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À voir à la télévision le dimanche 8 août - Ma mère, mon amie...

François Lévesque   7 août 2010  Télévision

À retenir

    • Cinéma / Le Souffle au coeur
    • TFO, 21h
Replacé dans le contexte de la filmogra-phie de Louis Malle, Le Souffle au coeur apparaît comme une oeuvre de maturité et de transition, risquée au chapitre des thèmes, mais pleinement assumée dans son refus de juger ses personnages, qui marque un retour vers une certaine gravité après les plus frivoles Viva Maria! et Le Voleur.

Le Souffle au coeur se déroule dans la France des années 1950, en province, où le jeune Laurent, 14 ans, découvre le jazz à la radio (tiens, tiens...), fait les quatre cents coups avec ses deux frères aînés tout en étant très proche de sa mère. Cette dernière, une femme ravissante encore très jeune, est volontiers rieuse, même s'il est manifeste que le quotidien parfois morne d'une bonne épouse de gynécologue lui pèse un peu. Sans doute cela explique-t-il en partie les infidélités de la dame.

La sexualité est d'ailleurs au centre du film de Malle, qui articule l'essentiel de son récit autour d'un adolescent en plein émoi pubère avec séances de branlette et visite chez les putes à la clé. Au-delà de ces lieux communs, du reste traités avec l'acuité et la sensibilité qui distinguent l'auteur, l'intrigue emprunte une avenue trouble en raison de la maladie de Laurent, chez qui on diagnostiquera, justement, un souffle au coeur. Sa mère l'accompagnera en cure et, hors du contexte familial, leur relation privilégiée prendra lentement mais sûrement un tournant amoureux.

Le Souffle au coeur, comme d'autres oeuvres de Malle, jouit de mille atouts. Je n'en mentionnerai que quelques-uns, dont la mise en scène assurée et poétique, la direction photo évocatrice de Ricardo Aronovich (un habitué de Costa-Gavras) et la composition très juste de la belle Léa Massari (Les Choses de la vie, Le Christ s'est arrêté à Eboli).

Cinéma / Le Souffle au coeur
TFO, 21h
 
 
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    8 août 2010 22 h 55
    Critique de la critique: Écrire dans le beurre?
    Mon commentaire s'adresse à François Lévesque, suite à sa critique du film Le Souffle au coeur. Bon,... je vais faire comme si je m'adressais à lui, puisque je n'ai pu le rejoindre ailleurs:

    M, Lévesque,
    Je tenais à vous faire parvenir ce commentaire, qui concerne quelques passages de votre critique. Vous faites mention du refus du cinéaste "de juger ses personnages", ce qui va de soi dans ce contexte inventé, mais il arrive que de ne pas juger soit une façon de porter un jugement, non sur les personnages mais sur l'incident, disons, dont les conséquences, pour reprendre un des termes de votre article au sujet de l'oeuvre de Louis Malle, apparaissent tout à fait... "frivoles", pour ainsi dire inexistantes.

    Par contre, je dois vous donner plein crédit pour la "gravité" de la plus part des expressions que vous avez utilisées avec justesse dans cette critique, ce qui tranche avec celle d'André Lavoie, que j'ai pu lire à quelques reprises dans l'Agenda: dans son cas, bien que je l'apprécie particulièrement, il allait dans la banalisation de l'incident et l'apologie de la finale.

    Finalement, j'ai une petite réticence avec l'emploi de l'expression "un tournant amoureux", mais j'avoue qu'il n'est pas facile de trouver les termes appropriés pour qualifier la scène centrale du film (désir? confusion?), qui ma foi relève plutôt du fantastique, surtout quand on connaît la réalité des "incidents" de ce genre, et qu'on sait que les conséquences des abus mère/fils sont beaucoup plus graves que celles des abus père/fille, contrairement à ce qu'on pourrait croire, raison pour laquelle sans doute on en entend à peu près jamais parler.

    Mais là... c'était juste du cinéma.
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    9 août 2010 08 h 49
    P. S., à Écrire dans le beurre?
    D'ailleurs, la scène finale que je cite de mémoire, celle ou l'adolescent rentre ses chaussures en main, révélant ainsi qu'il arrive d'une nuit chez une voisine, ce qui finalement fait bien rigoler tout le monde, prouve bien que l'incident, pas plus que l'escapade, a quelque chose à voir avec le sentiment amoureux...
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