Télévision à la une - Adieu 2010, et bon débarras
À retenir
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Et Dieu créa... Laflaque / Infoman / Bye Bye 2010
Radio-Canada, vendredi à partir de 20h30.
Dieu merci, l'année est finie!
TVA, vendredi à 20h.
Un gars le soir
M'a m'en faire un Bye Bye moé tabarnak
V, vendredi à 22h.
Finir l'année en en riant encore une fois. L'habitude est profondément ancrée dans la société québécoise francophone, tellement qu'on oublie qu'il n'y a rien de naturel là-dedans.
D'autres sociétés se passent très bien de cet inventaire télévisuel forcé à grands coups de rigolades. Ou bien elles se contentent des récapitulations sérieuses, un point c'est tout, parce que franchement, pas besoin d'avoir biberonné du Schopenhauer ou du Cioran pour savoir qu'il faut se garder une petite gêne pessimiste en examinant le monde tel qu'il va, tel qu'il a toujours été, tel qu'il sera vraisemblablement l'an prochain. Le rire industriel formaté peut même ajouter une raison de plus de désespérer...
C'est donc une des grandes et mystérieuses survivances de notre télévision. La revue annuelle a emprunté aux Fridolinades théâtrales. La femme de scène et d'écrans Denise Filiatrault, habituée des anciens Bye Bye, a d'ailleurs ressuscité la formule de la revue scénique à son théâtre du Rideau vert à Montréal. Les Fridolinades elles-mêmes s'inspiraient des bilans périodiques du burlesque et des revues théâtrales des collèges. Bref, l'habitude a ses racines, et finalement rien ne se perd et tout se transforme.
Une tradition forte
«On est d'abord attaché à notre télé, point», observe la comédienne-animatrice-productrice Véronique Cloutier, cette année encore à la barre du Bye Bye, mais aussi aux commandes des Enfants de la télé, une délicieuse émission célébrant le petit écran. «La télé au Québec, c'est fort, c'est très, très fort. Et c'est très juste: il y a très peu de sociétés dans le monde où les gens se réunissent devant leur télé pour fêter la nouvelle année. Pour des gens de l'extérieur, d'une autre culture, ça peut avoir l'air un peu looser. Mais c'est une tradition ici, une tradition forte, et elle tient parce que les gens aiment ça et en redemandent. Il y a deux ans, on a battu les records de tous les temps avec presque 4,5 millions de téléspectateurs en combinant les deux diffusions. C'est pour ça qu'on maintient cette tradition, parce que les gens aiment ça.»
Certains ont moins aimé ça en 2008. Au moins deux sketches et quelques blagues du Bye Bye d'alors ont été jugés vulgaires, racistes, carrément insupportables, par exemple quand Mme Cloutier s'est permis d'incarner la chanteuse Nathalie Simard, victime de son père pédophile. D'où le malaise à la revoir avec son compagnon de vie Louis Morissette aux commandes du Bye Bye 2010.
«C'est très simple: l'an passé il n'y a pas eu de Bye Bye, explique-t-elle. Cette année, le groupe RB0 a été approché, mais il n'était pas disponible; alors, on était les prochains sur la liste. On l'avait secrètement souhaité parce qu'on ne voulait pas finir sur cette mauvaise note. Louis a d'abord dit non, mais Radio-Canada est revenue à la charge et on a accepté.
On peut penser ce qu'on veut de notre talent ou de notre absence de talent, mais on ne peut pas nier que nous sommes travaillants et flexibles.»
Trois comédiens
La production intègre trois comédiens (Michel Courtemanche, Hélène Bourgeois-Leclerc, Joël Legendre). Tous les numéros seront préenregistrés et approuvés dix fois plutôt qu'une. Mme Cloutier promet que l'ensemble demeurera «caustique et irrévérencieux», comme le veut la formule.
«On sera moins durs à certains moments, précise-t-elle. Ça va chialer encore, mais moins qu'il y a deux ans, du moins je l'espère.»
Jean-François Mercier, lié à cette dérive incontrôlée en 2008 mais écarté de la nouvelle version, a décidé d'organiser la sienne propre à V. Cela s'intitule, tout en finesse et en qualité: M'a m'en faire un Bye Bye moé tabarnak. Cette production spéciale du show de garage quotidien du «gros cave» fera appel à Pierre Verville avec ses imitations, recevra le champion mondial du poker Jonathan Duhamel et passera le plateau à nul autre que Louis Morissette pour un faux bulletin de l'année. Tout se retouche, finalement.
Pour le reste, c'est la routine habituelle. Avant le Bye Bye, Radio-Canada revient avec des versions spéciales des émissions Et Dieu créa... Laflaque et Infoman en plus d'offrir une émission spéciale du jour de l'An de l'émission musicale Studio 12 avec Ima, Marc Hervieux, Damien Robitaille, Andrée Watters, Antoine Gratton et France Castel.
Étrangement, TVA ne tente pas trop d'engager la lutte sur ce terrain tenu depuis des décennies par Radio-Canada. La tradition semble trop forte. Le réseau privé ne propose qu'une seule émission spéciale, celle de Dieu merci, l'année est finie! L'animateur Éric Salvail demandera à quatre vedettes (Karine Vanasse, Lise Dion, Guillaume Lemay-Thivierge et Guy Jodoin) d'improviser sur des thèmes de circonstances. La portion musicale fera appel à Marjo et à Mario Pelchat, entre autres.
