Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Médias - L'affaire Margie Gillis se poursuit

    Le CCNR reçoit un nombre record de plaintes de téléspectateurs contre Sun News Network

    L'animatrice Krista Erickson vient de supplanter le sulfureux animateur Howard Stern dans les annales du Conseil canadien des normes de la radiotélévision. L'entrevue hostile que l'animatrice de Sun News Network a faite avec la chorégraphe Margie Gillis à l'émission Canada Live, le 1er juin dernier, a suscité un nombre record de plaintes.

    Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a diffusé un avis, la semaine dernière sur son site Internet, pour demander l'arrêt d'envoi de plaintes concernant l'entrevue de la chorégraphe Margie Gillis sur le réseau Sun News Network. L'organisme a reçu un record de 4100 plaintes individuelles. C'est plus du double du nombre total que le CCNR reçoit annuellement, tous dossiers confondus.

    Ce déluge de plaintes est difficile à gérer pour le CCNR, qui répond habituellement de façon individuelle. «Je le dis avec une certaine fierté, précise le président national du CCNR, Ron Cohen, parce que c'est notre façon de personnaliser le service. Mais là, nous ne pourrons répondre à chacun.»

    Rappelons que la chorégraphe et danseuse de renom Margie Gillis s'est retrouvée en entrevue à l'émission Canada Live de la chaîne télévisée. Invitée à discuter de l'importance du financement public des arts, Margie Gillis a plutôt été virulemment sommée par l'animatrice Krista Erickson de justifier toutes les subventions qu'elle a reçues depuis 1998.

    Le milieu des arts a fortement réagi. La Fondation de danse Margie Gillis, le Conseil du théâtre québécois (CQT) et le Regroupement québécois de la danse ont invité tour à tour leurs membres et supporters à porter plainte au CCNR. «Loin d'être constructive, la critique adressée à l'artiste s'est muée en spectacle grotesque et navrant, indiquait le CTQ dans son communiqué. Sans proposer aucun débat, coupant sans cesse la parole à Margie Gillis, l'animatrice, cédant à ses nerfs, a martelé avec entêtement une série de chiffres grossièrement combinés, sans proposer de raisonnement cohérent. Manquant de dignité, de retenue et d'objectivité, Krista Erickson a chargé son invitée avec une méchanceté vulgaire et gratuite.»

    L'appel a été entendu, puisque les 4100 plaintes individuelles marquent «un record», selon le président national du CCNR. À titre comparatif, le controversé Bye Bye 2008 de Radio-Canada n'avait généré que 210 plaintes. Les seuls dossiers ayant suscité autant de remous, affirme Ron Cohen, ont été l'annonce de l'arrivée sur les ondes québécoises du sulfureux animateur radio new-yorkais Howard Stern et la défunte et anticléricale émission Dieu reçoit, à TQS.

    Le nombre de plaintes n'influence «aucunement le traitement du dossier», rappelle le CCNR, qui fonde ses décisions «uniquement sur la question de savoir si une émission a enfreint une des normes codifiées de son ressort».

    Il faudra au moins six mois avant que CCNR ne dévoile sa résolution, un temps qui risque d'être allongé par «les délais que demandent en général les radiodiffuseurs dans les cas comme celui-ci où arrive un déluge de plaintes», explique M. Cohen. Si le CCNR donne raison aux plaignants, le radiodiffuseur doit l'annoncer, tel que le stipule le Conseil, à deux reprises, une fois à heure de grande écoute, une autre au jour et à l'heure de la diffusion de l'émission originale.

    Margie Gillis s'est révélée ravie par cette vague de sympathie. «L'équipe de Canada Live nous avait dit vouloir discuter avec des gens qui ont d'autres points de vue que les leurs, a rappelé l'artiste en entrevue. Ils devaient m'interviewer sur l'utilité du financement public des arts. Je savais que je confrontais une idéologie conservatrice, j'étais prête à répondre à de dures questions, mais Sun News n'a pas abordé les sujets qu'ils m'avaient annoncés. Ils ont utilisé des informations erronées, comme entre autres le financement public du prix Walter-Carsen de 50 000 $, financé par M. Carsen lui-même, qui adore les arts. Je suis pour le débat humain, le dialogue, l'échange d'informations, la pollinisation d'idées complètement opposées. Mais vient un point où l'on ne parle plus de liberté d'expression, mais d'attaque personnelle.»

    Quebecor, le propriétaire de Sun News Network, n'a pas voulu commenter le record de plaintes, et se contentera «d'accorder auxdites plaintes un traitement similaire à celui que nous accordons aux autres plaintes qui pourraient être déposées contre nos médias devant le CCNR», selon une réponse laconique de Serge Sasseville, vice-président, Affaires corporatives et institutionnelles de Quebecor Media.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.