Tout le Maroc en 15 épisodes d'une heure - « Je voulais brosser un portrait fidèle du pays »
Via le Monde revient au site du premier tournage avec Marhaban Bikoum
La série documentaire Marhaban Bikoum, coproduite par Le Studio Via le Monde et la Société nationale de radio et télévision du Maroc (SNRT), brosse un portrait multidimensionnel du Maroc. Entretien avec Catherine Viau, coproductrice, et Grégoire Viau, réalisateur.
«Comme nous fêtions à Via le Monde notre quarantième anniversaire, Daniel Bertolino et moi voulions marquer le coup, explique Catherine Viau. Comme Daniel avait tourné son premier film au Maroc et qu'il en gardait un souvenir heureux, nous avons décidé de retourner au Maroc. Nous étions aussi intéressés par la culture arabo-musulmane et nous croyions que le Maroc était une excellente porte d'entrée vers cette culture. De plus, comme Grégoire ne connaissait pas le Maroc, il y avait donc un élément de découverte.»
Le choix d'une coproduction allait de soi. «Comme nous travaillons à l'international, nous avons acquis une solide expérience de la coproduction en signant des ententes au fil des ans avec plus d'une trentaine de pays. Il était donc tout naturel pour nous d'approcher la télévision nationale marocaine, qui a aussitôt bien accueilli le projet. De plus, cela fait partie de notre philosophie de mettre à profit les ressources créatrices des pays où l'on va tourner.»
La production
Il a fallu quatre mois de tournage pour recueillir le matériel nécessaire à la réalisation de cette série. «J'ai travaillé entièrement avec une équipe technique marocaine composée de dix personnes, toutes hautement professionnelles, raconte Grégoire Viau. Nous avons tourné avec de l'équipement très sophistiqué fourni par le coproducteur. J'avais même le luxe de travailler avec deux caméramans, ce qui m'a permis de monter une seconde équipe et de me constituer une superbe banque d'images afin de mettre en valeur la beauté du pays.»
La récolte du tournage fut abondante: 300 heures de matériel, qu'on devait réduire à 15 émissions d'une heure. Choix déchirants à l'horizon. «Il y a toujours des deuils à faire dans notre métier», souligne Catherine Viau. Et Grégoire Viau de rajouter: «J'ai cherché à conserver le meilleur de chaque tournage et j'ai réussi à ne pas laisser tomber de sujets, bien que cela m'ait obligé à accorder moins de temps à certains d'entre eux.» Le montage et la postproduction, qui ont duré huit mois, ont été réalisés à Montréal par une équipe montréalaise.
Tout au long de la production, le réalisateur Grégoire Viau a maintenu son objectif. «Je voulais brosser un portrait fidèle du pays, mais pas y mener une enquête géopolitique. D'ailleurs, ce n'est pas mon parcours comme réalisateur, je suis plutôt du côté de la découverte culturelle. Je n'ai pas cherché à gommer les problèmes de développement, mais je n'ai pas hésité à filmer les expériences les plus intéressantes. Il y a ceci de fascinant avec le Maroc: c'est à la fois un pays en développement et un pays en pleine effervescence.»
La série documentaire
Bien qu'on se fixe un cadre de départ, le documentaire a ceci de particulier que le parcours peut l'influencer. «On part souvent avec une idée et on arrive avec une autre, dit Catherine Viau. C'est ce qui est arrivé avec Marhaban Bikoum. Au départ, on a proposé une grille thématique, par exemple la gastronomie, la vie urbaine, les médias, etc. Mais, lorsqu'on a construit notre plan de tournage, on s'est rendu compte qu'on avait plus de dix lieux de tournage. C'est alors qu'on a eu l'idée de structurer la série plutôt comme un parcours géographique. D'une part, ça permet au spectateur qui connaît peu le Maroc d'avoir des repères et, d'autre part, il est souvent plus facile de parler d'un lieu que d'un thème. Et chaque lieu que l'émission visite permet d'aborder plusieurs thèmes.»
La présentation de chaque émission est assumée par Yasmine Khayat, une animatrice et journaliste marocaine. Les entrevues pendant les émissions sont menées à deux voix, celles de Grégoire Viau et de Yasmine Khayat. Les deux animateurs sont présents à l'image. «Sans vouloir mettre l'accent sur nous, explique Grégoire Viau, on croyait qu'il était important que nous soyons à l'écran, puisque, dans la réalité, nous étions sur le terrain. De plus, cela donnait à l'émission un double regard, celui d'une Marocaine et celui d'un Canadien qui, parce qu'il connaît moins bien le pays, a un regard neuf, ce qui l'amène à poser des questions qu'on n'aurait peut-être pas posées. Évidemment, cette démarche a pu fonctionner grâce à la complicité qui s'est installée entre Yasmine et moi.»
Pour la suite des choses
La série Marhaban Bikoum a été diffusée à l'automne 2010 sur les ondes de TV5. Une rediffusion est prévue, mais les dates ne sont pas encore arrêtées. La série sera à nouveau disponible dans le site Internet de TV5 à compter de la mi-juin. «La distribution au Maroc devrait avoir lieu dès que la version en arabe sera disponible, explique Catherine Viau. Quant aux ventes internationales, nous sommes en discussion avec des distributeurs étrangers.»
Cette production pourrait aussi mener à d'autres projets. «C'est le début d'une découverte pour nous, poursuit Catherine Viau. Le Maroc, c'est un carrefour et un concentré de plusieurs choses et c'est très inspirant et stimulant. Je pense par exemple à produire un long métrage documentaire sur l'histoire de la médina et son développement, en cherchant à voir s'il n'y a pas là des solutions applicables ailleurs dans le monde.»
