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À voir à la télévision le mercredi 3 mars - Des vampires qui ont du mordant

François Lévesque   27 février 2010  Télévision

À retenir

    • True Blood (v.f.) 
    • V, 21h
Avec sa deuxième série pour la chaîne HBO, Alan Ball a surpris son monde. Pour mémoire, c'est à lui qu'on doit le scénario d'American Beauty, film-événement après lequel Ball s'est tourné vers la télévision pour nous offrir la mémorable série Six Feet Under, l'une des plus citées quand vient le moment de parler du renouveau télévisuel. Entre ces deux oeuvres, on décèle une nette parenté: chronique de personnages en crise existentielle, commentaire sous-jacent sur les États-Unis, etc. Sans doute est-ce à cet égard que True Blood, le dernier-né du monsieur, a initialement étonné.

Car de prime abord, on arrive difficilement à concilier ce feuilleton vampirique «punché» avec ce qui a précédé sur la feuille de route d'Alan Ball. À y regarder de plus près toutefois, le lien de filiation est pourtant bien présent.

True Blood est basé sur The Southern Vampire Mysteries, de Charlaine Harris. On est, Dieu merci, à des lieues de Twilight. Plus près d'Anne Rice, mais avec une gouaille bien à elle, cette

série-ci met en scène les habitants de la petite communauté (imaginaire) de Bon Temps, en Louisiane. Campé à notre époque mais dans une réalité où les vampires sont «sortis du placard» et vivent (!) désormais dans une très relative bonne entente avec les vivants, True Blood amalgame judicieusement ses éléments de meurtre et mystère, de romance et surtout de critique sociale. Ce point, réjouissant, fait directement écho, et sans chercher à cacher son jeu, au passé ségrégationniste américain. Car tous ne sont pas ravis de coexister avec des buveurs de sang, même si officiellement ceux-ci ne consomment qu'un succédané, la boisson True Blood. Lors de certaines tirades rendant compte de cette tension, on peut aisément remplacer «vampires» par «Noirs» (ou «gais», ou «Arabes», etc.).

Cette série séduisante, merveilleusement écrite et interprétée, perd cependant beaucoup de sa saveur dans la version française. La musique des accents, très riche, est complètement évacuée, ce qui affecte les interprétations, particulièrement celles d'Anna Paquin (Sookie) et de Nelsan Ellis (Lafayette).

Un cas où les sous-titres font la différence.

True Blood (v.f.) 
V, 21h
 
 
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