Cette émission lancée à 20h dure 90 minutes. La soirée se termine avec un spectacle de Madonna. Une fin d'année en dansant après avoir ri, ce qui ne semble pas bête non plus comme tradition...
D'autres sociétés se passent très bien de cet inventaire télévisuel forcé à grands coups de rigolades. Ou bien elles se contentent des récapitulations sérieuses, un point c'est tout, parce que franchement, pas besoin d'avoir biberonné du Schopenhauer ou du Cioran pour savoir qu'il faut se garder une petite gêne pessimiste en examinant le monde tel qu'il va, tel qu'il a toujours été, tel qu'il sera vraisemblablement l'an prochain. Le rire industriel formaté peut même ajouter une raison de plus de désespérer...
C'est donc une des grandes et mystérieuses survivances de notre télévision. La revue annuelle a emprunté aux Fridolinades théâtrales. La femme de scène et d'écrans Denise Filiatrault, habituée des anciens Bye Bye, a d'ailleurs ressuscité la formule de la revue scénique à son théâtre du Rideau vert à Montréal. Les Fridolinades elles-mêmes s'inspiraient des bilans périodiques du burlesque et des revues théâtrales des collèges. Bref, l'habitude a ses racines, et finalement rien ne se perd et tout se transforme.
Une tradition forte
«On est d'abord attaché à notre télé, point», observe la comédienne-animatrice-productrice Véronique Cloutier, cette année encore à la barre du Bye Bye, mais aussi aux commandes des Enfants de la télé, une délicieuse émission célébrant le petit écran. «La télé au Québec, c'est fort, c'est très, très fort. Et c'est très juste: il y a très peu de sociétés dans le monde où les gens se réunissent devant leur télé pour fêter la nouvelle année. Pour des gens de l'extérieur, d'une autre culture, ça peut avoir l'air un peu looser. Mais c'est une tradition ici, une tradition forte, et elle tient parce que les gens aiment ça et en redemandent. Il y a deux ans, on a battu les records de tous les temps avec presque 4,5 millions de téléspectateurs en combinant les deux diffusions. C'est pour ça qu'on maintient cette tradition, parce que les gens aiment ça.»
Certains ont moins aimé ça en 2008. Au moins deux sketches et quelques blagues du Bye Bye d'alors ont été jugés vulgaires, racistes, carrément insupportables, par exemple quand Mme Cloutier s'est permis d'incarner la chanteuse Nathalie Simard, victime de son père pédophile. D'où le malaise à la revoir avec son compagnon de vie Louis Morissette aux commandes du Bye Bye 2010.
«C'est très simple: l'an passé il n'y a pas eu de Bye Bye, explique-t-elle. Cette année, le groupe RB0 a été approché, mais il n'était pas disponible; alors, on était les prochains sur la liste. On l'avait secrètement souhaité parce qu'on ne voulait pas finir sur cette mauvaise note. Louis a d'abord dit non, mais Radio-Canada est revenue à la charge et on a accepté.
On peut penser ce qu'on veut de notre talent ou de notre absence de talent, mais on ne peut pas nier que nous sommes travaillants et flexibles.»
Trois comédiens
La production intègre trois comédiens (Michel Courtemanche, Hélène Bourgeois-Leclerc, Joël Legendre). Tous les numéros seront préenregistrés et approuvés dix fois plutôt qu'une. Mme Cloutier promet que l'ensemble demeurera «caustique et irrévérencieux», comme le veut la formule.
«On sera moins durs à certains moments, précise-t-elle. Ça va chialer encore, mais moins qu'il y a deux ans, du moins je l'espère.»
Jean-François Mercier, lié à cette dérive incontrôlée en 2008 mais écarté de la nouvelle version, a décidé d'organiser la sienne propre à V. Cela s'intitule, tout en finesse et en qualité: M'a m'en faire un Bye Bye moé tabarnak. Cette production spéciale du show de garage quotidien du «gros cave» fera appel à Pierre Verville avec ses imitations, recevra le champion mondial du poker Jonathan Duhamel et passera le plateau à nul autre que Louis Morissette pour un faux bulletin de l'année. Tout se retouche, finalement.
Pour le reste, c'est la routine habituelle. Avant le Bye Bye, Radio-Canada revient avec des versions spéciales des émissions Et Dieu créa... Laflaque et Infoman en plus d'offrir une émission spéciale du jour de l'An de l'émission musicale Studio 12 avec Ima, Marc Hervieux, Damien Robitaille, Andrée Watters, Antoine Gratton et France Castel.
Étrangement, TVA ne tente pas trop d'engager la lutte sur ce terrain tenu depuis des décennies par Radio-Canada. La tradition semble trop forte. Le réseau privé ne propose qu'une seule émission spéciale, celle de Dieu merci, l'année est finie! L'animateur Éric Salvail demandera à quatre vedettes (Karine Vanasse, Lise Dion, Guillaume Lemay-Thivierge et Guy Jodoin) d'improviser sur des thèmes de circonstances. La portion musicale fera appel à Marjo et à Mario Pelchat, entre autres.
Cette émission lancée à 20h dure 90 minutes. La soirée se termine avec un spectacle de Madonna. Une fin d'année en dansant après avoir ri, ce qui ne semble pas bête non plus comme tradition...
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