Comme quoi retourner à de vieux souvenirs en crée d'autres qu'on ne veut pas laisser s'évanouir.
***
Collaborateur du Devoir
«Comme nous fêtions à Via le Monde notre quarantième anniversaire, Daniel Bertolino et moi voulions marquer le coup, explique Catherine Viau. Comme Daniel avait tourné son premier film au Maroc et qu'il en gardait un souvenir heureux, nous avons décidé de retourner au Maroc. Nous étions aussi intéressés par la culture arabo-musulmane et nous croyions que le Maroc était une excellente porte d'entrée vers cette culture. De plus, comme Grégoire ne connaissait pas le Maroc, il y avait donc un élément de découverte.»
Le choix d'une coproduction allait de soi. «Comme nous travaillons à l'international, nous avons acquis une solide expérience de la coproduction en signant des ententes au fil des ans avec plus d'une trentaine de pays. Il était donc tout naturel pour nous d'approcher la télévision nationale marocaine, qui a aussitôt bien accueilli le projet. De plus, cela fait partie de notre philosophie de mettre à profit les ressources créatrices des pays où l'on va tourner.»
La production
Il a fallu quatre mois de tournage pour recueillir le matériel nécessaire à la réalisation de cette série. «J'ai travaillé entièrement avec une équipe technique marocaine composée de dix personnes, toutes hautement professionnelles, raconte Grégoire Viau. Nous avons tourné avec de l'équipement très sophistiqué fourni par le coproducteur. J'avais même le luxe de travailler avec deux caméramans, ce qui m'a permis de monter une seconde équipe et de me constituer une superbe banque d'images afin de mettre en valeur la beauté du pays.»
La récolte du tournage fut abondante: 300 heures de matériel, qu'on devait réduire à 15 émissions d'une heure. Choix déchirants à l'horizon. «Il y a toujours des deuils à faire dans notre métier», souligne Catherine Viau. Et Grégoire Viau de rajouter: «J'ai cherché à conserver le meilleur de chaque tournage et j'ai réussi à ne pas laisser tomber de sujets, bien que cela m'ait obligé à accorder moins de temps à certains d'entre eux.» Le montage et la postproduction, qui ont duré huit mois, ont été réalisés à Montréal par une équipe montréalaise.
Tout au long de la production, le réalisateur Grégoire Viau a maintenu son objectif. «Je voulais brosser un portrait fidèle du pays, mais pas y mener une enquête géopolitique. D'ailleurs, ce n'est pas mon parcours comme réalisateur, je suis plutôt du côté de la découverte culturelle. Je n'ai pas cherché à gommer les problèmes de développement, mais je n'ai pas hésité à filmer les expériences les plus intéressantes. Il y a ceci de fascinant avec le Maroc: c'est à la fois un pays en développement et un pays en pleine effervescence.»
La série documentaire
Bien qu'on se fixe un cadre de départ, le documentaire a ceci de particulier que le parcours peut l'influencer. «On part souvent avec une idée et on arrive avec une autre, dit Catherine Viau. C'est ce qui est arrivé avec Marhaban Bikoum. Au départ, on a proposé une grille thématique, par exemple la gastronomie, la vie urbaine, les médias, etc. Mais, lorsqu'on a construit notre plan de tournage, on s'est rendu compte qu'on avait plus de dix lieux de tournage. C'est alors qu'on a eu l'idée de structurer la série plutôt comme un parcours géographique. D'une part, ça permet au spectateur qui connaît peu le Maroc d'avoir des repères et, d'autre part, il est souvent plus facile de parler d'un lieu que d'un thème. Et chaque lieu que l'émission visite permet d'aborder plusieurs thèmes.»
La présentation de chaque émission est assumée par Yasmine Khayat, une animatrice et journaliste marocaine. Les entrevues pendant les émissions sont menées à deux voix, celles de Grégoire Viau et de Yasmine Khayat. Les deux animateurs sont présents à l'image. «Sans vouloir mettre l'accent sur nous, explique Grégoire Viau, on croyait qu'il était important que nous soyons à l'écran, puisque, dans la réalité, nous étions sur le terrain. De plus, cela donnait à l'émission un double regard, celui d'une Marocaine et celui d'un Canadien qui, parce qu'il connaît moins bien le pays, a un regard neuf, ce qui l'amène à poser des questions qu'on n'aurait peut-être pas posées. Évidemment, cette démarche a pu fonctionner grâce à la complicité qui s'est installée entre Yasmine et moi.»
Pour la suite des choses
La série Marhaban Bikoum a été diffusée à l'automne 2010 sur les ondes de TV5. Une rediffusion est prévue, mais les dates ne sont pas encore arrêtées. La série sera à nouveau disponible dans le site Internet de TV5 à compter de la mi-juin. «La distribution au Maroc devrait avoir lieu dès que la version en arabe sera disponible, explique Catherine Viau. Quant aux ventes internationales, nous sommes en discussion avec des distributeurs étrangers.»
Cette production pourrait aussi mener à d'autres projets. «C'est le début d'une découverte pour nous, poursuit Catherine Viau. Le Maroc, c'est un carrefour et un concentré de plusieurs choses et c'est très inspirant et stimulant. Je pense par exemple à produire un long métrage documentaire sur l'histoire de la médina et son développement, en cherchant à voir s'il n'y a pas là des solutions applicables ailleurs dans le monde.»
Comme quoi retourner à de vieux souvenirs en crée d'autres qu'on ne veut pas laisser s'évanouir.
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Collaborateur du Devoir








