Chroniques et fantaisies, Catherine Ringer

C’était dans la pile d’avant les Fêtes, et l’album n’a même pas hurlé : « Tu l’écoutes mon disque, ou je te fais une grosse tête ? » C’est pas trop la manière Catherine Ringer, se laisser ainsi ensevelir. Ou alors si. Maintenant. Dix ans après la mort de son Fred Chichin, les disques de la colère et du désespoir ont vécu, et voilà celui du calme, un calme qui n’est pas de la résignation. « Comme le temps s’accélère / Je dois conduire de mieux en mieux », chante-t-elle doucement dans Senior. Si le cha-cha-cha de Como Va balance un peu comme le Marcia Baïla du temps exultant des Rita Mitsouko, la question se pose néanmoins : « Comment ça va mieux ? » Assez bien pour danser. Pas assez pour chasser la présence de l’absent dans Tristessa : « Oh, tristesse de mes nuits / Je chante la plainte du lit où tu as dormi. » La tristesse n’est pas apitoiement, mais vérité bercée par ce disque soul et chaloupé. « Méchamment le temps nous sépare / mais répare aussi ma vie… » Bien dit.

 

Catherine Ringer - Tristessa

Chroniques et fantaisies

★★★ 1/2
Chanson

Catherine Ringer, Because / Warner