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    Billet

    Charlie Rouse, le saxophoniste ressuscité

    Des albums perdus dans la brousse du tout technologique refont leur apparition

    30 décembre 2017 |Serge Truffaut | Musique
    Charlie Rouse, saxophoniste ténor de l’orchestre de Thelonious Monk, joue sur la scène de la salle Pleyel à Paris au mois de décembre 1969.
    Photo: Eleonore Bakhtadze Agence France-Presse Charlie Rouse, saxophoniste ténor de l’orchestre de Thelonious Monk, joue sur la scène de la salle Pleyel à Paris au mois de décembre 1969.

    Charlie Rouse fut un musicien immense, immense, immense. Hélas ! Par un de ces vices dont l’histoire a le secret, il demeure le plus sous-estimé des saxophonistes de l’âge d’or du jazz. Il reste dans l’ombre des Coltrane, Gordon et Rollins, parce que dix ans durant, il campa dans l’ombre de Monk. Il mit son art fait de dignité et de joie au service du plus turbulent, du plus imprévisible génie du jazz qu’était Thelonious Sphere Monk.

     

    Aujourd’hui, une série de faits conséquents aux bouleversements technologiques ont accouché d’une étrangeté : l’oeuvre de Rouse est ressuscitée. C’est ce qu’on peut appeler une très grande nouvelle. En effet, bien des albums perdus dans la brousse du tout technologique ont refait leur apparition. Ici, il faut ouvrir une parenthèse.

     

    Parmi les faits évoqués, on a retenu, à titre d’exemple, le suivant : au cours de l’exercice financier 2013, les dirigeants d’Amazon ayant constaté que les cibles fixées en matière de bénéfices en 1995, soit lors de sa fondation, ne seraient pas atteintes, ils ont décidé deux choses : l’ouverture de magasins et la négociation de contrats d’association avec une ribambelle de distributeurs à travers le monde. À ce jour, au-delà de 145 ententes de distribution ont été signées. CQFD : la mise en marché des albums réalisés par Rouse en Amérique du Nord et en Europe est plus aisée. Passons.

     

    Mise à part sa collaboration avec Monk, qui fut aussi fructueuse pour l’un que pour l’autre, Rouse a signé un nombre étonnant de grands disques, pour ne pas dire de chef-d’oeuvres. Le hic, c’est qu’il était habité par une timidité si maladive qu’il se cachait derrière les noms de groupe. Des Jazz Modes, du Upper Manhattan Jazz Society et du majestueux Sphere, c’était lui, le fondateur.

     

    Des albums qui ont fait leur réapparition ces derniers temps, on conseille ceux-ci : Yeah ! sur Epic/Legacy, qui était sorti il y a une vingtaine d’années sous le titre de Unsung Hero sur CBS/Sony ; The Complete Jazz Modes Sessions sur Solar Records qui regroupe huit albums, Moment’s Notice sur Storyville, The Upper Manhattan Jazz Society avec notamment le pianiste Albert Dailey sur l’étiquette allemande Enja, Social Call avec le trompettiste Red Rodney et le splendide Soul Mates avec le saxophoniste baryton Sahib Shihab, tous les deux publiés par l’étiquette Uptown Records, fondée par le docteur montréalais Robert Sunenblick, et enfin deux disques enregistrés sous le nom de Sphere au début des années 1980 : Four in One et Flight Path sur Elektra Records.

     

    De cette liste, s’il ne fallait retenir que deux CD, alors les derniers seraient recommandés. Avec Sphere, Rouse fut aux commandes du quartet, qui peut se vanter d’avoir été, avec le Modern Jazz Quartet, la traduction de l’élégance dans le jazz. En compagnie de Kenny Barron au piano, Buster Williams à la contrebrasse et Ben Riley à la batterie, Rouse s’est avéré le saxophoniste de la finesse, le sculpteur des pleins et des déliés dans l’histoire du jazz. Grazie mille !

      

    Le chanteur Kevin Mahogany est décédé des suites d’une longue maladie dans sa ville d’origine : Kansas City. Il avait 59 ans. Il avait ceci de particulier qu’il était admiré par des vocalises d’horizons divers. James Taylor aussi bien que Kurt Elling, Van Morrison que Mark Murphy. De ses enregistrements, on retient Double Rainbow avec Kenny Barron au piano, Ray Drummond à la contrebasse, Ralph Moore au saxophone et Lewis Nash à la batterie.

      

    Betty Lavette, la chanteuse au grand registre, vient de terminer l’enregistrement d’un album fait uniquement de compositions signées par Bob Dylan. Keith Richards est à la guitare sur plusieurs morceaux, Larry Campbell, ex-guitariste de Bob Dylan et de Levon Helm, est également présent, Steve Jordan à la batterie et à la production, Trombone Shorty est également de la partie. La production sera publiée par Verve le 30 mars sous le titre Things Have Changed.

      

    Pour la soirée du Nouvel An, le Upstairs a invité Dawn Tyler Watson.













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