Le party des Loco Locass - Marathon loquace
Finalement, la grande messe promise par Loco Locass a bel et bien eu lieu, samedi au Métropolis. Ce ne fut toutefois pas sans heurts: une première partie en dents de scie, mais une finale à couper le souffle où l'on a retrouvé les Loco Locass incisifs. La soirée aura été haute en rythmes, forte en gueule, malgré de nombreuses ruptures dans son déroulement. L'aventure terminée, Loco Locass tire sa révérence, le temps de composer un nouvel album.
À l'ouverture, Pierre Falardeau a vilipendé ceux qui s'en sont pris (Libman et Martineau, des cibles faciles) à un Lionel Groulx accusé d'antisémitisme, par ceux qui apparemment ne l'ont pas réellement lu. Avec les gros sabots qu'on lui connaît, repassant les poncifs du nationalisme de base, Falardeau a dit n'attendre que le party de l'indépendance pour laisser sa place à des dizaines et des dizaines de petits chapeaux, des capines bleues et blanches, en forme de fleur de lys.
Ce casques mous sont ceux que portaient plusieurs invités venus danser sur scène au moment de l'arrivée des Loco Locass. Les sociologues nous diront un jour si Loco Locass aura su éveiller les consciences. Pour l'instant, un de leurs legs pourrait bien être cette mode des petits chapeaux ridicules. Triste constat: si la liberté n'est pas une marque de yogourt, comme l'a autrefois soutenu Falardeau, elle se vend tout de même en ta... Le chapeau à fleurs de lys, autrefois signe distinctif du trio des fous qui jacassent, s'est finalement transformé en produit dérivé, disponible en quantité lors du concert.
Passé cet irritant, Biz, Chafiik et Batlam s'en sont permis en rapprochant dans une même pièce Mario Dumont et George W. Bush, en rappelant à la mémoire le Zola de J'accuse, puis en égrenant les apparitions des invités, dont Kra-Z-Noize, la table tournante humaine, le jeune rappeur Séba, qu'on avait du mal à suivre, Alain Lamontagne, puis Urbain Desbois, qui est venu faire l'irrésistible Le Pain. Falardeau, comme un mal nécessaire, est revenu, avant une nouvelle pièce Bobébébéluga. Jusque-là, la rencontre souhaitée entre les styles, entre le texte parlé et le texte musical n'avait donné qu'une série de hauts et de bas: le verbe acerbe de Loco Locass tergiverse lorsqu'il ne va pas droit au but.
In Vivo
À l'entracte, In Vivo au Spectrum nous appelait, mais notre intention était ferme de revenir à ce marathon. Les Français n'auront pas été choyés. Soir de pluie vendredi, moins de cent spectateurs samedi. Pourtant, leur prestation, même si nous ne sommes restés que cinq morceaux, tient de la révélation. In Vivo, c'est la fusion métal à son meilleur, avec la preuve que le genre peut encore être inventif, dur et souple à la fois. In Vivo est une grosse mesure au-dessus de tout ce qu'on connaît dans le genre. Époustouflant et conscient que des limites doivent être dépassées. Vivement qu'ils reviennent.
Loco Locass suite et fin
Retour au Métropolis. Après avoir raté Fred Fortin et Zuruba, tout juste avant Médiatribes, nos craintes d'un spectacle sans cadence se sont évanouies. En route vers les plus grands succès du groupe, l'énergie n'est jamais redescendue, notamment grâce à Freeworm et aux percussions des frères Diouf. Langage-toi, Sheila, ch'us là (mémorable de compulsions rythmiques), suivie de Mononc' Serge et de son à propos Canada is not my country: la finale s'annonçait torride. Plus aucun doute ne subsistait, la soirée était passée de grandiloquente à grandiose.
Plusieurs se demandaient si les Loco Locass allaient se fatiguer. Après que plus de cinquante musiciens eurent défilé sur scène, après que des milliers d'images eurent fait de même sur les écrans de télé, disséminés partout, et celui, immense, installé sur scène (et dans lequel on n'y voyait qu dalle en raison des éclairages), après plus de 3h30 de musique, la soirée s'est conclue. Un «à la prochaine tout lévesquien», s'est exclamé Biz.
Sans attendre que la foule ne lui demande un second rappel (le premier était composé de L'Assaut, de L'Émancipation (une nouveauté qui aurait pu s'intituler Indépendance) et de I Represent rien pantoute), Loco Locass est revenu, exalté, pour faire un Hommage à Rio en l'honneur du disparu Jean-Paul Riopelle, de qui L'Hommage à Rosa Luxemburg défilait à l'écran. Influence de Freeworm, qui est venu saupoudrer sa drum'n'bass délirante au fil de la soirée? La pièce est résolument techno. Est-ce là le suc de la prochaine galette Loco Locass? Reste à voir. En attendant, telle une procession, les tam-tams de Zuruba sont venus nous reconduire jusqu'à la porte du Métropolis. Loco Locass peut aller se reposer.
