«Il faut plus de souplesse» pour les petits lieux de diffusion

L’événement musical se déroule principalement sur l’avenue du Mont-Royal, dans le Plateau du même nom, à Montréal.
Photo: Annik MH de Carufel le Devoir L’événement musical se déroule principalement sur l’avenue du Mont-Royal, dans le Plateau du même nom, à Montréal.

La 3e édition du Taverne Tour a beau offrir quelque 45 spectacles donnés dans une quinzaine de bars et salles de spectacle, le cofondateur de l’événement Pierre Thibault s’inquiète de voir les décideurs mettre trop de bâtons dans les roues des lieux de diffusion musicaux, et espère « plus de souplesse » dans l’application des règles.

Le Taverne Tour se déroule principalement sur l’avenue du Mont-Royal, dans le Plateau du même nom, ainsi que dans quelques salles sur Saint-Denis et Saint-Laurent. Et comme l’événement musical qui s’étire du 31 janvier au 3 février est financé en grande partie par la Société de développement de l’avenue du Mont-Royal, ce sont au fond les commerçants de l’artère qui souhaitent voir poindre les mélomanes.

« Et je me disais qu’il y avait de quoi à faire l’hiver, parce que ce n’est pas l’été le problème des commerçants, avec le tourisme qu’il y a maintenant sur le Plateau et l’avenue, mais c’est l’hiver », raconte Pierre Thibault, qui était des défunts Coup de grâce de Saint-Prime et L’Autre Saint-Jean, et qui est maintenant parmi les patrons de la Taverne Saint-Sacrement.

Et parmi ces commerçants, il y a plusieurs bars à portée culturelle et petites salles, pour lesquels Pierre Thibault s’inquiète, dans la foulée de la fin annoncée du Divan orange — affaibli par des amendes salées pour bruit excessif provenant de plaignants quérulents — et du Cercle à Québec.

« Il faut plus de souplesse dans l’application des règlements, dit Thibault, aussi de l’équipe de programmation du FME à Rouyn-Noranda. C’est inquiétant de voir un Divan orange disparaître en raison des normes implantées par l’arrondissement pour le bruit. Si tu vas à Barcelone, sur la Ramblas, partout dans les grandes villes du monde, ça brasse pas mal plus qu’ici. »

Parmi les lieux où se déroule l’événement, on compte le O Patro Vys, le Pub West Shefford, Le Verre bouteille et le Boswell.

Le Taverne Tour, admet Pierre Thibault, n’a pas eu de mal avec l’arrondissement. « Mais on marche sur des oeufs quand même, on fait attention à l’achalandage en salle et au bruit, même si des fois on finit un peu après 23 h. Il ne faut pas jouer avec le feu. »

Il reste qu’il aimerait que l’avenue du Mont-Royal, pendant son Taverne Tour, devienne un genre de Bourbon Street à La Nouvelle-Orléans. Il souhaite aussi que, dans le futur, les sociétés de développement de la rue Saint-Denis et du boulevard Saint-Laurent embarquent dans la parade.

« J’espère qu’il y a encore place dans notre société pour l’expression culturelle, dit Pierre Thibault. C’est ce qui me motive à le faire, de voir qu’en plein hiver on va avoir 45 spectacles, 250 artistes, des États-Unis, de Montréal, de Toronto, qui vont tous se promener sur la même strip ou à peu près, pour faire de la musique indie. Ca prend encore ça dans n’importe quelle ville qui se respecte. »

Sur les planches

Le Taverne Tour est en progression depuis sa fondation en 2016, le nombre de concerts augmentant, tout comme le nombre de festivaliers qui achètent des billets.

« L’an passé, il y avait quoi, 31 shows ? Là, on en a rajouté une quinzaine, affirme Pierre Thibault. Si tout va bien cette année, avec une moyenne de 125 à 150 personnes par show, on pourrait avoir jusqu’à 6000 personnes en salle. Et le modèle qu’on voit à moyen terme, c’est 50 shows en 4 jours. On est pratiquement rendu à notre squelette définitif. »

Sa programmation 2018 est en partie portée par des vétérans de la scène alternative d’ici, comme Mara Tremblay et Fred Fortin, dont les spectacles sont déjà complets.

« J’aime qu’il y ait nos pionniers de l’indie québécois, et c’est grâce à ça qu’on peut placer des bands comme Teke Teke et Dunes. Il y a beaucoup de découvertes à faire. »

Quelques spectacles à souligner

Galaxie lance son album Super Lynx Deluxe le 31 janvier à La Tulipe

Spaceface, projet psychédélique de Jake Ingalls des Flaming Lips, le 1er février au Ministère

Rock Over XII, le groupe de Noël Fortin, père de Fred Fortin, le 2 février à la Taverne Saint-Sacrement

Bloodshot Bill et sa contagieuse énergie rockabilly, le 3 février au Pub West Shefford

« Last Call » au Divan orange

C’est le 18 mars que s’éteindra pour de bon la salle de spectacle Le Divan orange, située sur le boulevard Saint-Laurent. L’endroit, qui a été un incubateur hors pair du talent musical local, présente une dernière série de spectacles, intitulée Last Call. On pourra y voir entre autres Les Breastfeeders, Bad Uncle, Yesterday’s Ring, St-Sipoplette et Avec pas d’casque, qui seront les tout derniers à y monter sur scène. Détails au divanorange.org.