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    Les 10 meilleurs albums anglophones venus d’ailleurs en 2017

    18 décembre 2017 |Sylvain Cormier, Philippe Renaud | Musique
    Rhiannon Giddens lors des Prix et honneurs de l’Association américaine de musique en 2017
    Photo: Rich Diamond Getty images Agence France-Presse Rhiannon Giddens lors des Prix et honneurs de l’Association américaine de musique en 2017

    L’an dernier, c’était facile. Les testaments chantés des Leonard Cohen (You Want It Darker) et David Bowie (Blackstar) allaient de soi, chapeau bas. Nous voilà de retour à la normale, c’est-à-dire aux playlists si personnalisées que les palmarès de fin d’année s’en trouvent écartelés. Les choix de nos critiques sont tellement aux antipodes que la juxtaposition s’est imposée, seule solution. Ce qui ne veut pas dire que l’un n’apprécie pas les choix de l’autre.


    (Vous préférez la musique québécoise? Vous pouvez trouver notre palmarès ici. Vous voulez savoir ce qui s'est fait de bien ailleurs dans la francophonie? C'est ici.)

     

    Les choix de Sylvain Cormier

     
    Freedom Highway
    Rhiannon Giddens (Nonesuch/Warner)
    Ainsi se poursuit l’admirable mission de la chanteuse d’opéra des musiques de racines : raconter 200 ans d’histoire afro-américaine, du point de vue des femmes, à partir de ses propres textes. La facture est volontairement sobre : c’est la voix qui domine, transporte. Déjà la meilleure chanteuse du monde, Rhiannon est désormais l’héritière de Joan Baez. Irréductible.

    Rhiannon Giddens - come Love Come​
     
     
    Americana
    Ray Davies (Legacy Recordings)
    Le grand Ray Davies, chroniqueur de société par excellence, nous parle de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui, confrontant non sans affection, mais non sans une rare acuité ironique le mythe et la réalité de ce pays de promesses et de désillusions. L’Ouest fantasmé de son enfance, ses tournées de rock star, La Nouvelle-Orléans qui a presque eu sa peau, tout lui sert. Avec les très américains Jayhawks en soutien.


    Real Love
    David Myles (Little Tiny Records)
    Dix albums plus tard, cette comète. Ce morceau de kryptonite. Ça n’a rien de normal, ce crooner qui surjoue le crooner, sur des rythmes souvent frénétiques, parfois langoureux, aux arrangements minimalistes. Myles épate, ravit, emballe, nettoie l’oreille ! On pense à Elvis dans «All Shook Up», à Gene Vincent dans «Be-Bop-A-Lula». L’art de l’espace non rempli. Rendez-vous à Montréal en lumière.

    David Myles - Dreaming
     

    Poor David’s Almanack
    David Rawlings (Acony Records)
    C’est encore et toujours la suite des aventures de Gillian Welch et de son compagnon David Rawlings dans l’Amérique de la résilience, puisant dans le répertoire traditionnel la matière de leurs propres chansons. Comme quoi rien ne se crée : tout se transmet et se transforme. « These are our versions, feel free to create your own », invitent Gillian et David. Puisse l’Amérique les entendre.

    David Rawlings - Lindsey Button
     


    Lindsey Buckingham/Christine McVie
    Lindsey Buckingham/Christine McVie (Warner)
    Le tout premier disque du couple le plus improbable de Fleetwood Mac, paru 44 ans après Buckingham Nicks (comme dans Lindsey et Stevie). Mick Fleetwood et John McVie contribuent çà et là, et c’est bien parce que Stevie Nicks s’est désistée que ce n’est pas un disque du Mac. Essayez de résister à Lindsey et ses guitares, Christine et son piano, à leurs mélodies douces-amères. Im-pa-ra-bles.

    Lindsay Buckingham et Christine McVie - Game Of Pretend

       
     

    Les choix de Philippe Renaud



    Masseduction
    St. Vincent (Loma Vista Recordings)
    «Masseduction», l’album de la désinhibition. Plus de drogue, plus de guitares, plus de sexe, plus de techno. Toujours cette musicienne d’exception, ses idées mélodiques, son raffinement orchestral, toujours ce jeu de guitare maîtrisé, sa voix resplendissante, mais en plus viscérale, en plus intime. Suite logique de son album homonyme (2014), «Masseduction» repousse St. Vincent hors de ses zones d’ombres, la rendant à la fois féroce et vulnérable. Du grand art pop.



    Damn
    Kendrick Lamar (Interscope)
    Le génial MC californien pouvait difficilement faire mieux que sur son précédent album, le célébré «To Pimp a Butterfly», alors il a fait différemment. Disque glorieusement brouillon, «Damn» s’éloigne des référents jazz-funk pour visser ses rimes bétonnées dans un plancher de basses fréquences aux rythmiques fracassantes. Frais, cru, percutant, à l’image de son succès «Humble», le meilleur souvenir musical de l’été 2017. Lamar, toujours en tête de file du rap américain.
     


    Ctrl
    SZA (RCA)
    Un choix facile : depuis sa parution début juin, le premier album de l’auteure-compositrice-interprète R’n’B ne nous a plus quittés. Chronique d’une vie amoureuse déclinée en quatorze passionnantes chansons, «Ctrl» invoque l’alchimie de la soul et du hip-hop de Lauryn Hill aux pulsions rythmiques contemporaines. La voix fine et agile de SZA porte à la confidence, son sens de la mélodie remarquable rayonne sur chaque composition. La révélation R’n’B de l’année.



    Narkopop
    Gas (Kompakt)
    Les retours sur font souvent sourciller. Celui du pseudonyme ambiant orchestral de l’Allemand Wolfgang Voigt a dissipé nos doutes dès la première écoute de son album, arrivé dix-sept ans après le précédent («Pop»). La luxure sonore, les harmonies symphoniques, l’hypnotique pulsion house contenue sous des couches et des couches de cuivres et de violons, le cinquième chapitre de cette narcotique balade en forêt entamée à la fin des années 90 envoûte. Langoureux, tantôt lumineux, tantôt inquiétant, «Narkopop» offre une sorte de refuge pour le cœur et l’esprit.



    A Crow Looked at Me
    Mount Eerie (P.W. Elverum & Sun)
    Quand la musique naît dans la douleur, elle s’écoute aussi, parfois, dans la douleur. L’Américain Phil Elverum a transcrit en mots et en folk le journal intime des derniers jours passés avec son épouse Geneviève, décédée d’un cancer, puis des semaines suivantes. Le doute, la colère, le vide, la déchirure, les bons et les mauvais souvenirs, il confie tout sans aucune pudeur. Le concert qu’il a donné durant Pop Montréal, devant fans, amis et la famille de Geneviève, reste aussi l’un des moments les plus bouleversants de cette année musicale.


    Mount Erie - Forest Fire
     













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