oh my, NADINE

Il peut y avoir, dans l’étrangeté, un charme irrésistible. C’est ce que réussit le trio NADINE, où sont réunis pour la première fois sous un même chapeau les musiciens américains Nadia Hulett (Phantom Posse), Carlos Hernandez et Julian Fader (tous deux d’Ava Luna). Leur manière expérimentale — mélodies éléphants, sons inattendus, rythmes ronds et fantaisies de boudoir — fait un judicieux usage de synth-pop, de R&B, de lounge-jazz et d’un soul-folk discret, surtout incarné par la très belle That Neon Sign. La voix de Nadia Hulett dirige ce mini-orchestre légèrement déviant avec puissance, tout en fluctuations, comme pour épouser chaque changement de cap. Sa poésie dramatique et théâtrale rappelle par moments Natalie Prass, en moins empesé. Sommes-nous dans la doublure d’un manteau de fourrure glissé dans un mystérieux cabaret ? L’album oh my n’est ni trop raide ni trop doux et parle intelligemment des aléas de la vie au XXIe siècle. Un premier élan, bref, qui appuie avec doigté sur les boutons « curiosité » et « sensibilité ».
 

oh my

★★★ 1/2
Indie pop

NADINE, Father/Daughter Records