amertume lorsque certains se sont empressés de souligner avec admiration les «qualités» les plus manifestes de ces mouvements champignons, soit l'absence de direction, de chef, de programme, d'objectifs à long terme, d'organisation, etc. Si ce spontanéisme sans lendemain a pu séduire quelques désabusés, leurs éloges m'ont semblé déplacés et injurieux au regard de tous ces militants oeuvrant depuis des années au sein de syndicats, de partis politiques, d'organismes communautaires, de groupes écologistes, féministes ou altermondialistes, qui ont parfois de faibles moyens et sont privés d'une couverture médiatique à la mesure de leur persévérance.
Je veux donc souhaiter aux Québécois et Québécoises, pour la nouvelle année, de retrouver le sens de l'engagement, dans la détermination, la générosité et la durée, en faveur des plus fragiles d'entre nous.
Voilà la réponse, en forme de voeux, que j'aurais offerte à Mme Bazzo.
***
Danielle Beaulieu - Montréal, le 18 décembre 2011
Je ne suis pas une célébrité, mais j'aimerais bien me soumettre à l'interrogation. Contrairement à certains des invités de Mme Bazzo, je ne crois pas que le Québec ait besoin d'un sauveur «charismatique» (surtout que les Québécois ont tendance à voir François Legault dans ce rôle). Il aurait plutôt besoin de viser des objectifs plus ambitieux et moins passifs, comme se donner pour mission de retrouver le sens du jugement critique, de la solidarité et de l'engagement.
Il faut dire que la présente année a été marquée par divers mouvements d'indignation, souvent applaudis par des membres influents de nos respectées élites. À moi aussi ils sont apparus sympathiques et je n'ai à aucun moment mis en doute la sincérité de ceux et celles qui y ont pris part. J'ai cependant éprouvé quelque amertume lorsque certains se sont empressés de souligner avec admiration les «qualités» les plus manifestes de ces mouvements champignons, soit l'absence de direction, de chef, de programme, d'objectifs à long terme, d'organisation, etc. Si ce spontanéisme sans lendemain a pu séduire quelques désabusés, leurs éloges m'ont semblé déplacés et injurieux au regard de tous ces militants oeuvrant depuis des années au sein de syndicats, de partis politiques, d'organismes communautaires, de groupes écologistes, féministes ou altermondialistes, qui ont parfois de faibles moyens et sont privés d'une couverture médiatique à la mesure de leur persévérance.
Je veux donc souhaiter aux Québécois et Québécoises, pour la nouvelle année, de retrouver le sens de l'engagement, dans la détermination, la générosité et la durée, en faveur des plus fragiles d'entre nous.
Voilà la réponse, en forme de voeux, que j'aurais offerte à Mme Bazzo.
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Danielle Beaulieu - Montréal, le 18 décembre 2011








