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Rapprochements télévisuels

Incendo et Zone 3 s'allient pour viser le marché international

Stéphane Baillargeon   9 février 2010  Télévision
Le mariage est consommé. Hier, la plus grande maison de production du Québec (Zone 3) et le plus important distributeur télévisuel du Canada (Incendo) ont officiellement annoncé leur alliance. L'objectif: créer des émissions documentaires destinées au marché canadien anglophone, mais qui pourront aussi être vendues à l'extérieur du pays.

«L'idée, c'est qu'avec Incendo on puisse développer une stratégie pour produire du contenu canadien pour le Canada, mais aussi pour l'étranger», résume Isabelle-Anouk Bourduas, directrice des productions internationales de Zone 3 et productrice exécutive, qui s'applique depuis quelque temps à faire fructifier l'alliance dévoilée hier. «Ce n'est pas le premier rapprochement du genre, mais c'est certainement le plus important étant donné l'importance des deux parties.»

Zone 3 demeure la plus grande maison de production indépendante du Québec. Elle accouche de quelque 700 heures de programmation par année (Minuit, le soir par exemple). Incendo produit aussi des séries (Metropia, Crusoe), mais s'active surtout dans la distribution d'innombrables séries américaines, des Simpsons à 24. «Zone 3 va maintenant développer certaines idées à la lumière des informations fournies par Incendo, explique Mme Bourduas. La compagnie connaît très bien le pouls canadien, sait qui a besoin de quoi. Nos idées vont s'allier à leurs contacts.»

Le travail concentré sur les séries documentaires a commencé il y a environ 18 mois et il porte déjà ses fruits. L'an dernier, l'alliance a par exemple donné My Rona Home diffusée par CTV, une version de Ma Maison Rona, un concept néo-zélandais hyperpopulaire au Québec.

Un «docu-soap» en développement, Inmates Firefighters, racontera l'entraînement au Colorado de détenus transformés en pompiers spécialisés dans la lutte contre les incendies de forêt. Mail Order Bride, un autre projet développé pour le large marché nord-américain, raconte l'histoire de femmes étrangères, russes ou philippines surtout, venues pour 90 jours en Amérique afin d'épouser des célibataires.

«On ne se le cachera pas, notre objectif n'est pas de produire des séries canadiennes dans leur contenu, commente alors la directrice. Nous allons viser la production de séries aussi bonnes que les productions américaines. Nous visons le format exportable.»

D'autres ont ouvert la voie. Cinéflix Productions a déjà engrangé huit saisons de Mayday, sur les enquêtes entourant les crashs d'avion. La série se retrouve au programme de Discovery Canada et d'une myriade d'antennes étrangères de National Geographic Channel. La série Chuck's Day Off, sur le chef montréalais Chuck Hugues, a aussi été vendue aux États-Unis.
 
 
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