The Road Dissolved the View, Wharfer

Un an après le marquant Scenes of the Tourist, voilà son frère de route. Mais Kyle Wall (Wharfer) a pris une autre piste : il racle cette fois l’émotion et l’obscurité d’une main plus douce. Un velouté aérien est apparu, un léger film de silence parfois percé par une séquence brutale, sorte d’autodestruction temporaire (belle Deep Blue). Depuis ses limbes, car c’est là qu’il se trouve, entre fuite et résistance, Wharfer ressuscite sa voix caverneuse à la diction ambiguë, fabriquant des mélodies comme on laisserait un fil au vent. Piano et guitare dominent, tranquillement et librement visités par un harmonica, de l’orgue, des percussions, des effets, tous de sa main. Ses textes majestueusement complexes, où on le sent devenu point de mire, sont si incarnés qu’ils voyagent jusqu’à l’os. Ce qu’exprime Wharfer, c’est une douleur et un doute irradiants, mais aussi la beauté qu’ils supposent, fut-elle en miettes. Voilà une lecture juste et obsédante d’un coeur humain froid laissé un peu au soleil, un coeur disant : voilà, c’est cela, vivre.
 

The Road Dissolved the View

★★★★
Alt folk

Wharfer, Indépendant