Spectacle - Desjardins chauffe l'Olympia
Le chantre de Rouyn accueilli dans le temple français de la chanson
Photo : Jacques Nadeau
Hier, à l’Olympia de Paris, Richard Desjardins a illustré toutes les facettes de son art devant un public conquis.
Paris — Pour Richard Desjardins, Paris affichait quatre degrés en dessous de zéro au thermomètre et un beau ciel du nord. Ce fut probablement la journée la plus froide de l'hiver. On avait même «amené pour la première fois un orignal à l'Olympia», a ironisé le chanteur.
C'est un public conquis qui a accueilli hier soir Richard Desjardins pour son premier et unique spectacle dans le temple parisien de la chanson. Après trois chansons fort bien interprétées par la chanteuse acadienne Marie-Jo Thériault, le chanteur est monté sur scène avec ses quatre musiciens sous les applaudissements d'une salle déjà surchauffée. Le public comprenait des Québécois, mais surtout des admirateurs français de Richard Desjardins, une tribu peu nombreuse mais généralement composée d'inconditionnels.
Le chantre de Val-d'Or leur a offert un spectacle peaufiné reprenant les chansons de l'album Kanasuta, qui sort cette semaine en France, ainsi que quelques succès plus anciens. Un spectacle sobre construit en crescendo dont les seules fausses notes, s'il fallait en trouver, furent les improvisations baroques de la première partie qui enterraient souvent la voix du chanteur. Mais, dès que les musiciens ont cessé d'occuper le devant de la scène pour laisser la parole au poète, l'Olympia a soudain revêtu des allures d'auditorium de Rouyn.
Desjardins a illustré toutes les facettes de son art: souvent tragique, parfois fantaisiste, toujours juste. Visiblement plus en forme à la fin du spectacle qu'au début, il a multiplié les allusions politiques: de la «positive attitude» du premier ministre Raffarin au président Chirac «obligé de demeurer président pour ne pas aller en taule», en passant évidemment par l'ancien premier ministre Alain Juppé qui doit venir enseigner à nos ministres à «détourner des fonds publics».
Il n'est pas donné à tous les Québécois de faire l'Olympia. À l'exception notable de Robert Charlebois, la scène a le plus souvent été réservée ces dernières années à ceux que les critiques français ont fini par surnommer ironiquement les «chanteurs à voix venus du Québec». Beaucoup de cordes vocales et peu de textes, telle semblait être la recette pour gagner le privilège de fouler les planches de la célèbre salle du boulevard des Capucines.
Richard Desjardins est donc l'exception qui confirme la règle. À tous points de vue, le spectacle d'hier était en quelque sorte une consécration. Il a été précédé d'une surprenante campagne de presse. Les critiques français considèrent depuis un certain temps déjà Richard Desjardins comme un grand de la chanson. Cette fois, il n'y a pas un quotidien, pas un magazine, qui n'ait encensé son dernier disque, Kanasuta, qui sort en même temps qu'une compilation de ses plus grands succès.
L'unique représentation d'hier avait d'ailleurs pour but de tenter de faire sortir le chanteur du circuit relativement marginal qui a été le sien depuis plusieurs années. À l'exception de Quand j'aime une fois j'aime pour toujours interprété dans les années 90 par Francis Cabrel, Desjardins reste encore en France «un secret bien gardé», écrivait cette semaine le quotidien Le Parisien.
Cela ne l'empêche pas de faire des tournées presque chaque année et de recevoir chaque fois des critiques dithyrambiques souvent agrémentées des traditionnels clichés qui le peignent en bûcheron et en coureur des bois.
Mais, il y a longtemps que Richard Desjardins ne s'en fait plus pour si peu. «Si Léo Férré devait avoir un héritier, ce serait lui», écrivait cette semaine Hélène Hazéra dans l'Humanité.
Après deux rappels et autant d'ovations, visiblement ému, c'est les larmes aux yeux que Desjardins a dit merci au public de l'Olympia.
C'est un public conquis qui a accueilli hier soir Richard Desjardins pour son premier et unique spectacle dans le temple parisien de la chanson. Après trois chansons fort bien interprétées par la chanteuse acadienne Marie-Jo Thériault, le chanteur est monté sur scène avec ses quatre musiciens sous les applaudissements d'une salle déjà surchauffée. Le public comprenait des Québécois, mais surtout des admirateurs français de Richard Desjardins, une tribu peu nombreuse mais généralement composée d'inconditionnels.
Le chantre de Val-d'Or leur a offert un spectacle peaufiné reprenant les chansons de l'album Kanasuta, qui sort cette semaine en France, ainsi que quelques succès plus anciens. Un spectacle sobre construit en crescendo dont les seules fausses notes, s'il fallait en trouver, furent les improvisations baroques de la première partie qui enterraient souvent la voix du chanteur. Mais, dès que les musiciens ont cessé d'occuper le devant de la scène pour laisser la parole au poète, l'Olympia a soudain revêtu des allures d'auditorium de Rouyn.
Desjardins a illustré toutes les facettes de son art: souvent tragique, parfois fantaisiste, toujours juste. Visiblement plus en forme à la fin du spectacle qu'au début, il a multiplié les allusions politiques: de la «positive attitude» du premier ministre Raffarin au président Chirac «obligé de demeurer président pour ne pas aller en taule», en passant évidemment par l'ancien premier ministre Alain Juppé qui doit venir enseigner à nos ministres à «détourner des fonds publics».
Il n'est pas donné à tous les Québécois de faire l'Olympia. À l'exception notable de Robert Charlebois, la scène a le plus souvent été réservée ces dernières années à ceux que les critiques français ont fini par surnommer ironiquement les «chanteurs à voix venus du Québec». Beaucoup de cordes vocales et peu de textes, telle semblait être la recette pour gagner le privilège de fouler les planches de la célèbre salle du boulevard des Capucines.
Richard Desjardins est donc l'exception qui confirme la règle. À tous points de vue, le spectacle d'hier était en quelque sorte une consécration. Il a été précédé d'une surprenante campagne de presse. Les critiques français considèrent depuis un certain temps déjà Richard Desjardins comme un grand de la chanson. Cette fois, il n'y a pas un quotidien, pas un magazine, qui n'ait encensé son dernier disque, Kanasuta, qui sort en même temps qu'une compilation de ses plus grands succès.
L'unique représentation d'hier avait d'ailleurs pour but de tenter de faire sortir le chanteur du circuit relativement marginal qui a été le sien depuis plusieurs années. À l'exception de Quand j'aime une fois j'aime pour toujours interprété dans les années 90 par Francis Cabrel, Desjardins reste encore en France «un secret bien gardé», écrivait cette semaine le quotidien Le Parisien.
Cela ne l'empêche pas de faire des tournées presque chaque année et de recevoir chaque fois des critiques dithyrambiques souvent agrémentées des traditionnels clichés qui le peignent en bûcheron et en coureur des bois.
Mais, il y a longtemps que Richard Desjardins ne s'en fait plus pour si peu. «Si Léo Férré devait avoir un héritier, ce serait lui», écrivait cette semaine Hélène Hazéra dans l'Humanité.
Après deux rappels et autant d'ovations, visiblement ému, c'est les larmes aux yeux que Desjardins a dit merci au public de l'Olympia.
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