Amandine Beyer et Arion: une belle rencontre

C’était jeudi le premier concert au Québec de la violoniste baroque Amandine Beyer, bonne initiative à porter au crédit d’Arion.
Photo: François Sechet C’était jeudi le premier concert au Québec de la violoniste baroque Amandine Beyer, bonne initiative à porter au crédit d’Arion.

C’était jeudi le premier concert au Québec de la violoniste baroque Amandine Beyer, bonne initiative à porter au crédit d’Arion. Tant comme soliste que comme « leader » du groupe, Amandine Beyer s’est positivement imposée sans jamais tirer la couverture à elle.

La présence d’une violoniste solo très solide donne de l’assurance, une ossature sonore et du brillant à l’ensemble de l’orchestre. Ce gain est patent dès le Concerto grosso op. 5 no 6 de Dall’Abaco en ouverture de programme.

L’oeuvre de Veracini fournit le quota de notes impliquant la flûte, instrument joué notamment par la directrice artistique d’Arion. L’oeuvre est fort belle, avec un Finale étonnamment calme. Les choses vraiment sérieuses débutent cependant par la suite. Amandine Beyer explique l’introspection d’Albinoni et le côté « pop » de Benedetto Marcello. Elle enchaîne les deux, utilisant le mouvement lent d’Albinoni comme un portique d’entrée vers l’exubérante parution de Marcello qui expose, à nos dépens hélas, un solo de violoncelle dans le Finale.

Tout au long du parcours on admire l’intelligence de la composition et de l’agencement du programme. Les concerts à venir intégreront un concerto d’Alessandro Marcello et une Sonate à 4 de Gallo en supplément par rapport à la « formule express » du jeudi.

Une Introduction théâtrale de Locatelli, au clavecin subtilement perceptible, introduit enfin le chef-d’oeuvre de la soirée : le Concerto RV 278 de Vivaldi. Celui-ci culmine par son mouvement lent, qui ressemble à celui de l’Hiver des Quatre saisons, mais avec des modulations étranges et fantomatiques. On suggère à Amandine Beyer de faire attention dans le Finale à ne pas trop taper du pied sur la scène : ailleurs, cela peut passer plus ou moins inaperçu, mais à Bourgie, ça résonne beaucoup.

Bilan global heureux et positif.

Teatro alla moda

Dall’Abaco : Concerto grosso op. 5 no 5. Veracini : Ouverture pour deux flûtes et cordes no 6. Albinoni : Adagio du Concerto pour violon op. 10 no 5. B. Marcello : Concerto pour violon op. 1 no 9. Locatelli : Introduzione teatrale op. 4 no 2. Vivaldi : Concerto pour violon RV 278. Amandine Beyer (solo et direction), Arion. Salle Bourgie, jeudi 8 février. Reprises vendredi à 20 h, samedi à 16 h et dimanche à 14 h.