Radio-Canada célèbre ses 75 ans - Tout a commencé par la radio
SRC et CBC diffusent maintenant sur 28 plateformes
La Société Radio-Canada (SRC) souffle cette année ses 75 bougies. Au service de la société d'État depuis 33 ans, Sylvain Lafrance, vice-président principal des services français, a accepté de discuter avec Le Devoir de l'évolution de Radio-Canada et de ce à quoi on peut s'attendre pour les prochaines années.
En 75 ans, Radio-Canada a vu arriver la télévision, Internet, les chaînes spécialisées et les appareils mobiles. Ces multiples changements ont engendré de réelles mutations de la société d'État.
Aux yeux de Sylvain Lafrance, si la SRC a su relever tous ces défis, c'est qu'elle a une énorme capacité de transformation. Ce qui le frappe le plus lorsqu'il compare la société d'État aujourd'hui à ce qu'elle était à son arrivée en 1978, c'est clairement l'environnement médiatique dans lequel elle évolue. «Il y a eu une fragmentation énorme de l'audience. Seulement si on compte la SRC et CBC, le réseau anglais, on atteint 28 plateformes! Ce sont des choses aussi variées que Radio-Canada International, espace.mu, Documentary et Artv», énumère Sylvain Lafrance.
Moments marquants
Sur ses multiples plateformes, la SRC a connu plusieurs moments marquants en 75 ans. «Il y a eu des moments en information, comme le premier homme sur la Lune, la Crise d'octobre et le 11-septembre. La SRC a été témoin de tous les grands événements qui ont construit notre identité», affirme Sylvain Lafrance, qui a commencé sa carrière à la SRC comme journaliste à Ottawa.
La culture a également créé de nombreux moments forts. «Nous avons été témoins de grands événements, comme L'Osstidcho. Nous avons aussi été créateurs. La dramatique télévisuelle est un art en soi et nous avons un immense bassin de créateurs. Nous avons un double rôle», explique M. Lafrance.
La SRC tente d'être présente autant pour les événements populaires que pour les événements plus pointus, en marge, ou encore pour la relève. «Nous avons créé Bande à part il y a 15 ans pour les groupes émergents. À l'époque, Internet était encore naissant et les jeunes avaient besoin d'un coup de main pour se faire connaître. Je crois que Radio-Canada a toujours été dans l'émergence, dans la création. Par exemple, L'Osstidcho, c'était un gang de jeunes à l'époque. Les gens ne comprenaient pas trop ce qu'ils faisaient», affirme Sylvain Lafrance.
Les avantages de son caractère public
Si la SRC peut sortir des sentiers battus, c'est en raison de son caractère public. «Nous avons la capacité d'agir dans des secteurs où c'est plus difficile d'émerger pour le privé. Je pense à notre couverture internationale, à nos enquêtes journalistiques, à des émissions uniques en leur genre comme Découverte, qui est d'ailleurs très populaire. Cela fait en sorte que nous avons un côté très distinctif», explique Sylvain Lafrance.
La SRC accorde tout de même beaucoup d'importance aux cotes d'écoute. «C'est important d'avoir une télé rassembleuse. Nous sommes en équilibre entre notre caractère distinctif et la volonté d'aller chercher un grand public. Nous ne pouvons pas avoir un impact social sans public», remarque M. Lafrance.
Rôle social
On ne peut effectivement pas parler des 75 ans de la société d'État sans parler de son rôle social. «Lorsqu'on a eu le rêve un peu fou de créer la SRC, c'était parce qu'on voulait se doter d'un outil de dialogue appartenant aux citoyens. Je suis convaincu que ce rôle, 75 ans plus tard, est plus important que jamais. Nous avons aujourd'hui des débats de société complexes qui n'existaient pas il y a 75 ans. On a tendance à vouloir résoudre les problèmes rapidement et on peut faire de graves erreurs si on ne se parle pas. Les médias ont un rôle à jouer là-dedans. Particulièrement les médias citoyens, et la SRC en est un», affirme Sylvain Lafrance.
C'est pour cette raison que la SRC souhaite continuer d'avoir de grands lieux rassembleurs, comme Tout le monde en parle, qui rejoint chaque semaine plus d'un million de téléspectateurs.
«La société a besoin de communiquer, de débattre. Il faut créer une cohésion sociale. C'est important particulièrement dans le contexte québécois, où on a à défendre la culture francophone. Par exemple, nous avons créé tou.tv parce que nous nous sommes dit que, si nous ne mettions pas sur pied cette plateforme, nous nous ferions envahir par les plateformes étrangères et que ce serait un danger pour la culture d'ici», explique M. Lafrance.
L'avenir
La SRC continue donc de se transformer, d'explorer de nouvelles plateformes pour s'adapter aux désirs des citoyens.
«Nous n'avons pas d'autre choix que de continuer à nous adapter, affirme le vice-président. Souvent, les révolutions découlent de la technologie. Avec Internet et les réseaux sociaux, les gens ont besoin d'avoir l'information lorsqu'ils le veulent et ils veulent participer, échanger. C'est important d'en tenir compte, mais, en même temps, il ne faut pas perdre de vue notre métier. Nous sommes un outil de médiation journalistique. Nous observons et présentons le monde comme nous le concevons et c'est important. Nous ne pouvons pas seulement devenir un outil d'échange de commentaires de citoyens», affirme-t-il.
Pour les prochaines années, les projets sont nombreux à la SRC, d'après Sylvain Lafrance. «Par exemple, il y a Explora, une chaîne de documentaires que nous voulons lancer. La radio est aussi en pleine réforme avec l'arrivée de Patrick Beaudouin.»
