Une onzième saison blues - Un cru exceptionnel au Campus
La programmation de cette année ne souffre d'aucun manque
Affirmons-le d'emblée: la onzième saison blues du Café Campus s'annonce comme l'une des plus palpitantes des récentes années. Le travail accompli par le responsable de la programmation, Laurier Gagnon, doit être salué deux fois plutôt qu'une. Car toutes les tendances, tous les styles qui font le blues, qui le démarquent des autres musiques, ont été rassemblés.
Les porte-parole du blues de Chicago seront là comme le seront aussi ceux qui défendent les couleurs californiennes du genre. Les artisans appréciant les grandes heures de Louis Jordan ou de T-Bone Walker alterneront avec ceux cultivant l'affection pour la «grosse ouvrage», alors que les représentants des ralentis texans prendront le relais de ceux qui cisèlent le blues de La Nouvelle-Orléans, le blues vaudou. Bref, cette programmation ne souffre d'aucun manque, d'aucune absence, à moins d'être un fada des gros noms, des grosses vedettes qui diluent le genre dans l'épaisseur du middle of the road.
Pour donner le coup d'envoi à cette fiesta, Laurier Gagnon a fait appel à Magic Slim. Il a invité un classique du genre ou, plus exactement, un musicien qui est aujourd'hui l'un des derniers à symboliser ce sillon que Muddy Waters, Magic Sam ou Elmore James ont creusé en leur temps. Comme eux, il est né au Mississippi. Comme eux, il a galéré avant de s'arrêter à Chicago.
De son vrai nom Morris Holt, il s'est fait connaître au début des années 60 par son inclination pour un style lourd et râpeux. Chez lui, il n'y a point de fioritures, point d'effets de manche. Tout doit toujours se conjuguer avec l'essentiel. Mettons qu'il préfère l'élagage au bavardage. Il est dans le droit fil de Magic Sam, du South Side de Chicago, réputé être le quartier d'où sont bannis ceux qui font dans la dentelle.
Toujours est-il qu'après avoir fait alterner quotidiennement les petits boulots sur les chantiers de construction et les prestations dans les joints de Chicago, Magic Slim s'est fait connaître au delà des frontières lors de la parution de l'extraordinaire série Living The Chicago Blues sur étiquette Alligator. Ceux et celles qui ont écouté ces quatre albums se souviendront certainement du morceau intitulé Spider In My Stew. C'était évidemment de Magic Slim et de son groupe, The Teardrops.
Depuis lors, depuis 1978, il n'arrête pas de tourner et d'endisquer, surtout pour l'étiquette Blind Pig. Au fil du temps, et sans crier gare, Magic Slim est devenu la figure de proue, avec trois ou quatre musiciens de sa génération, du style Chicago. Il est un des derniers corsaires de ce genre que des milliers de jeunes ont piraté. Ce soir au Campus à compter de 20h30.
La semaine prochaine s'annonce aussi prometteuse. Long John Hunter, un vieux de la vieille qui a écumé la frontière entre le Texas et le Mexique pendant trois décennies, prendra possession de la scène. Il sera suivi de Bryan Lee, qui profitera de son passage pour lancer son nouvel album produit par Duke Robillard. Suivront Rusty Zinn & The Dynatones, Junior Watson, Duke Robillard, Rod Piazza, Coco Montoya, Willie Big Eyes Smith et... Duke Robillard, ainsi que d'autres qu'on oublie. On y reviendra.
Les porte-parole du blues de Chicago seront là comme le seront aussi ceux qui défendent les couleurs californiennes du genre. Les artisans appréciant les grandes heures de Louis Jordan ou de T-Bone Walker alterneront avec ceux cultivant l'affection pour la «grosse ouvrage», alors que les représentants des ralentis texans prendront le relais de ceux qui cisèlent le blues de La Nouvelle-Orléans, le blues vaudou. Bref, cette programmation ne souffre d'aucun manque, d'aucune absence, à moins d'être un fada des gros noms, des grosses vedettes qui diluent le genre dans l'épaisseur du middle of the road.
Pour donner le coup d'envoi à cette fiesta, Laurier Gagnon a fait appel à Magic Slim. Il a invité un classique du genre ou, plus exactement, un musicien qui est aujourd'hui l'un des derniers à symboliser ce sillon que Muddy Waters, Magic Sam ou Elmore James ont creusé en leur temps. Comme eux, il est né au Mississippi. Comme eux, il a galéré avant de s'arrêter à Chicago.
De son vrai nom Morris Holt, il s'est fait connaître au début des années 60 par son inclination pour un style lourd et râpeux. Chez lui, il n'y a point de fioritures, point d'effets de manche. Tout doit toujours se conjuguer avec l'essentiel. Mettons qu'il préfère l'élagage au bavardage. Il est dans le droit fil de Magic Sam, du South Side de Chicago, réputé être le quartier d'où sont bannis ceux qui font dans la dentelle.
Toujours est-il qu'après avoir fait alterner quotidiennement les petits boulots sur les chantiers de construction et les prestations dans les joints de Chicago, Magic Slim s'est fait connaître au delà des frontières lors de la parution de l'extraordinaire série Living The Chicago Blues sur étiquette Alligator. Ceux et celles qui ont écouté ces quatre albums se souviendront certainement du morceau intitulé Spider In My Stew. C'était évidemment de Magic Slim et de son groupe, The Teardrops.
Depuis lors, depuis 1978, il n'arrête pas de tourner et d'endisquer, surtout pour l'étiquette Blind Pig. Au fil du temps, et sans crier gare, Magic Slim est devenu la figure de proue, avec trois ou quatre musiciens de sa génération, du style Chicago. Il est un des derniers corsaires de ce genre que des milliers de jeunes ont piraté. Ce soir au Campus à compter de 20h30.
La semaine prochaine s'annonce aussi prometteuse. Long John Hunter, un vieux de la vieille qui a écumé la frontière entre le Texas et le Mexique pendant trois décennies, prendra possession de la scène. Il sera suivi de Bryan Lee, qui profitera de son passage pour lancer son nouvel album produit par Duke Robillard. Suivront Rusty Zinn & The Dynatones, Junior Watson, Duke Robillard, Rod Piazza, Coco Montoya, Willie Big Eyes Smith et... Duke Robillard, ainsi que d'autres qu'on oublie. On y reviendra.
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