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À la télévision de Radio-Canada - 19-2 tient ses belles promesses

21 janvier 2011 | Stéphane Baillargeon | Télévision
Les attentes étaient grandes, immenses même. Normal. Le tandem du réalisateur Podz et du comédien-scénariste Claude Legault a déjà donné l'excellente série Minuit, le soir. Leur nouvelle création pour la télévision de Radio-Canada s'intitule 19-2. Elle sera à l'horaire dans deux semaines. Franchement, et de loin, il s'agit de la meilleure série télé québécoise de cette saison 2010-2011.

On peut le répéter avant de détailler: c'est très bon, excellent même, avec des personnages amples, complexes, mêlés à des intrigues déployées comme des labyrinthes. En plus, c'est tourné par un oeil de maître.

Le titre correspond au nom de code d'une autopatrouille du Service de la police métropolitaine, en plein coeur de Montréal. Deux coéquipiers mal assortis s'y retrouvent quotidiennement, Ben Chartier (Claude Legault), transfuge de la Sécurité du Québec, et Nick Berrof (Réal Bossé), de retour au boulot après une fusillade qui lui a fait perdre son premier partenaire. La série est une idée originale de ces deux comédiens qui ont été aidés à l'écriture par Joanne Arseneau et Danielle Dansereau.

La production respecte le canevas du genre: il y a de l'action et des situations en cascade pour finalement composer un large portrait de la ville qui bat et se débat à travers ces deux gardiens d'une certaine paix. L'originalité de cette série policière (et Dieu sait s'il en existe, et d'excellentes) vient de l'attention portée aux mondes intérieurs des deux héros, à leurs espoirs brûlants comme à leurs peines héritées, enfouis aux tréfonds d'eux-mêmes. Des flash-back permettent d'éplucher peu à peu ces couches superposées, des plus laids souvenirs comme des plus beaux désirs.

Surtout, surtout, cette belle et brillante production compose un autre formidable et atypique portrait de la condition masculine, ici et maintenant, comme le faisait déjà Minuit, le soir. Les silences retentissants de ces hommes crient à vide. En tout cas, il suffit d'un plan sur un flic seul, le dos courbé, pour en raconter plus que tout un scénario de certains autres téléromans verbeux, trop verbeux.

Cette manière télévisuelle originale transpose la technique narrative du «courant de conscience». Dans ce style, reconnaissable entre tous, des images et de la musique servent le monologue intérieur pour exprimer de manière fine et touchante le tumulte intime des protagonistes.

La boîte à noirs bijoux ouvre le mercredi 2 février à 21h. Le site Tou.tv prendra aussi le relais. Et Le Devoir reviendra plus longuement sur la série dans son Agenda de la semaine prochaine.
 
 
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