Avant de quitter son poste en octobre prochain, Sylvain Lafrance prendra part aux célébrations du 75e anniversaire de la SRC. C'est d'ailleurs ce soir que la société d'État commence à diffuser différents événements spéciaux sur l'histoire de Radio-Canada, pour tenter de la projeter dans le futur.
***
Collaboratrice du Devoir
En 75 ans, Radio-Canada a vu arriver la télévision, Internet, les chaînes spécialisées et les appareils mobiles. Ces multiples changements ont engendré de réelles mutations de la société d'État.
Aux yeux de Sylvain Lafrance, si la SRC a su relever tous ces défis, c'est qu'elle a une énorme capacité de transformation. Ce qui le frappe le plus lorsqu'il compare la société d'État aujourd'hui à ce qu'elle était à son arrivée en 1978, c'est clairement l'environnement médiatique dans lequel elle évolue. «Il y a eu une fragmentation énorme de l'audience. Seulement si on compte la SRC et CBC, le réseau anglais, on atteint 28 plateformes! Ce sont des choses aussi variées que Radio-Canada International, espace.mu, Documentary et Artv», énumère Sylvain Lafrance.
Moments marquants
Sur ses multiples plateformes, la SRC a connu plusieurs moments marquants en 75 ans. «Il y a eu des moments en information, comme le premier homme sur la Lune, la Crise d'octobre et le 11-septembre. La SRC a été témoin de tous les grands événements qui ont construit notre identité», affirme Sylvain Lafrance, qui a commencé sa carrière à la SRC comme journaliste à Ottawa.
La culture a également créé de nombreux moments forts. «Nous avons été témoins de grands événements, comme L'Osstidcho. Nous avons aussi été créateurs. La dramatique télévisuelle est un art en soi et nous avons un immense bassin de créateurs. Nous avons un double rôle», explique M. Lafrance.
La SRC tente d'être présente autant pour les événements populaires que pour les événements plus pointus, en marge, ou encore pour la relève. «Nous avons créé Bande à part il y a 15 ans pour les groupes émergents. À l'époque, Internet était encore naissant et les jeunes avaient besoin d'un coup de main pour se faire connaître. Je crois que Radio-Canada a toujours été dans l'émergence, dans la création. Par exemple, L'Osstidcho, c'était un gang de jeunes à l'époque. Les gens ne comprenaient pas trop ce qu'ils faisaient», affirme Sylvain Lafrance.
Les avantages de son caractère public
Si la SRC peut sortir des sentiers battus, c'est en raison de son caractère public. «Nous avons la capacité d'agir dans des secteurs où c'est plus difficile d'émerger pour le privé. Je pense à notre couverture internationale, à nos enquêtes journalistiques, à des émissions uniques en leur genre comme Découverte, qui est d'ailleurs très populaire. Cela fait en sorte que nous avons un côté très distinctif», explique Sylvain Lafrance.
La SRC accorde tout de même beaucoup d'importance aux cotes d'écoute. «C'est important d'avoir une télé rassembleuse. Nous sommes en équilibre entre notre caractère distinctif et la volonté d'aller chercher un grand public. Nous ne pouvons pas avoir un impact social sans public», remarque M. Lafrance.
Rôle social
On ne peut effectivement pas parler des 75 ans de la société d'État sans parler de son rôle social. «Lorsqu'on a eu le rêve un peu fou de créer la SRC, c'était parce qu'on voulait se doter d'un outil de dialogue appartenant aux citoyens. Je suis convaincu que ce rôle, 75 ans plus tard, est plus important que jamais. Nous avons aujourd'hui des débats de société complexes qui n'existaient pas il y a 75 ans. On a tendance à vouloir résoudre les problèmes rapidement et on peut faire de graves erreurs si on ne se parle pas. Les médias ont un rôle à jouer là-dedans. Particulièrement les médias citoyens, et la SRC en est un», affirme Sylvain Lafrance.
C'est pour cette raison que la SRC souhaite continuer d'avoir de grands lieux rassembleurs, comme Tout le monde en parle, qui rejoint chaque semaine plus d'un million de téléspectateurs.
«La société a besoin de communiquer, de débattre. Il faut créer une cohésion sociale. C'est important particulièrement dans le contexte québécois, où on a à défendre la culture francophone. Par exemple, nous avons créé tou.tv parce que nous nous sommes dit que, si nous ne mettions pas sur pied cette plateforme, nous nous ferions envahir par les plateformes étrangères et que ce serait un danger pour la culture d'ici», explique M. Lafrance.
L'avenir
La SRC continue donc de se transformer, d'explorer de nouvelles plateformes pour s'adapter aux désirs des citoyens.
«Nous n'avons pas d'autre choix que de continuer à nous adapter, affirme le vice-président. Souvent, les révolutions découlent de la technologie. Avec Internet et les réseaux sociaux, les gens ont besoin d'avoir l'information lorsqu'ils le veulent et ils veulent participer, échanger. C'est important d'en tenir compte, mais, en même temps, il ne faut pas perdre de vue notre métier. Nous sommes un outil de médiation journalistique. Nous observons et présentons le monde comme nous le concevons et c'est important. Nous ne pouvons pas seulement devenir un outil d'échange de commentaires de citoyens», affirme-t-il.
Pour les prochaines années, les projets sont nombreux à la SRC, d'après Sylvain Lafrance. «Par exemple, il y a Explora, une chaîne de documentaires que nous voulons lancer. La radio est aussi en pleine réforme avec l'arrivée de Patrick Beaudouin.»
Avant de quitter son poste en octobre prochain, Sylvain Lafrance prendra part aux célébrations du 75e anniversaire de la SRC. C'est d'ailleurs ce soir que la société d'État commence à diffuser différents événements spéciaux sur l'histoire de Radio-Canada, pour tenter de la projeter dans le futur.
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Collaboratrice du Devoir








