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Musique - Le MP3 c'est bien, mais le CD c'est mieux!

L'industrie de la musique se remet tout juste de quatre années de crise dues au déclin des ventes de disques compacts

26 septembre 2009 21h28  Musique
Si la part de ventes de chansons en format numérique progresse, les supports physiques (CD, DVD) représentent encore au moins 95 % voire 98 % du chiffre d’affaires des grands labels.
Photo : Pascal Ratthé
Si la part de ventes de chansons en format numérique progresse, les supports physiques (CD, DVD) représentent encore au moins 95 % voire 98 % du chiffre d’affaires des grands labels.
New York — «La musique est ma principale drogue. J'aime fouiner dans les magasins». Dillion Andrews, 33 ans, est à lui seul une raison d'espérer pour l'industrie de la musique, qui se remet tout juste de quatre années de crise dues au déclin des ventes de CD.

Pour ce New-Yorkais, né de parents originaires de Trinidad et Tobago, employé comme technicien par un opérateur téléphonique, il n'est pas question de télécharger en ligne.

«Je travaille dans le son. Je n'aime pas vraiment celui des fichiers MP3. Je préfère avoir le CD, voir comment il a été enregistré», affirme Dillion, dans les rayons d'une multinationale de la distribution de musique, en plein coeur de Manhattan.

Ses goûts sont éclectiques. Ce jour-là, il ressort avec un album de Big Youth (reggae), le dernier Beck (pop) et un documentaire en DVD sur Robert Moog, musicien new-yorkais qui a donné son nom à des synthétiseurs.

«J'adore tout simplement la musique. C'est ma principale drogue», poursuit-il dans un éclat de rire, en précisant acheter en moyenne cinq CD chaque mois.

«J'aime en fait le principe même de regarder et de fouiner. Les magasins de livres et de disques sont des endroits où je passe beaucoup de temps, j'y fais l'équivalent de voyages».

Dillion ressemblerait presque au client rêvé, à la fois pour les maisons de disques, et pour les grands distributeurs, qui profitent de leur surface de vente et des volumes écoulés pour multiplier les promotions séduisantes.

Pour sa part, Will, 30 ans, qui préfère taire son nom, n'«aime pas ce type de magasins». Ce jeune enseignant à l'université y vient pour les fonds de catalogues qui peuvent receler des raretés, mais préfère en général les petites boutiques mieux fournies en labels indépendants. Il achète, dit-il, «dix disques par mois», CD et vinyles confondus.

Selon les derniers résultats des plus grands labels, si la part de ventes de chansons en format numérique progresse, les supports physiques (CD, DVD) représentent encore au moins 95 % voire 98 % du chiffre d'affaires. D'où l'intérêt de choyer des clients comme Dillion ou Will, prêts à dépenser beaucoup dans le disque.

Dans l'East Village, un quartier encore un peu bohème de Manhattan, un petit disquaire spécialisé dans l'occasion s'insurge contre la consolidation croissante du marché aux mains de quelques-uns, et ses conséquences néfastes selon lui en terme de création musicale.

«Quatre groupes contrôlent le marché [les «majors» Universal Music, Sony-BMG, EMI et Warner] et pour le petit gars qui veut faire son CD ça n'est plus facile du tout», lance ce sexagénaire, ex-courtier de Wall Street, refusant de dire son nom. «Avant, vendre 500 000 exemplaires était jugé bon. Aujourd'hui, à 250 000 exemplaires, ils vous lâchent!».

Pessimiste, ce petit commerçant estime que «le marché de la musique est en déclin».

Pourtant, d'après les experts, même le marché des supports physiques est en phase de stabilisation après quatre ans de déclin, grâce notamment au succès des supports alliant son et vidéo comme le DVD musical, très en vogue aux États-Unis.

Côté marges bénéficiaires, l'embellie est due aussi aux réductions de coûts, à coups de nombreuses suppressions d'emplois et de moindres budgets alloués au développement de nouveaux artistes.

Warner Music, coté à New York depuis mai, a annoncé cette semaine être revenu dans le vert lors des trois premiers mois de l'année, avec un bénéfice net de quatre millions de dollars.

Le grand rival Universal Music, filiale du français Vivendi, a vu son résultat d'exploitation atteindre 54 millions $CAN, contre une perte de 16,5 millions au premier trimestre 2004.

Avec le DVD, le téléchargement numérique est considéré par tous comme l'autre vecteur du redressement. Mais ils ne sont «ni l'un ni l'autre un format de remplacement» du CD, notait récemment la banque Citigroup.
 
 
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