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À voir à la télévision – Le mutant du Mile-End

André Lavoie   28 août 2010  Télévision

À retenir

    • Portraits / Socalled, le film
    • Dimanche 29 août
    • Artv, 19h
Il ressemble à un gringalet, à un intello à lunettes, à un premier de classe, ou encore à un fils illégitime de Woody Allen qui tenterait maladroitement de camoufler son bagage génétique. Josh Dolgin est un peu tout cela, mais le jeune homme en apparence sérieux peut se dédoubler pour mener une excitante carrière musicale sous le nom de Socalled. Encore là, une seule étiquette ne suffit pas à résumer l'ensemble de sa démarche, alors qu'il fait sans cesse voler en éclats les barrières de la culture, des styles musicaux et des générations.

Ce phénomène typiquement montréalais et bien enraciné dans la communauté juive ne pouvait échapper au regard de Garry Beitel (Chez Schwartz). Et non seulement le cinéaste le suit pas à pas dans ses happenings musicaux à Montréal, à New York et à Paris, mais il se laisse volontairement influencer par son imaginaire coloré et débridé.

Socalled, le film prend la forme d'un patchwork mêlant animation, performances musicales, confessions pudiques et rencontres électrisantes, entre autres avec un tromboniste funk réputé, Fred Wesley, ou un pianiste autrefois célèbre et depuis longtemps tombé dans l'oubli, Irving Fields. Ces deux-là, et tant d'autres à leur suite, s'interrogent sur les origines de Socalled, car ses goûts singuliers, son allure inimitable et ses capacités de rassembleur font de lui un véritable extraterrestre. Qu'à cela ne tienne: l'osmose semble totale avec Wesley, et pour faire connaître Fields, l'artiste multidisciplinaire n'hésite pas à le parachuter sur YouTube, même si le vieux musicien ignorait jusque-là de quoi il s'agissait...

Enfant de son époque, celle des métissages tous azimuts et de l'obsession informatique, véritable oiseau rare de la scène musicale, Socalled suscite l'admiration par sa volonté farouche de briser tous les carcans, et ceci dans l'humour et la fantaisie. Son amour pour les gens du troisième âge et son désir de donner à la musique klezmer un swing très funky méritent toute notre admiration.
 
 
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