À l'ouverture, Pierre Falardeau a vilipendé ceux qui s'en sont pris (Libman et Martineau, des cibles faciles) à un Lionel Groulx accusé d'antisémitisme, par ceux qui apparemment ne l'ont pas réellement lu. Avec les gros sabots qu'on lui connaît, repassant les poncifs du nationalisme de base, Falardeau a dit n'attendre que le party de l'indépendance pour laisser sa place à des dizaines et des dizaines de petits chapeaux, des capines bleues et blanches, en forme de fleur de lys.
Ce casques mous sont ceux que portaient plusieurs invités venus danser sur scène au moment de l'arrivée des Loco Locass. Les sociologues nous diront un jour si Loco Locass aura su éveiller les consciences. Pour l'instant, un de leurs legs pourrait bien être cette mode des petits chapeaux ridicules. Triste constat: si la liberté n'est pas une marque de yogourt, comme l'a autrefois soutenu Falardeau, elle se vend tout de même en ta... Le chapeau à fleurs de lys, autrefois signe distinctif du trio des fous qui jacassent, s'est finalement transformé en produit dérivé, disponible en quantité lors du concert.
Passé cet irritant, Biz, Chafiik et Batlam s'en sont permis en rapprochant dans une même pièce Mario Dumont et George W. Bush, en rappelant à la mémoire le Zola de J'accuse, puis en égrenant les apparitions des invités, dont Kra-Z-Noize, la table tournante humaine, le jeune rappeur Séba, qu'on avait du mal à suivre, Alain Lamontagne, puis Urbain Desbois, qui est venu faire l'irrésistible Le Pain. Falardeau, comme un mal nécessaire, est revenu, avant une nouvelle pièce Bobébébéluga. Jusque-là, la rencontre souhaitée entre les styles, entre le texte parlé et le texte musical n'avait donné qu'une série de hauts et de bas: le verbe acerbe de Loco Locass tergiverse lorsqu'il ne va pas droit au but.
In Vivo
À l'entracte, In Vivo au Spectrum nous appelait, mais notre intention était ferme de revenir à ce marathon. Les Français n'auront pas été choyés. Soir de pluie vendredi, moins de cent spectateurs samedi. Pourtant, leur prestation, même si nous ne sommes restés que cinq morceaux, tient de la révélation. In Vivo, c'est la fusion métal à son meilleur, avec la preuve que le genre peut encore être inventif, dur et souple à la fois. In Vivo est une grosse mesure au-dessus de tout ce qu'on connaît dans le genre. Époustouflant et conscient que des limites doivent être dépassées. Vivement qu'ils reviennent.
Loco Locass suite et fin
Retour au Métropolis. Après avoir raté Fred Fortin et Zuruba, tout juste avant Médiatribes, nos craintes d'un spectacle sans cadence se sont évanouies. En route vers les plus grands succès du groupe, l'énergie n'est jamais redescendue, notamment grâce à Freeworm et aux percussions des frères Diouf. Langage-toi, Sheila, ch'us là (mémorable de compulsions rythmiques), suivie de Mononc' Serge et de son à propos Canada is not my country: la finale s'annonçait torride. Plus aucun doute ne subsistait, la soirée était passée de grandiloquente à grandiose.
Plusieurs se demandaient si les Loco Locass allaient se fatiguer. Après que plus de cinquante musiciens eurent défilé sur scène, après que des milliers d'images eurent fait de même sur les écrans de télé, disséminés partout, et celui, immense, installé sur scène (et dans lequel on n'y voyait qu dalle en raison des éclairages), après plus de 3h30 de musique, la soirée s'est conclue. Un «à la prochaine tout lévesquien», s'est exclamé Biz.
Sans attendre que la foule ne lui demande un second rappel (le premier était composé de L'Assaut, de L'Émancipation (une nouveauté qui aurait pu s'intituler Indépendance) et de I Represent rien pantoute), Loco Locass est revenu, exalté, pour faire un Hommage à Rio en l'honneur du disparu Jean-Paul Riopelle, de qui L'Hommage à Rosa Luxemburg défilait à l'écran. Influence de Freeworm, qui est venu saupoudrer sa drum'n'bass délirante au fil de la soirée? La pièce est résolument techno. Est-ce là le suc de la prochaine galette Loco Locass? Reste à voir. En attendant, telle une procession, les tam-tams de Zuruba sont venus nous reconduire jusqu'à la porte du Métropolis. Loco Locass peut aller se reposer.
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