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À voir à la télévision le mardi 20 juillet - Peindre, boire ou faire l'amour

André Lavoie   17 juillet 2010  Télévision

À retenir

    • Cinéma
    • Ivre de femmes et de peinture
    • Artv, 20h
À ce jour, le réalisateur sud-coréen Im Kwon-taek a tourné 100 films et ne semble pas près de vouloir s'arrêter en si bon chemin. Son 98e, Ivre de femmes et de peinture (2002), a remporté le prix de la mise en scène à Cannes, ex æquo avec Punch-Drunk Love de Paul Thomas Anderson.

Faut-il à la fois connaître l'histoire de la Corée du XIXe siècle et celle d'un des peintres les plus marquants de ce pays, Jang Seung-Up, surnommé «Ohwon», pour apprécier Ivre de femmes et de peinture? Par moments, le spectateur occidental pourra se sentir un peu perdu. Heureusement, quelques intertitres situent des faits historiques importants et qui auront leur influence sur la vie tumultueuse du bouillonnant Ohwon (interprété par le non moins intense Choi Min-sik, la vedette casse-cou du film Oldboy, de Park Chan-wook).

Tour à tour mendiant, ivrogne, coureur de jupons et batteur de femmes, le peintre Jang Seung-Up, né en 1843 et disparu sans laisser de traces en 1897, a vite acquis le statut de mythe. Dans une approche minimaliste, le cinéaste décrit autant le tempérament imprévisible et colérique de l'homme que celui du créateur, fébrile et boulimique.

Le portrait est loin d'être élogieux, surtout dans la manière dont Im Kwon-taek aborde sa sexualité débridée, machiste et violente. Car celui qui affirme avoir besoin d'une érection pour peindre, et qui ne peut rien jeter sur la toile sans femmes ni alcool, cherche à jouir de la vie à tout prix avant de vouloir devenir immortel à travers son oeuvre. Son chaos intérieur, c'est aussi celui d'un pays secoué par l'intolérance (à l'égard des catholiques) et les révoltes (entre autres celle des paysans), coincé entre la Chine et le Japon. C'est la Corée d'une époque pas si lointaine, divisée, un peu comme celle d'aujourd'hui.

Cinéma / Ivre de femmes et de peinture - Artv, 20h
 
 
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