Pauline Croze au Lion D'Or - Lamentations
Pauline Croze — Source: FrancoFolies de Montréal
Mais non, mademoiselle la chanteuse de la banlieue parisienne, c'était pas le rideau d'entrée de salle mal tiré qui laissait courir un courant d'air. Ni une quelconque porte ouverte. C'était la ventilation. La même ventilation que pour tout le monde au Lion D'Or. Seulement voilà, Pauline Croze, certaine d'attraper la crève, en faisait hier un plat. À plusieurs services.
De fait, à chaque fois qu'elle en remettait, c'est le courant entre le public et elle qui passait moins. Comme si elle se révélait dans la vie aussi portée à gémir sur son sort que dans ses chansons. En moins charmant. Même que ça rendait les airs si doucement plaintifs de son album éponyme un peu énervants, tellement elle en allongeait sur scène les vocalises huhulantes. D'envoûtante, Dans la chaleur des nuits de pleine lune devenait complaisante. Larmes, de touchante, devenaitfranchement larmoyante.
Fallait bien remplir le vide, qui apparaissait curieusement plus grand dans le petit Lion D'Or que sur l'immense scène extérieure des FrancoFolies, où la même Pauline Croze, avec un seul guitariste d'appoint, avait eu l'excuse évidente et la palme du courage en août dernier. Bien sûr que ses chansons étaient déficitaires dans un tel contexte.
Déficitaires, les Je suis floue, Femme fossile et autres M'en voulez-vous l'étaient plus encore cette fois-ci, malgré un percussionniste qui se démenait comme deux, des programmations et de l'écho en masse. On comprenait que, sur le disque, ce sont les arrangements à la fois bruts et inventifs qui avaient séduit, bien plus que les mélodies, plutôt répétitives. Mélodies que les miaulements d'hier ne parvenaient pas à sauver de l'ennui. Hier, même La Javanaise de Gainsbourg semblait geignarde. À la fin, tiens, on souhaitait à la chanteuse très exactement ce qu'elle craignait: un coup de froid. Qu'elle se plaigne au moins pour quelque chose.
Collaborateur du Devoir
De fait, à chaque fois qu'elle en remettait, c'est le courant entre le public et elle qui passait moins. Comme si elle se révélait dans la vie aussi portée à gémir sur son sort que dans ses chansons. En moins charmant. Même que ça rendait les airs si doucement plaintifs de son album éponyme un peu énervants, tellement elle en allongeait sur scène les vocalises huhulantes. D'envoûtante, Dans la chaleur des nuits de pleine lune devenait complaisante. Larmes, de touchante, devenaitfranchement larmoyante.
Fallait bien remplir le vide, qui apparaissait curieusement plus grand dans le petit Lion D'Or que sur l'immense scène extérieure des FrancoFolies, où la même Pauline Croze, avec un seul guitariste d'appoint, avait eu l'excuse évidente et la palme du courage en août dernier. Bien sûr que ses chansons étaient déficitaires dans un tel contexte.
Déficitaires, les Je suis floue, Femme fossile et autres M'en voulez-vous l'étaient plus encore cette fois-ci, malgré un percussionniste qui se démenait comme deux, des programmations et de l'écho en masse. On comprenait que, sur le disque, ce sont les arrangements à la fois bruts et inventifs qui avaient séduit, bien plus que les mélodies, plutôt répétitives. Mélodies que les miaulements d'hier ne parvenaient pas à sauver de l'ennui. Hier, même La Javanaise de Gainsbourg semblait geignarde. À la fin, tiens, on souhaitait à la chanteuse très exactement ce qu'elle craignait: un coup de froid. Qu'elle se plaigne au moins pour quelque chose.
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