L’OSM change d’intermédiaire pour son enquête sur le harcèlement sexuel

Depuis la mi-décembre, 10 femmes ont affirmé avoir été agressées sexuellement par le chef d’orchestre Charles Dutoit, qui a été directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Montréal entre 1977 et 2002. 
Photo: Orchestre symphonique de Montréal Depuis la mi-décembre, 10 femmes ont affirmé avoir été agressées sexuellement par le chef d’orchestre Charles Dutoit, qui a été directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Montréal entre 1977 et 2002. 

Il n’y aura finalement pas de membre de la direction de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) dans le processus d’enquête mis sur pied pour traiter les plaintes de harcèlement sexuel. La direction de l’OSM a annoncé lundi avoir plutôt nommé une intermédiaire externe, ce que le comité des musiciens salue.

Dans un courriel envoyé aux musiciens et obtenu par Le Devoir, la directrice générale, Madeleine Careau, écrit que la psychologue Louisiane Gauthier remplacera Jean Gaudreault comme « personne ressource » dans le dossier.

M. Gaudreault est directeur du personnel musicien à l’OSM. On lui avait demandé d’être le lien entre d’éventuelles plaintes et l’enquêteuse indépendante mandatée par l’OSM après la réception d’une plainte de harcèlement sexuel contre l’ancien chef Charles Dutoit. Cette plainte a été déposée le 22 décembre 2017.

Malgré la bonne réputation de M. Gaudreault à l’interne, le comité des musiciens de l’OSM avait fait valoir que certaines personnes pourraient être mal à l’aise avec l’idée de devoir passer par un membre de la direction avant de pouvoir parler à l’enquêteuse.

Lundi, le président du comité s’est montré satisfait de la solution proposée. « J’espère que ça va permettre à l’enquête de vraiment démarrer, parce qu’il y a quand même eu un blocage », soutient Stéphane Lévesque.

Sur papier, le rôle de Mme Gauthier est limité : elle « ne pourra en aucun moment s’enquérir des faits, de l’identité des témoins concernés. Son rôle exclut également toute possibilité d’émettre une opinion quelconque quant au bien-fondé de la plainte. » Elle agira exclusivement « comme intermédiaire administrative » et ne « pourra rien divulguer à qui que ce soit », sauf à l’enquêteuse.

La chef des relations médias de l’OSM a affirmé au Devoir que le rôle de Mme Gauthier est nécessaire « pour s’assurer que le processus se déroule de manière ordonnée, indépendante et respectueuse des personnes souhaitant formuler une plainte ».

Mme Gauthier est notamment membre du conseil de discipline de l’Ordre des psychologues. Elle a dans le passé eu un mandat d’« évaluation de la crédibilité d’adultes alléguant des agressions sexuelles par des prêtres pour l’évêché de Montréal et pour la Ville de Montréal », indique le curriculum vitae envoyé aux musiciens de l’OSM.

Le processus d’enquête de l’OSM vise toute plainte de harcèlement sexuel contre un membre présent ou passé du personnel de l’orchestre — et pas seulement l’ancien chef Dutoit, qui a été directeur artistique entre 1977 et 2002.

Depuis la mi-décembre, 10 femmes ont affirmé avoir été agressées sexuellement par le chef d’orchestre dans différentes villes et sur plusieurs décennies. M. Dutoit nie les allégations.

1 commentaire
  • Robert Beauchamp - Abonné 30 janvier 2018 14 h 51

    Sous pression

    On écarte monsieur. Comme si sa nomination avait été non planifiée et soudainement devenue une erreur. Ça ressemble à du: tasse-toé mononcle. Ils auraient pu y penser avant.