Le lumineux Bernstein d’Andrew Wan

Andrew Wan
Photo: OSM Andrew Wan

Après avoir dirigé l’Orchestre de l’Université de Montréal en décembre à la salle Claude-Champagne, Kent Nagano était mardi soir à la tête de l’Orchestre symphonique de McGill, cette fois dans une Maison symphonique de Montréal bien garnie d’un public peu au fait des us et coutumes d’un concert classique, mais dont on peut espérer qu’il ira désormais voir plus souvent cet orchestre dans sa salle Pollack sous la direction de son merveilleux chef Alexis Hauser.

 

Le temps fort de ce rendez-vous de prestige a été la partie concerto : la rencontre d’Andrew Wan et Kent Nagano avec ces jeunes musiciens dans la Sérénade d’après Le banquet de Platon de Leonard Bernstein, et notamment ses mouvements 3 et 4, le fuyant Presto, Eryximaque, et le sublimement éthéré Adagio, Agathon. Wan, le Konzertmeister de l’OSM, a été instrumentalement impérial et encore plus éloquent que Liza Ferschtman en 2013 avec Ivan Fischer et l’Orchestre du Festival de Budapest, en tournée ici.

 

Dans Wagner comme dans Schumann, Kent Nagano a privilégié une approche directe, plutôt linéaire. L’Orchestre symphonique de McGill de 2018 n’est pas le plus grand millésime des dernières années. Cela le corniste de Siegfried-Idyll nous l’a signifié assez vite et d’autres nous l’ont rappelé dans Schumann. Mais l’esprit d’équipe a balayé bien des détails, surtout dans les tempos vifs du chef qui privilégiaient dans Schumann la carrure et l’aplomb sur la circulation des motifs sonores entre les pupitres qui aurait requis un travail de détail plus pointilleux et approfondi. Mais une lourde semaine attend le maestro avec une création et la Symphonie Titan mercredi et jeudi à l’OSM et un concert dans l’obscurité, vendredi.

Orchestre symphonique de McGill

Wagner : Siegfried-Idyll. Bernstein : Sérénade, d’après Le banquet de Platon. Schumann : Symphonie no 1, « Le printemps ». Andrew Wan (violon), Kent Nagano (direction). Maison symphonique de Montréal, mardi 13 février.