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    Quartango fait revivre les nuits de Montréal à l’Outremont

    Le groupe de tango foule les planches de l’Outremont pour lancer un nouvel album rattaché à la ville

    14 décembre 2017 | Philippe Renaud - Collaborateur | Musique
    Le dernier opus de l’ensemble Quartango est rattaché à l’histoire de la métropole québécoise.
    Photo: Jim Mneymneh Le dernier opus de l’ensemble Quartango est rattaché à l’histoire de la métropole québécoise.

    Comme en point d’orgue des festivités du 375e anniversaire de la métropole, l’ensemble Quartango présente à l’Outremont le concert-lancement de son nouvel album, J’aime les nuits de Montréal, à la fois évocation et hommage aux lieux, personnages et musiques qui animaient la vie nocturne de la ville au siècle dernier. Avec ce raffinement auquel Quartango nous a habitués depuis trois décennies, le répertoire proposé sur disque et sur scène jeudi soir (en supplémentaire le 15 février à 20h) nous entraîne vers les côtés espiègle et léger du tango. « C’est un beau cadeau de la vie, cet album », s’emballe le contrebassiste René Gosselin, qui ces temps-ci en reçoit justement beaucoup, de la vie.

     

    Il est fébrile, René Gosselin. Grâce à ce projet musical, rattaché à l’histoire de sa ville et à sa passion du tango. Mais aussi parce qu’il vient tout juste de vivre ce qu’il décrit comme « un grand événement », la première tournée européenne de l’Orchestre Métropolitain, dirigé par Yannick Nézet-Séguin.

     

    Un triomphe, faut-il le rappeler, relaté dans nos pages par le collègue Christophe Huss la semaine dernière. « Nous, les musiciens de l’Orchestre, et aussi toutes les générations de musiciens, ceux qui sont dans les conservatoires aujourd’hui, à l’Université McGill, à l’Université de Montréal, tout le monde porte cette fierté » d’avoir incarné l’excellence musicale québécoise sur les scènes d’Europe, abonde Gosselin, contrebassiste solo de l’OM. « Et c’est grâce à Yannick, grâce à la vision d’un grand directeur artistique, d’un homme d’une extrême générosité, qui sait rassembler les musiciens et tirer de chacun d’eux ce qu’ils ont d’exceptionnel. Il y a une grande leçon de vie là-dedans… »

    Plus jeune, je jouais du rock dans les bars. J’ai toujours eu cette fibre populaire — mais de là à tomber dans le tango, j’ignorais.
    Le contrebassiste René Gosselin
     

    Un pied dans le classique, l’autre dans le tango : ainsi danse la vie musicale de René Gosselin, qui trouve dans cette musique aux origines argentines le moyen de faire vibrer sa « fibre musicale populaire ». « Plus jeune, je jouais du rock dans les bars, raconte-t-il. J’ai toujours eu cette fibre populaire — mais de là à tomber dans le tango, j’ignorais ». Jusqu’au jour où, à l’Orchestre symphonique de Montréal, il fait la connaissance du violoniste Adolfo Bornstein, membre de ce qui est considéré comme le premier ensemble tango canadien, Tango X4.

     

    « Adolfo avait déjà travaillé avec Astor Piazzola, rappelle Gosselin. Il avait décidé de monter un ensemble de tango et m’a embarqué. Une bénédiction pour moi, j’avais envie de musique plus éclatée que la musique classique traditionnelle, j’avais aussi un goût pour la performance, pour la sensation de faire un show sur scène. »

     

    Avec ses collègues Jonathan Goldman (bandonéon), Antoine Bareil (violon) et Stéphane Aubin (piano, il a également composé la majorité des pièces originales du nouvel album), René Gosselin prépare un concert bien spécial jeudi soir alors que deux musiciens additionnels viendront rejoindre le Quartango : la bandonéoniste Mélanie Bergeron, « une musicienne exceptionnelle qui connaît très bien le répertoire de Quartango, elle nous avait accompagnés déjà au début des années 2000 », et le violoniste Helmut Lipsky. Ce dernier deviendra d’ailleurs membre à part entière de Quartango, Antoine Bareil quittant l’ensemble après huit ans pour mener ses propres projets.

     

    « Ce sera donc un concert de remerciement, de gratitude à l’endroit d’Antoine », insiste Gosselin, qui a hâte de mettre à l’épreuve la formule sexteto : « C’est un des beaux aspects du tango. On a d’abord le quatuor typique, puis la formule sexteto, qui permet d’aller chercher de nouvelles sonorités, explique-t-il. Comme des passages avec des contrechamps, d’autres joués à l’unisson pour aller chercher de la matière sonore — jouer à six nous permet de trouver d’autres manières d’exprimer le tango. »

     

    Le thème montréalais de l’album est tout aussi fertile en idées fraîches. « On s’est demandé comment faire pour célébrer Montréal, comment rendre hommage à la ville, en nous inspirant de la musique des années 1940 et 1950. » Le classique Tico Tico, tiens, est réarrangé façon milonga, tout comme Hola Montreal, « un ragtime transformé. On a aussi fait un clin d’oeil au film Le dernier tango à Paris. C’est tout ça, l’esprit Quartango : on aime mixer les influences musicales, trouver des éléments hétéroclites pour les ramener au tango, ça donne la fraîcheur. Bon, c’est sûr qu’il y aura des moments pour pleurer, parce que c’est aussi ça, le tango, mais d’autres où on va rire, parce que notre répertoire sait être effervescent, léger et plein d’humour ».

     

    Or, c’est aussi un hommage à la vie nocturne de cette époque, et au dynamisme de la scène tango à Montréal, que Gosselin n’hésite pas à qualifier de « capitale du tango » ou, plus exotiquement encore, de « Buenos Aires d’Amérique du Nord ». « Vraiment, Montréal est une plaque tournante aujourd’hui pour cette musique : la scène est vivante, les musiciens y sont créatifs, et nous comptons de nombreux danseurs exceptionnels ! »













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