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À voir à la télévision le lundi 21 novembre - À la recherche de l'âge adulte

Amélie Daoust-Boisvert   19 novembre 2011  Télévision

À retenir

    • Les âges déboussolés
    • Télé-Québec, 21h
«Il y a 65 ans, on était enfant, adulte et mort.» Mais aujourd'hui, tout semble possible à tout âge, observe d'entrée de jeu la sexologue Jocelyne Robert dans l'intéressant documentaire Les âges déboussolés.

Surtout, la jeunesse veut nous faire croire qu'elle est à la portée de tous. Avoir un enfant à 47 ans. Sauter en parachute à 80. Être jeune, étudiant et en colocation à 31 ans. Comme si, de nos jours, être «adulte» était la tare ultime.

«J'essaie de ne pas mettre d'âge sur la jeunesse», répond une trentenaire à qui l'on demande: «au fait, à quel âge cesse-t-on d'être jeune?» C'est que plus personne ne fait son âge.

«Les adultes, c'est ma mère, mon père, les pompiers et le docteur», répond une petite fille qui tient peut-être là la réponse la plus sage. Pour les principaux intéressés, chez qui les cheveux blancs commencent à poindre, c'est «vers 40 ans», «quand j'ai perdu mes parents», «quand j'ai eu mes enfants» ou «jamais». Qui aurait parlé d'un jeune en désignant un homme de 40 ans il y a 100 ans? Il n'est pas tellement lointain le temps où une célibataire de 25 ans était une «vieille fille» et une mère de 35 ans, une vieille femme.

La jeunesse s'allonge au profit d'une phase d'exploration, analyse un sociologue. Psychologue, conseillère en orientation, sage femme et autres experts, on a droit à une analyse multiple du phénomène. Avec l'espérance de vie à la hausse, c'est comme si la phase «adulte» de la vie s'était retrouvée coincée entre une très longue jeunesse et une retraite dorée parfois plus fructueuse que la période de travail active.

On ne peut nier le phénomène, bien sûr. Mais les jeunes et moins jeunes à qui on donne la parole pour nous parler de leur éternelle âme d'enfant respirent la santé et la réussite sociale. Qu'en est-il pour les moins nantis, les personnes aux prises avec la maladie, physique ou mentale, ceux qui n'ont pas eu la chance de faire un métier assez payant pour se garantir une retraite active faite de voyages à vélo? Encore aujourd'hui, dans les quartiers les plus pauvres de Montréal, l'espérance de vie est bien en deçà de la moyenne nationale.

Les âges déboussolés
Télé-Québec, 21h
 
 
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