Écoute en ligne: les créateurs récoltent en moyenne 38,72$ l’an

La SOCAN souligne que le secteur de la diffusion en continu sur le Web est en progression, les revenus en étant issus ayant augmenté de 46% dans les douze derniers mois.
Photo: Sascha Kohlmann / CC La SOCAN souligne que le secteur de la diffusion en continu sur le Web est en progression, les revenus en étant issus ayant augmenté de 46% dans les douze derniers mois.

La SOCAN a peut-être engrangé des revenus records en 2017, mais elle s’impose toutefois « une importante dose de réalisme », selon son chef de la direction, Éric Baptiste. C’est que les redevances perçues d’Internet ont beau avoir augmenté de 46 % en un an, les créateurs n’ont reçu en moyenne que 38,72 $ en provenance du streaming l’année dernière, affirme la société de gestion des droits d’auteur.

 

Dans son communiqué, la SOCAN souligne que le secteur de la diffusion en continu sur le Web est en progression, les revenus en étant issus ayant augmenté de 46 % dans les douze derniers mois. Au total, elle a perçu 49,4 millions dans ce secteur.

 

Mais du même souffle, l’organisme se désole du montant famélique reçu par les musiciens en provenance des Spotify, Netflix et autres Apple Music.

 

La chef des affaires du Québec à la SOCAN, Geneviève Côté, souligne que ce montant de 38,72 $ par an est une moyenne par créateur, excluant les éditeurs. « Évidemment, pas besoin d’avoir la tête à Papineau pour savoir que Drake ou The Weeknd n’ont pas fait 38,72 $ de leurs revenus en streaming. Alors, on peut imaginer qu’il y a beaucoup de monde qui doit faire 10 sous », lance-t-elle.

 

Geneviève Côté, qui est en poste depuis quatre ans, a par le passé appelé ses membres à la patience quant à la diffusion en continu de la musique. « Là, le marché commence à être développé, et le résultat est quand même de 38,72 $ en moyenne. On est obligés de dire qu’il doit y avoir quelque chose qui change. »

 

Le chef de la direction de la SOCAN, Éric Baptiste, a estimé dans le communiqué que « si nous souhaitons que les créations musicales originales survivent ou s’épanouissent au Canada, la rémunération liée à la musique numérique doit être corrigée afin d’être proportionnelle à la contribution des créateurs et éditeurs de musique ».

 

Geneviève Côté rappelle que les ministres fédéraux Mélanie Joly et Navdeep Bains ont dit en décembre qu’ils comptaient revoir la Loi sur le droit d’auteur. « Il faut que les tarifs changent. Il faudra qu’on tienne compte de la valeur de la musique, qui est, disons-le, la matière première de la plupart de ces plateformes » de streaming.

 

La SOCAN, qui compte quelque 150 000 membres au pays, a par ailleurs annoncé des revenus des droits d’exécution publique records, qui ont atteint plus de 350 millions en 2017. Le montant représente une hausse de 6,4 % par rapport à 2016.

 

L’organisme sert d’intermédiaire entre les créateurs et tous les joueurs se servant de leur musique, que ce soit les médias traditionnels comme la radio, les plateformes en ligne ou les compagnies diffusant de la musique en fond sonore.

1 commentaire
  • Loïc Haméon - Abonné 1 février 2018 19 h 51

    Argument vide faute de divulgation de statistiques

    S'il y a un problème de rémunération pour l'écoute en ligne, ce n'est pas l'information fournie par cet article qui permet de l'établir. On ne nous fournit aucune donnée permettant d'évaluer l'ampleur de l'injustice présumée.
    Quel est l'ordre de grandeur de cette rémunération supérieure des "Drake et TheWeeknd"?
    1 000 $? 10 000 $? 500 000 $?

    Et quel nombre d'écoutes génèrent ces artistes qui reçoivent 10¢? Quelle proportion des artistes de la SOCAN génèrent un nombre négligeable d'écoutes?

    Comment se répartit la production musicale entre les 150 000 $ membres de l'organisme? S'il y en a 100 000 sur le tas qui ont produit un seul CD dans leur vie, qui a été écouté deux fois en ligne pendant l'année, c'est sûr qu'il faut pas s'attendre à ce que la rémunération soit faramineuse. Évidemment on se doute que ce n'est pas le cas, mais il reste qu'on ne nous donne pas les données pour en juger.

    Il ne s'agit pas non plus de dire que les artistes qui ne suscitent pas le même niveau d'intérêt n'ont pas le droit de gagner leur vie, mais à ce moment là le débat concerne moins le taux de redevance des écoutes en ligne que l'organisation de l'industrie musicale dans son ensemble et la répartition des redevances perçues.

    Pour mettre le public du bord des artistes, faudrait commencer par leur fournir l'information nécessaire.

    C'est bien beau de dire qu'il faut que la rémunération soit proportionnelle à la contribution des artistes, mais il faudrait nous montrer que ce n'est pas le cas actuellement.