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    La nouvelle télévision - Du passage à la télé numérique... à la disparition de la télé!

    «Dans un futur pas si lointain, la notion de télé va disparaître pour faire place à celle d'écran»

    20 août 2011 |Claude Lafleur | Télévision
    Photo: Agence Reuters Fabrizio Bensch
    Puisque nos téléviseurs «passent au numérique», risque-t-on de perdre l'accès à nos émissions? Faut-il changer son appareil et, si oui, est-il préférable de se doter d'une télé à écran plasma, à cristaux liquides ou à del? Et qu'en est-il de la HD? Comment comprendre ce qui se passe en ce moment et vers quoi allons-nous?

    D'entrée de jeu, disons que le fameux «passage au numérique» ne concerne que ceux qui utilisent une télé munie d'antennes. Tous les autres dont le téléviseur est relié à un réseau câblé ou à une antenne-satellite — donc l'immense majorité — ne verront aucune différence. Ce qui change, c'est tout simplement le fait que les télédiffuseurs (Radio-Canada, TVA, Télé-Québec, etc.) cessent d'émettre des signaux analogiques pour ne transmettre désormais que des signaux numériques.

    De quoi parle-t-on au juste?

    Depuis le début de la télévision, les diffuseurs émettent par la voie des airs des signaux télé en forme de va-gues (analogues à des ondes sonores) captés par antennes. Mais voici qu'ils ne diffuseront bientôt plus que des ondes numériques composées de 0 et de 1.

    À gauche, une onde analogique, donc continue comme une vague. À droite, une onde numérique faite de 0 (espaces blancs) et de 1 (espaces noirs). Actuellement, les deux types d'ondes sont émises par les télédiffuseurs, alors que les ondes analogiques disparaissent des airs.

    L'avantage, rapporte Pascal Forget, vulgarisateur technologique aux émissions Les Nerdz (Canal Z) et Le Code Chastenay (Télé-Québec), est que le signal numérique est beaucoup moins sensible aux interférences et qu'il peut contenir davantage d'information que le signal analogique.

    «Le signal analogique fluctue, il y a donc beaucoup d'interférences; on bouge ou on s'éloigne et il faiblit, explique-t-il. Tandis que le signal numérique est beaucoup plus facile à discerner: c'est soit 0, soit 1. Ce signal simple permet de compresser l'information et est moins coûteux à diffuser. Pour le consommateur, cela veut dire un signal de meilleure qualité et c'en est fini de la "neige" dans son téléviseur.»

    Désormais, les télédiffuseurs ne sont plus tenus d'émettre un signal analogique. Ceux qui utilisent un téléviseur muni d'une antenne doivent par conséquent y ajouter un décodeur numérique et le tout fonctionnera comme avant.

    Plasma, cristaux liquides ou del?

    Certains profiteront de ce «passage au numérique» pour changer d'appareil et même pour passer à la haute définition (HD). En se rendant chez leur détaillant, ils seront confrontés à un choix difficile: choisir entre un téléviseur avec un écran au plasma, à cristaux liquides ou avec del (diode électroluminescente). Laquelle de ces technologies est préférable?

    Pascal Forget lance, amusé: «Ça, c'est l'objet de bien des débats!» Pourtant, à ses yeux, c'est simple: «Ces technologies se valent; ce qui importe avant tout, c'est ce que vous, vous préférez.» Il recommande donc de se rendre en magasin afin de comparer sur place les différents appareils. «Voyez l'image qui vous plaît le plus... Choisissez uniquement en fonction de cela.»

    Il recommande surtout de ne pas chercher «à investir» dans un téléviseur avec l'idée que celui-ci durera dix, quinze ou vingt ans. «De toute façon, d'ici quelques années à peine, l'appareil sera désuet.»

    Il donne l'exemple de la HD. «Lorsqu'on parle de haute définition aujourd'hui, on parle généralement d'une résolution de 1960 pixels sur 1080 pixels (c'est-à-dire que, sur un écran, s'affichent 1960 points lumineux de gauche à droite et 1080 points lumineux de haut en bas). Mais on parle déjà d'une résolution de 3920 X 2160 — soit quatre fois plus de pixels — qui s'imposera d'ici deux, trois ou quatre ans. Autrement dit, les technologies d'aujourd'hui seront vite dépassées.»

    C'est pourquoi, selon le journaliste techno, on devrait pouvoir se procurer un très bon appareil pour 1000 $ ou moins. «Basez votre choix sur votre budget et sur ce que vous voyez à l'écran», insiste-t-il.

    En outre, rien ne sert de se procurer un appareil HD... si on ne reçoit pas ensuite un signal HD! Bien des gens oublient que, en plus de leur nouvelle «supertélé», ils devront s'abonner à un service par câble ou par satellite HD. Autrement, ils ne verront guère de différence par rapport à leur ancien appareil.

    Brancher sa télé sur Internet

    Et puisque nos télés sont numériques, on peut songer à les relier au réseau Internet. Il est possible de relier directement son téléviseur à Internet à l'aide d'un câble spécial.

    Toutefois, les résultats sont désastreux, parce que le contenu web qui s'affiche à l'écran d'une télé est souvent déformé. «Les textes s'enchevêtrent, les images apparaissent par-dessus les textes, les menus sont tout déformés. C'est affreux!», résume M. Forget.

    Le problème vient de ce que nos écrans d'ordinateur fonctionnent en résolution plus élevée que nos téléviseurs. Les pages web sont donc conçues en conséquence. Lorsque vous tentez de faire apparaître du contenu web sur une télé, celle-ci essaie tant bien que mal — et plutôt mal! — de tout compresser, ce qui donne d'affreux résultats.

    Il existe cependant de petits adaptateurs qu'on peut installer entre Internet et sa télé — Apple TV, Boxee Box et autres — et qui donnent de bons résultats. Attention, toutefois: chaque type d'adaptateur n'est conçu que pour donner accès à un nombre limité de services Internet. Vous ne pourrez donc que regarder une petite portion du contenu disponible dans le web... selon l'adaptateur que vous avez installé.

    Avant donc de vous en procurer un, déterminez quel contenu web vous désirez regarder à la télé et choisissez celui qui répond le mieux à vos besoins.

    Un avenir sans télé?

    Les choses devraient se simplifier sous peu, énonce le vulgarisateur techno. Pascal Forget voit même poindre un avenir «sans télé»! «J'ai l'impression que, dans un futur pas si lointain, la notion de télé va disparaître, dit-il, pour faire place à celle d'écran. On achètera un "écran" dans lequel on mettra le contenu de son choix, qu'il provienne de la télé, du web ou d'un ordi. L'avenir, c'est la technologie qui permettra de combiner d'une façon totalement transparente tous les contenus qu'une personne veut voir. On pourra donc s'installer devant un écran quelconque et regarder un clip YouTube, une émission télé, un film, une page web... de la même manière que lorsqu'on regarde aujourd'hui la télé; on ne se demande pas si c'est en noir et blanc, en couleur, en haute définition, en stéréo ou en mono. J'imagine donc qu'un jour prochain le concept de "télé" n'existera plus; il s'agira d'écrans sur lesquels on regardera n'importe quel contenu.»

    Alléluia!

    ***

    Collaborateur du Devoir












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