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Les chaînes d'Astral - Le public «veut s'informer et se divertir»

Nonobstant les plateformes multiples, de la bonne télé demeure de la bonne télé

20 août 2011 | Réginald Harvey | Télévision
Guillaume Lemay-Thivierge et Mariloup Wolfe, les animateurs de KARV, sur VRAK.TV<br />
Photo : Source Vrak.tv Guillaume Lemay-Thivierge et Mariloup Wolfe, les animateurs de KARV, sur VRAK.TV
Astral demeure le chef de file au pays en matière de télévision payante et spécialisée, avec ses 23 chaînes en français et en anglais; au Québec, la programmation s'enrichit, en cette rentrée, de plusieurs nouveautés, au nombre desquelles figurent des productions originales. En cette ère de mutations technologiques, ce diffuseur mise toujours sur la qualité des contenus pour se démarquer et attirer les consommateurs de télé.

L'industrie est secouée par des transformations qui se produisent sur plusieurs plans à la fois. Comment, dans cette mouvance inéluctable, une entreprise comme Astral envisage-t-elle l'avenir de la télé? Dans un premier temps, Judith Brosseau, vice-présidente principale, programmation, communication et nouveaux médias, de cette société depuis une douzaine d'années, apporte cette réflexion globale: «Au plan du contenu, ce qui se consomme, c'est de la bonne télé, dont les gens sont friands quelle que soit la plateforme.»

Une fois ce constat posé, elle fait ressortir une évidence: «On ne reviendra pas 30 ans en arrière et il est certain que les téléspectateurs ont acquis au fil du temps une plus grande flexibilité dans leurs habitudes d'écoute; ils ne veulent plus revenir à la rigidité d'autrefois.»

À une certaine époque, il était impensable de revoir une émission une fois qu'elle avait été présentée à l'heure prévue dans la grille horaire: «Impossible même de l'enregistrer, ce qui viendra plus tard. Après quoi sont apparues les chaînes spécialisées qui ciblaient davantage des genres ou des grandes thématiques; en plus, elles offraient la possibilité des reprises à l'intérieur d'une semaine donnée.»

Une quinzaine d'années sont passées depuis ce temps. Mme Brosseau situe l'évolution qui s'est produite: «Il faut maintenant tenir compte du fait que le téléspectateur peut voir la télévision quand et où il veut, mais ce qu'il souhaite regarder, ce sont encore des contenus télévisuels; ce qui a changé, c'est la souplesse avec laquelle il faut lui offrir ceux-ci.» Il en résulte cette vision d'affaires: «On est encore dans l'univers où on doit créer, faire créer ou acheter des contenus pertinents pour le plus grand nombre possible de personnes. Notre objectif demeure donc toujours le même et consiste à nous assurer d'être pertinent dans les contenus qu'on place à l'antenne; on va plus loin en les offrant dans le Web et, bientôt, on le fera aussi sur les plateformes mobiles.»

Le goût du public

Elle laisse voir ce que le téléspectateur recherche en 2011: «Il est toujours motivé par deux grands besoins: il veut s'informer et se divertir. Pour l'information, on parle de tout l'univers des nouvelles mais également du documentaire, alors que, pour le divertissement, on entre dans tout le monde de la fiction. Les motivations des gens demeurent les même et j'irais jusqu'à dire que celles-ci étaient semblables en ces temps où les gens n'écoutaient que la radio.»

Elle introduit Astral dans le portrait: «Nous, on a un certain nombre de chaînes spécialisées qui ont toute un positionnement distinct, de telle sorte qu'on réussit au fil des ans à construire un rapport privilégié avec les téléspectateurs; en 2011, notre préoccupation, c'est de demeurer pertinent à l'endroit de ceux-ci. On doit s'assurer qu'ils ne seront pas déçus de ce qu'on leur promet quand on les invite à regarder Canal D à notre antenne ou dans le Web ou quand on leur vante les émissions d'un Historia, d'un Canal Vie ou d'un VRAK.TV.»

Pour autant, l'entreprise n'est pas en reste sur le plan technologique: «Au-delà de ces considérations sur le contenu, on a été les premiers il y a quelques années à transformer nos chaînes en HD; elles le sont toutes aujourd'hui. Cet automne, Canal D présentera un gros documentaire en 3D; on sera précurseur dans ce domaine comme on l'a été avec la HD. À Super Écran, une de nos chaînes payantes dédiées au cinéma, on a offert trois ou quatre titres en 3D au cours de l'été.»

Le CRTC et la réglementation

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) représente l'instance désignée pour fixer certaines règles du jeu en fonction des changements qui s'opèrent dans la sphère télévisuelle. Judith Brosseau cerne les attentes d'Astral relatives à une nouvelle réglementation: «Le système canadien a été un success story jusqu'à maintenant parce qu'il a induit, spécifiquement au Québec, une télévision de qualité que les consommateurs regardent et apprécient en très très grand nombre. Quand on regarde les parts de marché des émissions québécoises, toutes chaînes confondues, ce sont nos shows qui sont regardés plutôt que ceux des Américains.»

Ce succès repose sur les obligations de dépenses et de contenus canadiens imposées à tous les joueurs par le CRTC: «Nous croyons, chez Astral, qu'il s'agit là du modèle qui devrait être prévalent.» Une menace se pointe avec le Web: «Avec l'arrivée des Netflix de ce monde, qui sont des entreprises américaines pouvant diffuser sur le territoire canadien sans aucune espèce d'obligation de dépenses ou de contenus canadiens, on pense que, à terme, c'est une lutte totalement inéquitable qui s'est engagée et qui va surtout faire extrêmement mal à toute la production locale, qu'elle soit québécoise ou issue d'ailleurs au pays.» Le CRTC examine présentement sous tous les angles cette problématique très complexe, ne serait-ce que sur le plan technique: «Il doit trouver, avec sa grande expérience et sa sagesse, une façon de faire pour trouver une solution.»

En parallèle, le CRTC se penche sur un autre dossier majeur qui est en phase d'analyse: «C'est toute la question des entreprises intégrées verticalement. Au Canada, on parle de Bell, Rogers, Shaw et Vidéotron; celles-ci se trouvent à la fois dans la télédiffusion de chaînes traditionnelles et spécialisées de même que dans la distribution. Voilà de très gros joueurs qui ont le pouvoir d'occuper tout le territoire au détriment des autres, qui sont tous fragilisés, dont, entre autres, Astral, Télé-Québec et Radio-Canada. Le CRTC devrait trancher cette question bientôt.»

***

Collaborateur du Devoir
Guillaume Lemay-Thivierge et Mariloup Wolfe, les animateurs de KARV, sur VRAK.TV<br />
La série américaine The Defenders sera présentée cet automne à Séries +.<br />
 
 
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